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établies lorsque les assurances ont commencé; il est vrai que cette branche est en général peu prospère.
Pour la maladie, les statistiques nous paraissent encore plus difficiles à établir que pour le chômage, et l’objection que nous a présenté M. Numa Droz pour le chômage « que les risques sont variables et en partie illimités, ne se prêtant pas à un calcul de probabilités permettant d'établir scientifiquement les bases d’une assurance », se retrouvent avec plus de force pour la maladie.
En réalité la base de la statistique est utile, mais les données des Offices du Travail et des Unions ouvrières nous semblent devoir permettre de constituer cette base; l’expérience peut seule donner les résultats réels et on arrivera alors par tâätonnements, à moins qu'il ne soit permis de tourner la difficulté. |
La statistique est une base et un contrôle, mais de même que de nombreux commerçants font d’excellentes affaires sans inventaire, l’assurance peut exister sans statistique. En admettant que les diverses expériences que nous allons exposer aient été établies sans le concours d'aucune donnée statistique, nous ne croyons pas devoir leur refuser le titre d'assurance.
Go L'Assurance contre le chômage ne peut être pratiquée par la majorité de ceux à qui elle s'adresse, par suite de l'impossibilité matérielle pour la plupart des salariés de s'imposer une contribution suffisante pour constituer une assurance. — (Certes, pour une forte portion des salariés, cette contribution serait presque
Gi Egaer impossible à prélever, mais la solidarité humaine peut permettre de triompher de cet obstacle par trop réel. Les institutions que nous présenterons plus loin montrent bien que cette présomption est fondée et que les œuvres qui ont eu recours à la solidarité ont présenté de ce côté les résultats les plus brillants.
1° L'imprévoyance de la population à laquelle s'adresse l’assurance contre le chômage ne permet pas d'espérer la réalisation d'œuvres importantes. — Cette dernière objection malheureusement présente, une réelle valeur.
Pour tous les risques on peut relever cette imprévoyance des salariés (1), mais ici ce défaut est soutenu par un sentiment très puissant qui peut lui donner une importance telle, que l’assurance pourrait apparaitre comme incapable de présenter une véritable utilité.
Nous estimons en général que la position que nous occupons est due à notre mérite et qu'il serait très difficile de rencontrer une personne capable de nous remplacer. Cette confiance chez la plupart des salariés les porte à penser que leur position leur restera toujours et que s'ils venaient à sortir de la maison où ils se trouvent, ils seraient sûrs d’avoir de l'ouvrage. Ce sentiment est d'autant plus développé que l'individu possède une plus grande capacité professionnelle et par suite un plus fort salaire, ce qui le classe dans la catégorie de ceux qui pourraient s'imposer un prélèvement sur leurs ressources.
(1) La plupart des ouvriers ne sont pas assurés contre l'incendie malgré la minime importance de la prime.
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Ce sentiment d’orgueil humain est sûrement naturel ; il est certain cependant que ce professionnel avec son fort salaire sera le plus éprouvé par le chômage, si son emploi vient à disparaître, mais cette considération parait toujours impossible tant que l’événement ne s’est pas produit.
Le chômage n’apparaît pas comme l’incendie, l’accident ; le mal est moins visible, il effraie moins et cependant il est peut-être plus terrible.
Telle est la seule raison qui nous apparaît comme de la plus grande importance pour s'opposer à l’assurance.
Il est deux moyens de lutter contre cette imprévoyance.
Instruire les ouvriers des dangers que présentent nos transformations sociales, leur montrer la nécessité de concentrer leurs efforts pour se mettre à l’abri du chômage; le moyen est lent et peut-être peu efficace, cette éducation sociale demandant un développement intellectuel et des qualités morales assez élevées.
Le second moyen est d’une efficacité plus grande, c'est d'imposer l'obligation au moyen de la loi. Nous présenterons plus loin les raisons en faveur de cette dernière solution et les arguments des adversaires.
Auparavant, il nous parait utile d'exposer les diverses tentatives d'assurance contre le chômage qui ont été réalisées, pour nous permettre d'appuyer sur des faits les raisons qui nous ont amené au système que nous avons proposé.