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ASSURANCE CONTRE LE CHOMAGE PAR LES COMPAGNIES FINANCIÈRES

L'assurance contre le chômage n’a été tentée, d’après les renseignements que nous avons pu avoir, que par une seule compagnie financière, la Norddeultsche Versicherung und Rentenbank (banque d’assurances et de rentes de l'Allemagne du Nord), à Hambourg.

Il est certain que le risque du chômage devait peu tenter les Compagnies financières; au point de vue de la spéculation, l’assurance contre le chômage ne parait pas offrir toutes les conditions désirables. La grande quantité de petits risques et les difficultés de contrôle pour l’assureur semblent devoir s'opposer à la réalisation des bénéfices, but de toute opération financière.

Telle cependant n’a pas été l'opinion des administrateurs de la Banque de Hambourg. En 1893, la presse annonçait la création par cette Société d’une caisse d'assurance contre les pertes d'emploi, soit des admi-

Te nistrations publiques, soit de l’industrie et du commerce.

CAISSE D’ASSURANCE px LA Norddeutsche Versicherung und Rentenbank DE HAMBOURG

Voici les principales dispositions de cette institution :

La prime était de 3 0/ du traitement comme taxe d’entrée, en souscrivant la police, ensuite 2 °/, par mois d’avance. L’indemnité était de 60 c/, des salaires pendant les six mois qui suivaient la perte d'emploi. Il fallait avoir régulièrement payé les primes pendant six mois avant de pouvoir toucher l’indemnité ; il falla t, en outre, que la perte d'emploi soit due à une cause indépendante de la volonté de l’assuré et ne soit pas due à une faute grossière (Grobes Vergehen).

Aussitôt après la perte de l’emploi, l’assuré devait faire toutes les diligences pour en trouver un autre et justifier qu’il s’en occupait lui-même ou par une agence de placement. La Société s’entremettait dans ce but et, à peine de perdre droit à l'indemnité, l’assuré devait suivre les indications qui lui étaient procurées.

Pouvait s'assurer tout individu honnête qui était placé depuis plus de trois mois. Les fonds provenant des cotisations étaient placés en rente garantie 3 1/2 0/o.

La Compagnie n’obtint pas de concession dans les autres États de la Confédération.

Cette tentative échoua faute d’adhérents, mais d’après les renseignements qu'a bien voulu nous adresser le Directeur de la Compagnie, cet échec a été dù surtout à ce que les valeurs qui avaient été fournies en garantie n'ont pas paru suffisantes au public. La banque constitue d’ailleurs en ce moment un très gros capital, afin de reprendre l'exploitation de cette branche et le directeur nous déclare dans sa lettre que la Société a

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IG des motifs sérieux d’espérer que cette nouvelle branche aura un brillant avenir (1).

L'impossibilité théorique de constituer l’assurance contre le chômage soutenue par les assureurs suisses n’a pas été reconnue par leurs confrères de Hambourg; c'est, en effet, des professionnels qui ont risqué cette tentative et ils croient, malgré un premier échec, qu'il est utile de tenter encore l’expérience.

La question est nouvelle et il nous semble que cette entreprise devrait réussir dans le monde des ingénieurs et des employés.

La masse des ouvriers ne peut bénéficier de l’assurance offerte par les compagnies. Pour le chômage comme pour les autres branches, l’assurance par les compagnies ne peut être adoptée que par les salariés jouissant d’une certaine fortune. La nécessité pour l'assureur de prélever un bénéfice rend plus élevé le taux de la prime et diminue encore le nombre de ceux qui peuvent participer aux bienfaits de l'institution.

La mutualité ne cherche aucun bénéfice, et les membres, étant intéressés à ne pas être dupes les uns des autres, exercent un contrôle efficace.

Ces raisons ont fait préférer ce mode d’assurance en cas de maladie ou d'accident. Les rapports que présente le chômage avec ces risques relativement, à l'importance et aux difficultés de contrôle, nous fait croire que l’avenir de cette assurance appartient plutôt aux mutualités.

(1) Lettre de M. le Directeur de la Norddeutschen Versicherungs und Renten Bank du 29 avril 1899.

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