CHAPITRE II
ASSURANCES MUTUELLES CONTRE LE CHÔMAGE NE REPO- SANT QUE SUR LE CONCOURS DES BÉNÉFICIAIRES
Les associations mutuelles ont pour but d'employer des ressources mises en commun, pour le soulagement des maux qui peuvent troubler la vie de leurs membres ; l’assurance contre le chômage devait donc faire l’objet de leurs préoccupations.
La plupart de ces Sociétés ont admis le concours de membres honoraires, qui participent aux charges en versant des cotisations sans avoir droit à aucun service correspondant.
Il nous parait utile d'étudier d’abord les institutions fonctionnant sans le concours de ces membres honoraires, afin de voir ce que peuvent les salariés livrés à leurs seules forces, s’il est permis de croire que par une sérieuse organisation ils peuvent espérer réussir dans la lutte contre le chômage et si cette solution est absolument désirable.
Nous n’exposerons par suite dans ce chapitre que les
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institutions fondéessur la solidarité des bénéficiaires (4).
Les mutualités étendent en général leur action sur plusieurs assurances (maladies, accidents, incapacité de travail, etc.), leurs membres versent leurs cotisations en vue de ces diverses œuvres, et les secours sont distribués suivant les nécessités. Les résultats de fin d'année montrent simplement quelles sommes ont été affectées à chaque service.
Certaines mutualités ont cherché à donner une vie propre à chacune de ces branches, les cotisations sont affectées à cet effet à telle ou telle assurance ; chaque masse ainsi constituée est employée à la réparation du sinistre spécial en vue duquel elle avait été établie.
Ce sont là de véritables assurances, mais il est assez difficile de savoir si cette division existe et si elle est sérieusement établie. Les virements doivent souvent se produire ; aussi il ne nous a paru utile d'étudier séparément les institutions ayant une caisse spéciale pour la branche du chômage, que lorsque l’organisation de cette institution offre un réel intérêt par son importance et par ses règlements.
De toutes les circonstances qui augmentent ou diminuent le risque du chômage pour l’ouvrier, la profession qu’il exerce semble la plus décisive.
Le tableau ci-après, extrait d’un rapport publié en 1889 par M. Burnett, correspondant of Labour, présente sous une forme saisissante la réalité de ce fait (1).
(1) Certaines de ces Sociétés que nous allons présenter admettent peut-être le concours de subventions étrangères, mais nous n'avons pu les écarter par suite de l'impossibilité matérielle de connaitre les statuts de toutes les Sociétés.
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