CHAPITRE II
LE DÉVELOPPEMENT FINANCIER DE L'ASSURANCE APRÈS L’ARMISTICE ET LA DÉPRÉCIATION DU FRANC
Le retour de l'Alsace et de Lorraine à la France a sauvé l’Assurance-invalidité de la faillite. Mais la dépréciation du franc à son tour a entraîné de nombreuses difficultés eta rendu nécessaires des changements importants que nous allons maintenant étudier.
La réforme de 1920.
Dans les années 1919 et 1920, la situation de l'Assurance fut très précaire. Les conséquences de la guerre avaient en effet considérablement augmenté les charges. La population sortait affaiblie de la guerre et plus sujette à l’invalidité et dans un état hygiénique moins bon; par suite de la guerre le nombre des rentes de survivants était accru ; en 1916 l’âge de la retraite avait été abaissé de 90 à 65 ans; les semaines de services militaires entraient en compte pour le calcul des rentes, mais non pour les cotisations ; les prestations avaient dû être augmentées provisoirement par l'attribution d'allocations sup- ‘plémentaires. Le traitement curatif, qui avait été repris, revenait plus cher qu'auparavant et nécessitait une dépense de 1.615.864 francs en 1920, au lieu de 890.959 francs en 1918 ; enfin l'augmentation des traitements des fonctionnaires de l'Institut faisait doubler les frais d'administration, qui pas. saient de 894.662 francs en 1918 à 1.998.719 francs en 1920.
Pour faire face à cet accroissement de dépenses, les recettes étaient insuflisantes. Les intérêts des placements en mark
diminuaient considérablement ,par suite de la dépréciation du mark. Normalement, l'Assurance aurait dû toucher plus de 2.200.000 marks ; en réalité en rarg elle ne toucha en fait d’intérêts que 1.014 813 francs, et en 1920 que 728.309 francs seulement.
Il est vrai que cette perte était compensée en partie par un accroissement considérable du montant des cotisations, qui passait de 6.862.106 francs en 1919 à 10.027.581 francs en 1900, sans que les taux aient été changés. C'est que par suite de l'augmentation des salaires, il s’était produit un glissement des assurés vers les classes supérieures, comme le montre le tableau suivant (1) :
Répartition proportionnelle entre les différentes classes de salaires
de l'Institut de Strasbourg ea
2 de 1.000 cotisations de 1.000 M. ou de 1.000 Fr. de cotisations Ë s hebdomadaires versées a = STE, EN = :
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