Fr Frank. Arch. de phys
vée, et dans bien des cas le point de départ est dû à une irritation nasale (1).
Trouverons-nous dans les données de l’étiologie, dans l'observation des faits, éclairés par les recher- ches d'ordre expérimental, les éléments nécessaires à l'édification d’une théorie capable d’expliquer les particularités des phénomènes et assez générale pour les englober tous ? |
Dans ces recherches, le sort des diverses théories pathogéniques doit nous servir d’enseignement et nous mettre en garde contre la tendance naturelle de l'esprit à accorder à un seul facteur une influence exagérée. Il faut que la théorie tienne compte de toutes les circonstances qui entourent l’'éclosion des phénomènes, aussi bien que du terrain sur lequel ils évoluent.
Tâche difficile s’il en fût au milieu de la diversité et de la multiplicité des causes que celle qui consiste à fixer à chacune son rôle dans la production des faits à saisir, par quelle succession de phénomèënes elles produisent les accidents qu’on leur attribue.
Pour la mener à bièn, nous ferons notre profit des recherches entreprises dans le même sens. Nous utiliserons les conséquences des théories déjà exposées, convaincus que chacune d’elles contient une
1. Rappelons les expériences de Juliis Lazarus (Arch. fur. phys.). IL curarise et trachéotomise un chien, fait la respiration artificielle. Si on irrite les cornets on constate une résistance des bronches à la pénétration de l’air. La section des vagues amène la suppression de ces faits. L'irrita-
tion périphérique les reproduit.
part de la vérité. Loin de s’exclure elles doivent ‘à notre avis se prêter un mutuel appui, se compléter l’une l’autre. Peut-être dans leur conciliation trouverait-on l'explication que chacune ne peut fournir isolément. | Fe
Déjà nous avons fait remarquer plus haut que tous les gens atteints appartenaient à la diathèse neuro-arthritique.
Et dans cette classe nous englobons non pas seulement les individus à grandes manifestations, telles que le diabète, la goutte, l'obésité, mais aussi tous les nerveux, tous les surmenés, tous ceux en un mot qui impriment à leur système nerveux une activité excessive.
: Or, la clinique nous apprend que tous les individus appartenant à cette catégorie sont des gens éminemment susceptibles à l'influence des agents itritants. C’est chez eux que l’on relève les idio-
syncrasies, que l’on retrouve ces phénomènes réflexes dont l’effet est en disproportion avec la puissance irritative des agents extérieurs. C’est chez eux que l’on rencontre l'urticaire, cette réaction de l'organisme traduisant par des phénomènes d’ordre vaso-moteur l’excitabilité anormale des centres.
C’est chez eux enfin que l’on trouve la susceptibilité aux odeurs, aux poussières, aux agents extérieurs, se traduisant par les symptômes observés dans l’asthme des foins et le coryza spasmodique.
On sait que les substances qui produisent l’urti-
nr
caire varient d’un sujet à l’autre, il en est de même dans le coryza spasmodique. Il ne faut pas croire
que la même cause soit nécessaire pour produire des phénomènes identiques, que la susceptibilité à une substance aromatique soit égale chez tous les sujets. C’est pour ne pas s'être pénétrés suffisam-
- ment de cette idée que les partisans de la théorie afthritique niaient l'influence des agents extérieurs
parce que les substances incriminées étaient différentes dans chaque cas.
Ce rôle des agents extérieurs est trop bien établi par l’observation des faits pour qu’il soit possible de le mettre en doute. Mais il est permis de rechercher par quel mécanisme ces agents se mettent enrelation avec l'organisme; comment ils se combinent avec la diathèse dans la production des phénomènes. Par quelle partie du corps vont-ils atteindre l’organisme et se mettre en relation avec les centres nerveux?
Nous sommes amené à penser que la muqueuse nasale la plus sensible, la plus accessible aux influences du dehors, doit être la surface qui reçoit pour les porter aux centres les impressions péri-
phériques, en d’autres termes, les symptômes obser-
vés sont des phénomènes réflexes à point de départ nasal.
Cette formule va-t-elle suffire à expliquer le mode d'action de toutes les causes dont nous avons relevé l'influence dans le chapitre précédent? Les faits cliniques répondent-ils à cette façon de voir?
Passons-les rapidement en revue.
En premier lieu, nous ferons remarquer qu'ainsi s'explique le rôle des poudres odorantes qui constitue le facteur le plus répandu et le plus manifeste.
Ici, en effet, il y a une double impression, olfactive et mécanique. La susceptibilité aux odeurs est accrue des effets de l’irritation mécanique.
Laquelle joue un rôle prépondérant de ces deux causes, d’ordre sensitif et sensorielr Nous ne cherchons pas à le déterminer, mais elles s’unissent et
se combinent.
D'autres causes viennent encore augmenter l'intensité de l’irritation. L'action du soleil dont nous avons relaté les effets est également explicable. La sécheresse des cornets qu’elle occasionne les ren- dant plus sensibles et plus excitables.
Toutes ces causes s'unissent, nous les voyons combinées dans les voyages en chemin de fer, dont l'action -nocive ne s'exerce -que dans la saison chaude. C'est ainsi que ces influences s’unissent pour accroître leurs effets. On voit qu’elles agissent toutes dans le même sens, qu’elles accumulent pour ainsi dire leurs efforts et tendent vers le même but.
Les lésions nasales doivent être considérées comme une de ces circonstances adjuvantes qui vient accroître l'intensité des influences extérieures, et qui sont une source surajoutée d’irritations. À elles seules elles ne nous paraissent pas capables de produire les symptômes; elles sont d’ailleurs insuffsantes à expliquer la soudaineté des accidents et
leur retour manifeste à l’occasion d'une cause déterminée. |
Voilà à notre avis le rôle que l’on doit attribuer à la muqueuse nasale dans l’enchaînement des phénomènes. C’est la surface où viennent aboutir les irritants extérieurs pour atteindre le système uerveux, c'est l'appareil récepteur par l’intermédiaire duquel l’organisme est relié aux influences extérieures.
Dans tous les cas que nous venons de citer la relation entre la cause et l'effet par l'intermédiaire de la muqueuse nasale est parfaitement saisissable, mais il en est d’autres où ce mode d’impression direct ne peut être découvert. Nous voulons parler de ces accès d’éternuements survenant sous l'influence des rayons lumineux, sous l'influence d’une émotion, d’un trouble psychique, d’une absorption par la voie gastrique.
L'origine réflexe des accidents est ici moins apparente et toujours est-il quela muqueuse nasale paraît y être étrangère. Maïs si nous considérons que sans perdre leur caractère d'actes réflexes, ces phénomènes cités comme tels peuvent survenir par suite d'impression de divers organes, nous en concluerons que les accès par influence étrangère à la muqueuse nasale sont en tout comparables à ceux-ci.
De même que le vomissement peut être provoqué aussi bien par les attouchements de la luette que par l'irritation de l’estomac, la vue ou le souvenir
d'uu objet répugnant, les accès paroxystiques sus-
cités par des influences étrangères à la muqueuse nasale conservent leur caractère de réflexe quelle que soit la voie centripète qui Les a conduits.
Bien plus, pour certains auteurs, la muqueuse nasale entrerait en jeu même dans le cas où le point de départ de l'impression a lieu sur un organe éloigné. La vue des foins ou l'absorption des médicaments à leur avis agirait en produisant une modification dans la muqueuse nasale (turgescence( qui réagirait à son tour pour produire les accès. Dans tous les cas ces impressions viendraient se rapporter à la muqueuse nasale. |
Cette-façon de voir.a été démontfée exacte à propos des excitations lumineuses. L’éternuement produit sous l’influence des rayons solaires n’est pas dû à l’excitation des nerfs ciliaires qui étaient considérés comme la voie centripète du réflexe, il est occasionné par une double action réflexe : 1° sécrétion lacrymale par excitation locale ; 2° éternuement provoqué par les larmes dans les cavités nasales (Féré). Il est possible qu'un mécanisme analogue réglemente l’apparition des accès dans les cas que nous venons de citer.
Peut-être même un jour pourra-t-on en obtenir la preuve expérimentale en examinant les cornets d’un sujet prédisposé pour savoir si les modifications de la muqueuse précèdent l’éclosion des symptômes.
Nous avons passé sous silence l'asthme, ce symptôme surajouté qui vient terminer dans quel-
ques cas les accès et leur donner un degré de gravité
Eye souvent considérable. Mac Donald pense que par suite de l’occlusion des fosses nasales, la respiration se faisant par la bouche, entraîne une irritation de la surface pulmonaire, point de départ du réflexe qui se traduit par un spasme bronchique.
Nous pensons que c’est dans le nez aussi que ce symptôme prend naissance par suite d’une modification produite par les éternuements et la congestion nasale. Mais il est peut-être dû en grande partie à l'irritabilité du bulbe et des centres ; comme c’est un phénomène en quelque sorte surajouté il est dû à l’irradiation des excitations qui viennent atteindre les noyaux des pneumo-gastriques.
Bien que la raison de l’excitabilité excessive du système nerveux soit due à des modifications dont nous ne pouvons même pas soupçonner la nature, cette façon d'envisager la marche des accidents donne une explication assez satisfaisante pour l’esprit. Elle permet assez bien de se rendre compte de toutes ces influences qui semblaient contradictoires et inconciliables en montrant comment elles interviennent dans l’enchaînement des faits.
Elle permet de savoir à côté de quelles classes d’affections il faut ranger les faits observés dans les
deux cas.
Molinié
DEA GNOS TTC APRON OS RCE COMPLTCATITONS.
Nous ne cherchons pas à exposer le diagnostic différentiel entre l'asthme des foins et le coryza spasmodique, outre qu’il est le plus souvent facile, la distinction n'offre pas grand intérêt.
Cet ensemble symptomatique que nous venons de décrire,commun aux deux ordres de faits, porte avec lui des caractères assez spéciaux pour lui permettre d’être distingué de bien d’autres affections.
On ne pourrait le confondre avec le coryza aigu qui ne présente pas cette soudaineté dans le début des accidents, ces crises paroxystiques, puis cette abondante rhinorrhée séreuse survenant et disparaissant avec rapidité. En un mot, ces trois symptômes associés (éternuements, larmoiement, rhinorrhée), forment un ensemble assez caractéristique pour pouvoir être facilement distingué.
Lorsque les crises s’accompagnent d'asthme, on
pourrait en présence de sujets chez lesquels les
Pro pr 9 ha
Symptômes oculo-nasaux ont cédé la place aux
symptômes pulmonaires, se croire en présence d’une crise d'asthme vrai. Commele pronostic en dépend, et la thérapeutique peut être différente dans Les deux cas, il importe d'établir la distinction. Aussi devrat-on rechercher si l'oppression n’a pas été précédée des accès d’éternuement et en déterminer le mode
de début. Autant que possible, il faudra s’efforcer
d'en trouver la cause dans les circonstances extérieu-
res, tâche qui sera facilitée par la connaissance des agents causaux les plus habituels.
Nous ferions bien le diagnostic avec l’hydrorrhée
nasale, si dans cette dernière affection on n'avait
fait rentrer des cas typiques de coryza spasmodique. D'ailleurs, on ne s'entend pas bien sur les maladies qui doivent être rangées sous ce titre, nous avons trouvé groupés sous cette dénomination des troubles sécrétoires dus à des polypes du nez, chroniques, permanents, en même temps que des accès paroxystiques. L’hydrorrhée nasale ne nous paraît pas une affection ayant une existence à part.
Le pronostic ne diffère pas que l’on ait affaire à l’une ou l’autre forme périodique ou irrégulière. IL est favorable dans les deux cas, n’entraîne presque jamais de troubles permanents de la santé. Cependant dans quelques cas rares, il est vrai, l’état général peut être assez atteint pour qu'il soit utile de porter remède aux troubles consécutifs. Les nerveux sont les plus péniblement impressionnés. Jamais, sauf dans un cas de Sée, où l'affection avait été sui-
sn cer vie de troubles cardiaques graves, on n’a rencontré de symptômes pouvant atteindre la vie du malade.
Le pronostic de l'accès lui-même est quelque peu différent, selon que l’on se trouve en présence de la forme irrégulière ou de la forme périodique. Dans celle-ci il serait légèrement plus favorable et le traitement donnerait des résultats plus durables.
Selon Mac Donald l'existence et la nature des lésions nasales influeraient sur le pronostic des accès. Les plus susceptibles de guérison seraient ceux qui sont liés à l’existence d’une lésion nasale - obligeant le courant inspiratoire et expiratoire à passer dans le méat moyen. Moins satisfaisants, quoique apportant une amélioration encourageante, sont les cas où il existe une simple tuméfaction vasculaire sans hyperplasie vraie.
En réalité, dans la statistique que nous donnons au chapitre du traitement, nous ne rencontrons pas une semblable distinction, les formes sans lésions étant tout aussi susceptibles de guérison que les autres.
Il faut cependant signaler une certaine indépendance entre les symptômes dont le pronostic est variable, tandis que les éternuements et les symptômes oculaires et nasaux disparaissent, il peut encore persister l’asthme qui semble être plus tenace et moins accessible aux moyens thérapeutiques.
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