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bien connue des malades qui ont des accès fréquents. Parmi ces causes extérieures celles que l’on retrouve avec la plus grande fréquence sont les mêmes que nous avons exposées au chapitre de l’asthme des foins; les mêmes circonstances en rendent l'effet plus actif. Le séjour aux champs, les promenades dans les jardins provoquent les accès. Nous retrouvons également des sujets qui prennent du coryza spasmodique en faisant un voyage en chemin de fer et les crises sont plus intenses alors que la température est chaude, le soleil brûlant. Le vent du midi avec les poussières qu'il soulève produit les mêmes troubles tandis que la pluie les fait disparaître. |
Les odeurs ont suitout la part prédominante dans ces causes ; on retrouve,soit des des plantesfraîches, soit au contraire desséchées. Le foin fraîchement coupé ou sec, les plantes aromatiques, la rose, le lis, le muguet, la lavande. Puis des poudres pharmaceutiques, le lycopode, le camphre, l’ipécacuanha, la poudre de riz, la poudre d’héliotrope, de simples poussières, etc., etc. En un mot le rôle prépondérant appartient aux poussières odorantes.
Les attouchements pratiqués au niveau des orifices du nez peuvent entraîner les mêmes faits. On a cité des sujets chez lesquels il suffisait d’un coup sur le nez (Obs. IX), de l'introduction du spéculum, de sentir sur la figure la respiration d’une personne étrangère pour donner immédiatement lieu à tous les accidents.
Mais parmi toutes ces causes il en est qui sont communes à presque tous les sujets (soleil, poussières), tandis que d'autres sont particulières à chacun d'eux (odeurs). - |
Quelquefois chez les sujets impressionnables, le souvenir des causes qui produisent les accès suffit à les rappeler immédiatement. On cite partout le cas defcette jeune fille qui en voyant au Salon un tableau (probablement de l’école impressionniste) représentant une coupe de foin prit un accès paroxystique. Mac Donald rapporte qu’une autre prit également un accès en voyant une rose artificielle.
Mais nous croyons devoir ajouter que l’ingestion des aliments peut produire le coryza spasmodique avec tous ses caractères distinctifs. L'observation que nous rapportons se rattache à cette catégorie de faits.
(Obs. 1) personnelle. — Un fonctionnaire d'administration, de souche arthritique, obèse, puis plus tard diabétique, voit apparaître pour la première fois, vers l’âge de 40 ans, une éruption d’urticaire à la face et au cou, après avoir mangé des fraises.
L’éruption d’urticaire s'accompagne d’éternuements paroxistiques d’une violence considérable, d’une rhinorrhée séreuse extrêmement abondante et de larmoiement. Ces symptômes durent environ 3; ou 4 heures puis disparaissent.
Ayant reconnu la cause de ces accès dans l’ingestion des fraises, il s’abstint désormais de ce fruit, Cette susceotibilité qui avail fait son apparilion dans l’âge mûr, disparul à un âge plus avancé, et vers l’âge de 50 ans il n’en existait plus de trace.
Son oncle maternel présentait des mêmes phénomènes en
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RG NER mangeant des cerises, et une cousine germaine en mangeant de l'oseille, soit fraîche, soit préparée.
On a cité des exemples de ce genre, mais ils sont rares et isolés. | |
Le retour des accès, étant sous la dépendance des causes citées, il peut présenterde grandes variations, selon la fréquence et la façon dont on s'expose à leur influence. Quelquefois la réapparition peut prendre un caractère de régularité factice si les sujets s’exposent à intervalles égaux aux influences causales. G |
Nous en voyons quelques exemples dans les observations qui suivent. Un jeune ‘homme (Obs. II) qui allait à la campagne tous les dimanches, prenait des accès régulièrement hebdomadaires, une sorte de coryz;a dominical.
Chez d’autres c’est seulement une fois par an et à la même époque (Obs. III, Obs. IV), que les troubles réapparaissaient. er
Deux sujets ne pouvaient aller chez leur bellemère (Obs. V et VI) sans prendre des accès qui ne réapparaissaient qu’à cette occasion. Ils en cherchèrent longtemps la raison jusqu’au jour où ils purent reconnaître que c’était pour l’un le camphre répandu à profusion dans les appartements, pour l’autre l’odeur du lycopode dont on poudrait son enfant qui résidait là et qu’il allait voir.
En ce qui concerne la durée des phénomènes, elle est essentiellement variable. Tantôt courte, de quel-
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Eros ques heures seulement, elle peut être plus considétable, selon que l’on s’est plus ou moins longtemps exposé aux influences nocives. Il y a donc de grandes différences d’un sujet à l’autre, tantôt deux ou trois heures, tantôt douze heures, tantôt 48. Mais si la cause persiste longtemps, et que le sujet ne puisse S'y soustraire, la période d'accès est également très longue. | |
C'est ainsi qu’un droguiste (Obs. IV) qui recevait tous les ans un envoi de roses de Provins, dont on enlevait le pistil, avait ses accès tous les ans, et ils duraient aussi longtemps que cette opération, c'est-à-dire un mois et demi environ. Un coiffeur (Obs. III) qui pendant le carnaval poudraïit les coiffures de dames à la poudre d’iris avait des accès qui revenaient et disparaissaient pendant deux mois et demi, laissant entr'eux des symptômes tels que ceux que nous avons relevés dans l'asthme des foins : de l’obstruction nasale et du larmoiement.
Nous voyons déjà dans l’exposé des phénomènes combien on trouve de ressemblance dans ces deux affections et que les arguments que l’on a fait valoir pour les séparer perdent de valeur.
La périodicité est en effet un des caractères qui ont le plus influé pour établir l’unité de la fièvre des foins. Le retour à une époque de l’année en dehors de laquelle il n’était pas observé la moindre trace dé l'affection contrastait singulièrement avec l'irrégularité du coryza spasmodique apparaissant et disparaissant subitement à toute époque de l’année
ere sans être prévu laissant entre ses diverses manifestations des intervalles irréguliers.
Mais il est déjà facile pe voir que la régularité de l’asthme des foins n’est pas inhérente à l'affection mais sous la dépendance des causes dont le retour est soumis aux lois de la périodicité.
On ne l’observe qu’une fois dans l’année parce que l'été ne commence qu’une seule fois avec tout son cortège d’agents innombrables qu'il fait éclore. IL n’y a pas, comme on l'a dit « nécessité absolue » dans l’apparition de l’asthme des foins, et si on pouvait se soustraire aux nombreuses influences ou à celle qui possède l’action nocive, on se soustrairait à leurs conséquences.
Ne voyons-nous pas que le coryza spasmodique peut lui aussi prendre des allures périodiques si l'individu s'expose régulièrement aux causes auxquelles il est susceptible.
On a aussi insisté sur l’évolution de la maladie dans les deux cas ét opposé à la durée de l'asthme des foins, la fugacité des accidents du coryza spasmodique. On a cru voir dans l’asthme des foins une sorte de maladie cyclique à « évolution lente et à marche régulière » (Leflaive), tandis que la seconde pouvait apparaître et disparaître dans des délais les plus variables. Mais de l'examen de cas de coryza spasmodique il résulte que la durée des symptômes était également déterminée par la durée de la cause. Nous avons vu dans l’observation IV les accidents
durer pendant un mois; et dans l'observation III
re | plus de temps encore, pendant toute la période du carnaval. Entre ces cas et les cas les plus typiques d’asthme des foins, il est impossible de voir la moin-
dre dissemblance, là maladie est constituée par une série d'accès spasmodiques séparés par des intervalles de repos.
À notre avis c’est l'accès lui-même avec ses caractères qui constitue l'affection. Qu'il se produise à Pâques ou à la Trinité, qu’il dure 48 heures ouun mois, qu’il soit à la poudre de camphre, à l’odeur des roses ou aux émanations printanières, du moment qu’il reste toujours identique à lui-même il doit à lui seul spécialiser l'affection parce qu’il la constitue à lui seul.
ETIOLOGIEÉ
Voici les circonstances au milieu desquelles s’observe l’affection.
Sexe.— On admet que les hommes sont plus prédisposés, les statistiques accusent une prédominance de 1/3 en sus, 38 hommes et 23 femmes (Mackenzie). Phœbus Wyman et Beard donnent dans leur statistique 433 hommes et 142 femmes. Pour notre compte sur un total de 42 cas nous trouvons 25 hommes et 17 femmes.
Age. — Dans l'adolescence l'asthme des foins se rencontre fréquemment et beaucoup de malades qui viennent consulter à l’âge mûr font remonter le début de l’affection à l’âge de la puberté. Dans un cas (Obs. XIII), l'affection a débuté à huit ans. Audessus de 50 ans, nous n'avons pas eu l’occasion de l’observer. Outre qu’elle ne débute jamais à cet Âge
là, elle présente chez les sujets qui en sont atteints une tendance à à disparaître ou à s’atténuer.
Race. — On a cru un moment que l'affection était spéciale aux Anglais et aux Américains, on sait aujourd’hui que tous les peuples de l'Europe peuvent | en être atteints. On la rencontre aussi en Afrique même chez les nègres [Jh. Mack.), mais en Australie elle n'existe pas (M. Donald).
Milieu social. — De longue date on a reconnu que la classe aisée était seule atteinte. Tous les auteurs qui ont écrit sur ce sujet ont signalé cette existence presque exclusive chez les bourgeois. Nous ajoutons pour notre part que l'aristocratie a une place importante dans la statistique et que proportionnellement à son chiffre elle y figure pour une large patt. Selon le public le nez aquilin est plus prédisposé, ainsi s’expliquerait cette prédominance de l’aristocratie (M. Donald).
Il n’est pas exact que la maladie ne s’observe que chez les citadins. Les gens de condition aisée qui habitent la campagne y sont sujets; ce que l’on doit dire, c'est que les paysans qui se livrent aux durs travaux des champs en sont exempts.
Diathèse. — IL est indiscutable qu’elle apparaît dans la grande majorité des cas. Tantôt l’asthme des foins est uni aux grandes manifestations de l’arthritisme(rhumatisme, goutte, diabète ,obésité), d’autres fois la diathèse a existé chez les ascendants et se traduit
chez les sujets examinés par quelques troubles pa-
thognomoniques quoique peu intenses (migraines, éruptions furonculeuses).
Cette diathèse permet désaiaue la 1Scatisation de l'asthme des foins aux gens aisés qui sont tous arthritiques au sens large du mot.
. Héredité.— On a également parlé de l’hérédité de l'asthme des foins. Il est en effet commun de voir l'affection atteindre plusieurs membres de la même famille, le père et le fils.
Pour nos observations, sur 42 Cas, nOUS avons ren-
contré six fois l'asthme des foins chez les ascendants directs. Mais nous ferons en outre remarquer que quelques malades atteints de l'asthme des foins avaient parmi leurs parents des gens atteints de coryza spasmodique (Obs. VI, XXIV).
On a voulu expliquer l’hérédité de l'affection par la transmission d’une forme spéciale des cavités nasales, d’une conformation anormale ou d’une disposition vicieuse de la membrane de Schneider (Moure). Nous préférons en voir la raison dans l'hérédité de la diathèse.
Lésions nasales. — Bien que celles-ci aient été
considérées par quelques auteurs comme le principal facteur de l'affection, aucune statistique n’est venue fournir aux théories l'élément expérimental qui leur est pourtant indispensable.
Dans 42 cas, nous avons rencontré parmi les malades atteints de la forme oculo-nasale, quinze fois les fosses nasales étaient normales vingt, fois présentaient des lésions. Chez les malades atteints de la
forme bronchique avec complications de troubles dyspnéiques, deux fois il existait des lésions et cinq fois il n’en existait pas. Les lésions observées étaient très différentes d'un sujet à l’autre et contribuaient plus ou moins à gêner la respiration nasale.
Parmi les causes qui semblent influer sur la production des accès, il faut citer une foule de circonstances extérieures auxquelles on à tour à tour fait jouer le rôle d’agents causaux. En première ligne il faut citer le pollen des graminées qui depuis Blackley a pris une importance de premier ordre parmi tant d’autres. Il est manifeste, en effet, que chez certains sujets l'apparition dé l’affection est en relation avec la respiration de poussières polliniques. Les foins ont été également et à juste titre incriminés. Nous avons trouvé leur influence six fois sur 38 malades. Le foin sec enfermé dans une grange pouvait provoquer le retour de l'asthme des foins même en dehors de la saison estivale. On a ajouté bien des noms à cette iiste des agents extérieurs. Voici par ordre de fréquence les agents incriminés et dont l'influence a été le mieux établie. En premier lieu nous devons citer le chemin de fer et le soleil 12 fois sur 38, le foin 6 fois, le passage de l’ombre au soleil 4 fois, les promenades aux champs 4 fois, les roses 2 fois. Les autres malades n'avaient pas ‘saisi la relation de leur aflection avec une cause extérieure.
Si à côté de cette énumération des conditions au milieu desquelles apparaît l'asthme: des foins, nous
Molinié $
plaçons celles que l’obscurité permet de relever chez les malades atteints de cofryza spasmodique, nous voyons que les mêmes facteurs se retrouvent avec la même fréquence. |
Dans notre statistique nous trouvons sur 40 cas 20 hommes-et 20 femmes.
Les sujets examinés étaient presque tous sans profession, appartenaient à la bourgeoisie ou à l’aristocratie la plus haute. Parmi les professions voici celles que l’on a rencontrées, un médecin, 2 droguistes, 2 notaires, r officier, 1 tulliste, r coiffeur et 1 boucher. $
Une bonne moitié est atteinte de 30 à 40 ans, au delà de 50 ans nous n'avons relevé aucun exemple, le plus jeune malade avait 13 ans 1/2. Les autres étaient âgés de 20 à 30 ans.
Lä diathèse arthritique paraît être le fond sur lequel évolue l'affection. Nous l’avons reconnue huit fois avec ses grandes manifestations, chez les autres des manifestations de moindre importance. Notons beaucoup de névropathes, de neurasthéniques, de sujets très impressionnables, dont Jes parents étaient atteints de la diathèse.
L'hérédité de l'affection a été observée 4 fois. Chez le frère ou la mère, des accès identiques étaient observés, de plus nous voyons le père et le filsavoir les mêmes accidents et être susceptibles à la même cause, odeur des moulins, farine de lin, foin sec. Mais chose également importante l'affection paraît se transformer, et si dans les antécédents de l’asthme
des foins, nous avons relevé des cas de coryza spasmodique, dans cette dernière nous notons l'asthme des foins chez les ascendants.
Le chapitre relatif aux causes extérieures permet de reconnaître les mêmes agents que nous avons signalés plus haut. CRÉAS | C’est la température chaude et sèche qui est le plus propice à l’éclosion des symptômes. Signalons également l'influence nocive du chemin de fer. L’altitude au contraire paraît être un obstable à la production des symptômes(Obs. Il). Il est probable que dans les montagnes on ne retrouve pas ces causes irritantes que nous avons signalées. L'air est plus frais, le soleil moins chaud et la flore différente de celle de la plaine. ;
Le séjour aux champs, les promenades dans les prairies, l’exposition aux rayons solaires sont très souvent des circonstances favorables au retour des accès. |
Nous devons également signaler l'influence d’un grand nombre de plantes odorantes, parmi lesquelles nous trelevons l'odeur des roses, des fleurs de pêcher, du muguet. En dehors de ces produits de la végétation il faut signaler les poudres odorantes, poudre de riz, de lycopode, d’héliotrope, l’odeur de bitume, de camphre, d'ipécacuanha, les émamations
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En réalité, nous voyons que les poudres odorantes sont le plus souvent en cause et que leur action
est encore plus sûre et plus intense quand la température est chaude.
Enfin signalons le coryza spasmodique par ingestion de substances végétales.
Ainsi nous le voyons, à chaque pas nous découvrons des ressemblances plus marquées entre les deux ordres de manifestation, chaque chapitre nous permet de les rapprocher davantage. Nous retrouvons l'identité des causes après l'identité dans les manifestations.