‹ L'Astrologie chez les Gallo-RomainsChapitre 103 sur 151 · Epigr,, v · texte numérisé non relu

Epigr,, v

Et miseras idem qui decipit incitât error.

Inquirunt causas rerum astrorumque meatus.

L ASTKOLOGIE CHEZ LES GALLO-KOMAl^iS 9

veulent savoir quelle est la forme du ciel, pourquoi, maigre la longueur de leur cours, les fleuves ne tarissent pas, quelles sont les limites de l’immensité des mers : tout ce qui n’est connu que de Dieu, tout ce qui doit rester caché à l’universalité des hommes et que ces insensés veulent, et même quel sacrilège! — prétendent connaître*. C’est, en somme, 1 astronomie, bien plutôt que l’astrologie proprement dite, qui est mise au nombre des crimes de la lerreiia sapie/ilia, nescia veri^, origine pour la Gaule de plus de maux que n’ont pu en produire les invasions des Sarrnates, des Vandales et des Alains^.

L’interlocuteur de l’abbé Salomon fait une violente satire des femmes, qui ont l’amour des riches costumes, qui se fardent, qui passent leur temps en promenades et en festins, et qui, lorsqu’elles ont des loisirs pour la lecture, loin de rechercher les écrits instructifs et édifiants du roi Salomon et de saint Paul, se plaisent aux œuvres profanes de Virgile, d’Ovide, d’Horace et de TérenceV

Non contente d’étaler une érudition purement litteiaire et de triompher des granimalici et des rhelores^, la femme savante, mise en scène par Juvénal, ne craignait pas dentier aussi en concurrence avec les matheinalici. Laissant les ignorants accorder une aveugle confiance aux Chaldaei, elle n’avait pas à demander de conseils aux astrologues de profession; elle donnait elle-même des consultations. Munie de ses éphémérides, devenues plus jaunes que l’ambre, à force d avoir été feuilletées, elle réglait toutes les actions de sa vie sur les calculs astrologiques établis par Thrasyllus et par Pétosiris; elle étudiait son horoscope avant de demander le moindre collyre*^.

Au temps de Molière, alors que l’humanité croyait les astres « maîtres de l’Avenir et de ses destinées », les femmes savantes s’occupent d’« aller chercher ce qu’on fait dans la lune » et de

t. Epigr., v. 45-5 1.

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