De Sodom., v
Dicitur et vivens, alio jam corpore sexus Munificos solito dispungere sanguine menses.
•l’ignore à quelle époque a pris naissance celte légende à laquelle la Bible ne fait
l’astrologie chez les gallo-romains
dévastée par le feu du ciel, est faite non pas d’après la Genhe mais d’après les Ivoires de Tacite et la Guerre des Jm/s de Josèphe: l’hislorien romain et l’historien Israélite parlent déjà de ces fruits qui paraissent bons à manger et que l’on ne peut toucher sans qu’ils se réduisent en cendres'. Tout ce poeme, qui s’inspire, en somme, très peu de la Bible, tend a nn enseignement symbolique : les flammes qui oni détruit Sodome et Gomorrhe sont l’image des flammes qui, dans
l’Enfer, attendent les damnés ^
Le même symbolisme se retrouve dans le De Jona : l’aventure du prophète englouti, puis rejeté par le monstre marin, est l’emblème de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ. L’astrologie n’a aucune place dans ce fragment épique.
Sidoine Apollinaire et l’astrologie. — Allusions a 1 astrologie dans les œuvres de Sidoine Apollinaire et renseignements sur les Gallo-Romains de la seconde moitié du siècle adonnes aux pratiques de l’astrologie. — Consentius, Anthedius, Lampndius.
Dans la seconde partie du v“ siècle, Sidoine Apollinaire, comme littérateur et comme homme politique, est le plus grand personnage de la société gallo-romaine sur laquelle ses écrits donnent des renseignements très abondants.
C. Sollius Apollinaris Sidonius descendait d une noble famille gauloise, d une famille « préfectorienne », comme il dit lui-même avec orgueil». En effet, son bisaïeul, son aïeul et
pas allusion (cf. Genèse, xix, verset aO) et dont Voltaire se souvient dans ces deux mauvais vers :
La femme à Loth, quoique sel devenue.
Est femme encor, car elle a sa menstrue.
I. Tacite, //isL, V, vil ; Josèphe, Guerre des Jiii/s, IV, vin (xxvi), 4; De Sodoma, V. i34-i38.
a. De Sodom., V. i3-i.4; v. 16.4-1C7. , 1
3 Sidoine Epist., V, xvi, 4 : Familiam noslram praefeclonam. — Je cite les œu>res de Sidoine Apollinaire d'après l’édition de P. Mohr (Leipzig, Teubner, 1896).
niRMOTnÈQUE DES UNIVERSITÉS DU MIDI
son père avaient été Préfets de Rome et du Prétoire, Maîtres du Palais, chefs des armées'. Son grand-père, cpii, le premier de sa race, reçut le baptême, et son père avaient obtenu, l’un et l'autre, la préfecture des Gaules^. 11 naquit à Lyon en 43o et fut muni par les grammairiens et les rbéteurs gaulois de la superficielle et pédantesque instruction encyclopédique que les successeurs d'Ausone distribuaient aux jeunes gens qui fréquentaient les écoles. Cet enseignement était fondé sur l’étude minutieuse de l'antiquité païenne. Sidoine était nécessairement chrétien, comme son grand-père et son père; mais c'est une inspiration païenne qui dominait tous les exercices, panégyriques, déclamations, lieux communs, controverses pbilosopbiques, poèmes, où l’élève de l’école de Lyon excellait. Célèbre dès sa première jeunesse pour ses talents poétiques Sidoine ne se dégagera jamais des influences scolaires; et, dans les œuvres mêmes de son âge mûr et de sa vieillesse, le ebristianisme ne sera que pour la forme, exactement comme dans la prose et dans les vers du Bordelais Ausone, qu’il imite et qu’il voudrait égaler.
Vers l’an 4&2, le brillant élève de l’école de Lyon épousait Papianilla, dont il eut un fils, Apollinaris, et une fille, Roscia^. Papianilla était la fille d’Avitus, noble Arverne qui se lit, à la fin de 455^ proclamer empereur à Toulouse et à Arles. Sidoine s’empressa, dès 456, de composer un panégyrique à la gloire du nouvel Auguste Mais, après un règne de quatorze mois, Avitus était vaincu et déposé par Ricimer et Majorien contre lesquels le gendre de l’empereur lutta deux ans avec le concours de la noblesse gauloise. Cependant, il fallut se soumettre; et, pour rentrer en grâce auprès des vainqueurs, Sidoine Apollinaire dut écrire le panégyrique de l’Auguste Majorien, comme il avait écrit celui de l’Auguste