Carmen V, v
l’astrologie chez les gallo-romains y
exactitude le cours des astres, si le Colchien connaît la vertu des plantes et le Toscan les indications de la foudre, si le lhessa len évoque les ombres, si les oracles de la Lycie ont quelque science, si le vol des oiseaux annonce nos destinées, si, dans la Syrte, Hammon lait entendre des bêlements prophétiques, si enfin Pliebus, Ihemis, Dodone chantent des prédictions exactes sur les temps a venir, ce Jules Majorien sera Auguste i.
Aétius s’émeut médiocrement de toutes ces divinations, ou l’astrologie chaldéenne a sa place, qui promettent l’empire au jeune héros; il répond à sa lemme .
Est-ce donc un crime d’être né sous une heureuse étoile? Qui peut prétendre punir la destinée » ?
Le panégyriste de Majorien se plaît apparemment à une amplification poétique. Rien ne prouve que la femme d’ Aétius se soit adonnée aux pratiques de 1 astrologie. Grégoire de Tours rapporte qu’au temps où son mari courait les plus grands dangers dans la guerre contre Attila, elle allait nuit et jour prier à la basilique des Saints- Apôtres, suppliant Dieu de lui rendre son mari sain et sauf^. Cette pieuse chrétienne ne semble guère suspecte d’hérésie astrologique. Mais, si le poème officiel peut développer avec succès tous ces lieux communs d’astrologie devant les membres de l’aristocratie gallo-romaine qui entourent Majorien, il est cNident que l’auditoire d’élite qui écoute Sidoine Apollinaire est au courant des pratiques de la niaUicsis , qu il y prend intérêt et qu il y ajoute foi.
Le poète lui- même s’intéresse d’une façon toute particulière à l’astrologie. Dix ans environ après qu’il a eu prononcé le panégyrique de Majorien, il revendique, pour l’art de prévoir l’avenir d’après l’inspection des astres, une place importante dans les sciences philosophiques, au même rang que la musique et au-dessous de l’arithmétique''. Et il réclame le droit d intro-
t. Carmen Y, Y. aâg-aGG.
a. Came/l V, V. 378-379. — Je crois que le sens général indique qu'il convient de traduire bene nasci par : naître sous une heureuse étoile.