liouché-Leclorcq, L’Astrologie grecque, p
3. Horace, Odes, 111, xxiv, v. 35 : Quid leges, sine moribus, Vanae proficiunl?
/(. Bouché-Leclercq, L’Astrologie grecque, p. 569, note 3.
5. Beugnot, Histoire de la destruction du paganisme en Occident, t. I, p. a/i3.
6. Les manusccrits donnent /Irÿicius ou Arsicius. Saumaisc a conjecturé Agricius, et Mommsen Agrycius.
l’astrologie chez les gallo-romains
serait demeuré cache sans l’industrie de la mère de ce poète qui sut le découvrir i. »
C’est par Ausone que nous connaissons Argicius. Le petitfils a tracé dans ses Pavenlalia ^ une biographie émue de ce grand-père, issu d’une noble famille du pays des IJaedui, que le malheur des temps força de chercher un refuge dans une ville du sud-ouest de la Gaule, Aqaae Tarbellae (D^x) .
M. Jullian fait, d’après le texte d’Ausone, un très vivant portrait de l’astrologue, qu’il nomme Agricius : « Je me le figure volontiers comme un des derniers représentants de cette noblesse sacerdotale et de cette discipline hiéralique qui dominaient en Gaule au moment de la conquête. Sous le règne des empereurs gallo-romains, de Yictorinus et de Tétricus, Agricius se mêla beaucoup trop à la politique militante. 11 fut dépouillé de ses biens, proscrit. Il dut s’exiler à l’autre extrémité de la Gaule, à Dax, où il vécut assez misérable. Sa situation devint si pénible que, pour gagner quelque argent, il dut, paraît-il, mettre à profit sa science, — cette haute science religieuse qui avait jadis rendu sa nation si célèbre et que les derniers des druides prostituaient alors sournoisement dans les campagnes et les faubourgs. Il fit comme eux : il devint astrologue et sorcier. Beaucoup de ces nobles et de ces prêtres, qui, du temps d’Ambiorix ou de Vercingétorix, eussent été les arbitres des nations et les ministres autorisés des dieux de la patrie, vivaient à l’ombre, et, loin des regards jaloux du gouvernement romain, travaillaient à dire la bonne aventure, à vendre d’étranges recettes et à consulter les étoiles. A la souveraineté politique avait succédé pour eux une mystérieuse popularité de carrefours 3. »
M. Jullian fait observer que le pays d’origine d’Agriciiis était « un centre littéraire de premier ordre, peut-être un ardent foyer de druidisme». Il semble donner à entendre que ce « représentant de la noblesse sacerdotale et de la discipline hiératique » appartenait à la race des druides. Mais, on l’a vu,
I. Histoire littéraire de la France, l. I, partie II :« Arbore astronome et philosophe, » p. 58-5g.