Ausone, édit. Schenkl, XV, v; XVl, xvn
5. Ausone, édit. Schenkl, XV, v, v. 21 : Me tibi, me palribus clarum decus esse professas Dictasti Fatis verba nolanda meis.
l’astrologie chez les gallo-romains
conüé, se substitue à Jupiter; il dicte, a la place du dieu, Taveuir de l’enraiit aux Parques qui, dociles à sa voix, 1 inscrivent sur le livre des destinées C est une fiction de rheteui où l'on ne doit trouver que la preuve de 1 atlection de 1 oncle et des précoces succès du neveu. 11 n’y a pas lieu d en tirer la conclusion qu’Arborius était astrologue. Vinet, qui prend tout au pied de la lettre, croit 'a une prédiction faite suivant les pratiques de l'astrologie, et il dit bien à tort : « Matheseos ergo péri tus fuit Aemilius Arborius. »
Le rbéteur Arborius n’était pas plus astrologue que le père d’Ausone,lc médecin Julius Ausonius, n’exerçait la iatromatliématique à la manière du Marseillais Grinas. C’est uniquement, son fils le dit bien, par sa profonde science et par son dévouement à scs malades que cet homme de bien, comparable aux Sept Sages dont il pratiquait la doctrine, réussit à prolonger la vie des hommes et à retarder le terme fatal a.
Caecilius Argicius Arborius est le seul des parents d’Ausone connus de nous qui ait pratiqué l’astrologie. C’est apparemment à Autun, ville d’Université où s’enseignaient toutes les disciplines grecques et latines, qu’il se fit initier à cette science divinatoire dont la pratique, pendant les jours de proscription, devait lui permettre de gagner son pain et celui de sa famille. Le descendant delà noble famille du pays des Héduens SC lit astrologue professionnel à Dax, comme les gentilshommes émigrés se faisaient, pendant la Révolu lion, maîtres à danser en Allemagne ou en Angleterre. Ce n’était pas une astrologie druidique, puisque le druidisme n’a jamais connu l’astrologie, mais bien l’astrologie gréco-romaine, étudiée par curiosité à Autun, que Caecilius Argicius Arborius allait pratiquer dans le sud-ouest de la Gaule, vers l’an 270.
1. On a vu que le collègue et ami d’.Ausone Lalinus Pacalus Dropanius, dans son Panégyrique de Theodose, reprcsenle Jupiter assisté des Parques qui rédigent, sous sa direction, les tabulae du destin.
2. Ausone, édit. Schenkl, W, ni. — Cf. v. i3 : Praeditus et vilas hominum ratione medendi Porrigere et fatis amplijîcare moras.
lîIBLIOTHÈQUE DES UNIVERSITÉS DU MIDI
Ausone et l’astrologie.
Caecilius Arborius Argicius estima dangereux d’initier son petit lils aux pratiques de l’astrologie. C’est apparemment par sa mère que le poète Ausone apprit l’horoscope qui le concernait et qui avait été établi par le vieil astrologue. « Tu connaissais,» dit il, dans la pièce des Parenlalia consacrée à la mémoire de Gaecilus Arborius Argicius, « tu connaissais les nombres célestes et les astres conscients de la destinée; mais tu pratiquais cette science en secret. La formule qui contenait le mystère de ma vie ne t’était pas inconnue. Tu l’avais inscrite sur des tablettes scellées et tu ne la révélas jamais. Mais la tendresse soucieuse d’une mère découvrit ce que cachait la soucieuse prudence d'un grand-père timide*.»
Ausone ne nous donne pas le texte de la formula. C’est par une simple conjecture que Gorpet peut dire : « Bon vieillard ! qui allait lire dans les astres ce que tout le monde pouvait lire dans Juvénal ; car il paraît que l’étoile avait promis une destinée brillante et qu’elle était d’accord avec ce vers du sati rique : SiFortuna volet, fies de rhelore consuF, — prédiction qui s’accomplit à la lettre »
Mais, quand Ausone naquit à Bordeaux, vers 3oq, quand Arborius tira l’horoscope de son petit-fils, il ne pouvait conjecturer que ce petit-fils deviendrait rhéteur; quand Arborius, âgé de quatre-vingt-dix ans, mourut vers Sèy, il ne pouvait se douter qu' Ausone, grammairien, puis rhéteur à l’Université de Bordeaux depuis 335, deviendrait de rhéteur, consul. C’est en 365 que l’empereur Valentinien appela le rhéteur de Bordeaux