Gorpet, ouvr. cité, t. I, Notice sur Ausone, p
[,’astuologie cm:z les gallo-uomalns
en sa résidence impériale de Trêves, pour lui confier l’éducalion de son fils, le césar Gralien. Le préceptorat d’Ausone, d’abord professeur de grammaire, puis professeur de rhétorique, dure jusqu’en 376, année de la mort de Valentinien et de Tavènement de Gratien. C’est seulement en 879 que l’ancien précepteur de l’empereur devient consul ; l’astrologie avait peut-être permis à Caecilius Arborius Argicius de lire ce consulat dans les étoiles; rien ne lui donnait le droit de le lire dans Juvénal. Et quand le vieil astrologue mourut, en 357^ le rhéteur Ausone, qui n’était pas consul, mais simplement décurion, c’est-à-dire conseiller municipal de Bordeaux, position assurément fort lionorable, mais qui n’a que des rapports lointains avec le consulat, était en droit de penser que son grand-père — véritable astrologue gascon — avait confondu, dans les étoiles, la sella curulis du consul de Rome avec le modeste siège du décurion de Bordeaux.
A la fin d’août ou au commeucement de septembre 379, le consul Ausone prononce dans le consistoire de l’empereur une action de grâces où il épuise toutes les formules de la reconnaissance et de l’adulation. Mais, il faut le remarquer, dans ce Panégyrique de Gratien, nous ne trouvons aucune de ces allusions à l’astrologie que nous avons relevées dans les divers Panégyriques, œuvres des rhéteurs gallo-romains. La loi de Valentinien, portée à Trêves en 870, condamnait toute espèce de sciences occultes. L’asirologic ne devait plus avoir dans une olficiclle Gratiaruni Aclio la place qu’elle occupait, par exemple, dans le Panégyrique de Constantin, prononcé [)ar Eumène en 3 10. Elle ne devait pas être invoquée non plus dans la poésie de cour. Pendant son préceptorat, vers l’an 369, Ausone compose La Moselle', pour célébrer les victoires de l’empereur Valentinien sur les Alamanni. Ce poème obtient un merveilleux succès à Trêves, dans le monde olficiel. Symmaque compare aux meilleures œuvres de Virgile ces vers divins, qui volent dans les mains de beaucoup d'hommes, dans les plis de beaucoup de toges V Mais le poète s’est bien
1. Pour la date de La Moselle, voir ma thèse, De Àiisoiüi Mosslla, Paris, Hachette, 1892, p. 24.
2. Symmaqtic, Episl., I, xiv : 1 olilul luus Mosella per manus sinusque niiiUorum, divinis a te versibus consecralus.