‹ L'Astrologie chez les Gallo-RomainsChapitre 18 sur 151 · U. DE LA MLLE DE MIRMOAT · texte numérisé non relu

U. DE LA MLLE DE MIRMOAT

lilHLlUllltQUE DES LMNEHSITÉS DL MIDI

gardé d’y parler de rinnuence des astres sur les aflaires de riiumanité; et cependant l’occasion lui en était naturellement offerte par ce développement où il annonce que, rentré dans la vie privée, il consacrera ses dernières années à célébrer la gloire des [)lus illustres de ses contemporains :

(^)ui ne chanterai-je pas alors? ...[Je dirai] cet homme, enfin, qui a administré la capitale du monde, Rome, son peuple et scs sénateurs: égal aux premiers de l’Empire, son nom, cependant, n’était pas le premier; mais la Fortune se hâte de réparer son erreur, et, complétant les distinctions qu’il a à peine efUcurées, elle l’élèvera réellement, comme elle le doit, au faîte de ces honneurs qui reviendront un jour à sa noble descendance ■ .

C’est la Fortüna, ce ne sont pas les astres, qui domine la carrière de ce personnage mystérieux qui a tellement intrigué les commentateurs de La Moselle. Si, comme j’ai essayé de le démontrer % Ausone fait allusion à Maximinus, vicaire du Préfet de Rome, personnage de basse condition à qui les prédictions des baruspices et les procédés divinatoires des diverses sciences occultes avaient annoncé qu’il s’élèverait aux charges les plus hautes de l’Empire la mention de l’inlluence des astres, et non celle de la Fortune, était tout indiquée; mais, au temps de Valentinien, il n’était pas permis, dans un poème en quelque sorte olFiciel, de parler du jiouvoir de l’astrologie.

Par contre, dans les poèmes intimes qu’Ausone destinait à un cercle de lettrés, les allusions astrologiques, très fré- ([uentes, prouvent bien que la science proscrite par les lois impériales avait de nombreux adhérents parmi les hommes du monde, et que les érudits comprenaieni, peut-être sans y ajouter une foi entière, toutes les allusions dont elle était l’objet.

Avant d’être aj)pelé au palais impérial de Trêves pour faire l’éducation de Gratien, alors qu’il était encore professeur

Page 1