Mosella, v. 3g(), iog-'ti/l
2. Voir mon edition do La MoseUf, Bordeaux, Gouiioiiilliou, i8Sg, Cominenlaitr,
3. \'oir Lonaiii <lo Tilloinoid, liisloirr des Empereurs f l’empei'eilr Valeuliiiicn, arlide XXIV. — Ammicn Marcellin, livre WVlll.
iAvstuülogiiî ciiiii ucs GAt.i,ü-uo.>l \l.\s
à Bordeaux, Ausonc comj)o^ait un [)OtMiic, Eplieinrris, id e.sl lotius did negolhun « l’emploi de toute la journée, o — comme traduit Corpet, — où il s’exprime en ces termes à propos des songes ([ui viennent le visiter la nuit, pendant son sommeil, après les diverses occupations qui ont rempli les heures du jour :
Fuyez, songes mauvais, vers ces mondes obliques du ciel où le souille de la tempête disperse les nuées errantes. Habitez les pcMes lunaires 2...
L’action de la Lune sur les songes était admise par les astrologues : (( La Lune surtout pouvait faire dévier ou arrêter au passage les signes révélateurs, lléphestion de Thèbes a un (“ha[)itre ’Ev Tzix'.q r,[J.ipx: [lire i,[j.ipx'.:\ r?;; Eî/.r,'//,; i/.r/)îtç
CVÎ'.
Ln an environ après ta com[)(^sition de VEphrrneris, Ausonc adressait à son ami Symmaque le Griphus Ter/iarii Nameri, poème de quatre-vingt-dix vers hexamètres où sont énumérées de [)uériles et laborieuses énigmes sur le nombre trois. — 11 y est question de la triple Hécate, des trois Grâces, des trois Sirènes et aussi de la trinité chrétienne (v. 88 ; 1res drus ri/ius). — Parmi ces énigmes, il en est une qui a rapport à l’astrologie :
Triplex sideri/ms posilas, dislanlia, forma -K
SoLicbay interprète: « Tria obscrvanlur /’// astris, situs scilicet eorum, dislanlia et conslelddio. » Corpet traduit : « Trois choses à observer dans les astres: la position, la distance et la forme. » Il me semble que celte interprétation et cette traduction ne rendent pas assez fidèlejnent le sens du mot triplex, qui doit dominer toute ta phrase : Triplex siderilms posilas, triplex di-
I. A11S0113, »3Jit. Pciper, Praefatio, p. i.wwv : Ephemeris Burdigala; scripla : ...p(datii nuUa in Ejihemeride mentio.
a. Ausoiie, ôdit. Schcnkl, IV, vu, v. 34 ;
Ile per obliguos caeli, mala somnia, mundos,
Irrequiela vagi qua difflanl nubila nimbi,
Lunares liabilate polos...
.3. liouclié-Lcclcrcq, L’Astrologie grecque, p. Go4, note a.
4. -Vusoiic, édit. Sclienkl. \X\I, ii, Griphus Ternarii \umeri, v.
lUnMOTIIKQUE DES U.MVERSITÉS DU MIDI
slanlia, triplex formai II n’y a aucune énigme, aucune espèce de Yptçcç, à constater qu’il faut observer dans les astres la ])Osition, la distance et la forme. L’énigme consiste à établir ce que sont cette triple position, cette triple distance et cette triple forme.
\inet admet ([u’un astre peut avoir trois positions, suivant ([ii’il se trouve à l’intérieur, au deçà ou au delà du Zodiaque ». La f|ueslion du posilus sidci'urn est étudiée par M. Bouclié- Leclercq dans le chapitre VIII de son Astrologie grecque, Rapports des planètes entre elles. L’un des dogmes principaux de l’astrologie est la croyance à l’action que les astres exercent sur la terre et spécialement sur l’homme. Cette action « dépend de la position des astres, soit par rapport à la Terre, soit par rapport aux autres astres : de telle sorte qu’elle est nécessairement complexe, modifiée, comme quantité et qualité, par les influences concourantes, et peut même être intervertie » 3.
D’après Vinet, que suit Scaliger, les trois distances sont ; la longitude, qui se compte à partir de la première étoile du Bélier^; la latitude, à partir de l’écliptique; la déclinaison, à partir du cercle équinoxial.
Les trois formes, enfin, seraient, d’après Vinet : la forme sphérique, attribuée par les stoïciens aux astres, la forme conic[ue (théorie de Cléanthe) et la forme de clous fixés à la voûte de cristal du ciel (théorie d’Anaximène). Scaliger entend les constellations dont l’ensemble constitue une Jornia (;;.:pf<;, aopscoj'.;, àaTsp-.qj.éç) et celles dont l’ensemble ne donne aucune forme {quae imllain constituiud forniam, ip.spswTci). Mais cette explication ne s’applique qu’à une forma duplex et non
1. Vinet l’a bien vu. Dans le Cointnenlnrius qui accompagne son édition d’Ausonc, il écrit (382,1)): Triplex sideribus posilus. Griphus hic non minus mihi obscurus quam I)rior... Adjcctivum triplex ad dislantiani, formain et modum acque referendum puto.
— Vinet cite ici modus à côté de posilus, distantia, forma, parce qu’il lisait : Triplex sideribus posilus, distantia, forma El modus. Depuis Tollius, les éditeurs mettent avec raison un point devant Et modus, mots qui appartiennent à la phrase suivante.
2. Vinet, Commentarius, 382, I) : Primum enim sidéra sic a posilu dividunt ut alia in Zodiaco sila dicant, alia eilra, alia ultra Zodiacum.
■S. Ilouché-Leclercq, L'Astrologie grecque, p. 87.
h. On sait que, dans les doctrines astrologiques, le Bélier est xspa),-}) toj xodji'ej.
— Voir Bouché-Lcclcrc(t, L’Astrologie grecque, p. 129-100; p. i3i, n. i; p. i5G; p. i85, n. 3 ; p. 19C), n. i et 3 ; p. 197 ; p. 237 ; p. 261 ; p. 319 ; p. 33i ; p. 353, u. 2, etc.
l’astuologie chez les gveeo-komuns
ù une forma triplex. Le système de Vinet semble le plus simple. Au demeurant, il iie nous appartient pas de chereber à résoudre les énigmes posées par Ausone dans son Griphus. Il suffît de constater que l’énoncé de l'énigme astrologique dont nous nous occupons prouve (pie le vocabulaire astrologique était également connu d’Ausone et de Symmaque, Lun des représentants les plus distingués de la société lettrée de la lin du iV siècle. Le poète érudit pouvait adresser à son ami, avec l’espoir d’etre compris, cette énigme (3Ù il est (|uestion de la triple jiosilion, de la triple distance et de la triple forme des astres.
Cette énigme est suivie, dans le Griphu.'i Ternarii Numeri, par une autre qui a également rapport à l’astrologie :
Y. 7O. Et modus et genetrix modaloram musica triplex :
Mixta libris, sécréta astris, vulgata theatris.
Je traduirais: ((Un triple mode dans la musique; la musique elle-même, mère des modes, est mixte dans les livres, secrète dans les astres, a ulgarisée dans les théâtres. » Les trois modes sont : le mode dorien, le mode lydien et le mode jibrygien ; la musique est mixte, en puissance et non en acte dans les livres, — dans la partition où elle est notée; — elle devient la possession du vulgaire quand, passant de la puissance à l’acte, du livre muet à l’exécution, elle est jouée au théâtre. Elle est secrète, elle est inconnue aux hommes, quand elle est la musique des sjihères célestes, cette musique dont il est si souvent question dans les théories platoniciennes*.
Dans le courant de l’année 376, Ausone, chargé, en sa (jualité de questeur, d’examiner les pétitions adressées à l’emiiereur, fait jiarvenir à ürsulus, grammairien de Trêves, les étrennes que Valentinien avait oublié de lui donner le i" janvier. Ce sont six pièces d’or. Ausone, dans une longue lettre d'envoi, évite d’écrire en toutes lettres ce nombre de six. Mais il l’indique par des allusions pédantes (|ui rappellent
I. Voir Rouché-Leclercq, L’ Astrologie grecque, p. a5; p. ii'i, n. i ; p. i5o, n. i. — Vinet renvoie au Commentaire de Macrobe sur le Songe de Scipion. Macrobe, en elTcl, donne un long développement sur 1e Concentir, effectus motu caelesliiim corpnnim (Commenlarius, 11, i).
WIHLIOTMliQLt: m;s dmveusiïks ou midi
le Grij)liu.s Ternurii Numerl. Le nombre de ces i)hilippi > esl celui des Muses moins trois, celui des pieds de l’hexamètre homérique, etc.; celui, enfin, des signes du Zodiaque tournés vers la terre :