Ausone, édit. Schcnkl, Epist., Vll, v. lo
Singula percurrit Titan qaot signa diebus :
Quoique annis sublimis agit sua saccula Phaenon.
2. Bouclié-I.eclcrcq, L’ Astrologie grecque, p. 89, n. 2. — Clicz les poètes romains, Titan est synonyme de Sol. Voir ma thèse, ApoUonijS de lihodes et Virgile, p. g'i, n. ,â et (i.
ü. Bouché-Leclercq, L'Astrologie grecque, p. 97.
,'t. Firmicus Maternus, II, n, 2 : Qui n nabis Saturnus dicitur, ab Aegyptiis «haivtov vocatur.
5. Ammien Marcellin, XV\, ix : Hoc inoderamine princii>atus inclaruil, quod inter religionuin diversitates médius stelit, nec quemquam inquielai'il . ti. Ausone, édit. Schcnkl, IX, Versus Paschales,
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actions de grâces adressées à des dieux qui ii’oiit aucun rapport avec le Christ sauveur, jadis célébré au temps des fêtes de Pâques. Gorpet le constate : « Ausonc... fait une prière la veille des calendes, il en fait une autre le lendemain, non pas une prière chrétienne, comme autrefois pour célébrer la Pâque, mais une prière à Janus, aux saisons, aux planètes, au Soleil, pour obtenir de leur influence une heureuse et abondante année, une vraie prière d’astrologue, en mémoire, sans doute, de son grand-père et de son horoscope'. »
Je suppose qu’à la fin de 878 le poète septuagénaire se souciait peu de son aïeul ; mais il revenait volontiers à ce vocabulaire astrologique dont il avait dû s’abstenir dans les œuvres officielles composées à la cour et pour la cour, depuis les Versus Paschales de l’an 867. Corpet prend tout à fait au sérieux la phraséologie dont use le poète, et il dit, à propos de ces deux poèmes : ci Cette prière et celle qui la précède nous donnent une juste idée des véritables croyances d’Ausone. Les anciens consuls, en entrant en charge, offraient un sacrifice à Jupiter et rendaient grâce aux dieux. Ausone n’adresse point ses prières et ses remerciements à Jupiter, il aurait pu déplaire à Gratien; mais il invoque le Soleil, la Lune, les Étoiles. Car s’il peut croire à quelque chose sans se compromettre, c’est aux astres et aux planètes, qui ont enrichi son grand-père et qui ont prédit la grandeur future du poèleconsLil. Tout conspire donc à prouver qu’il était païens. »
Celte conclusion semble très exagérée : la phraséologie astrologique d’Ausone ne prouve rien contre son christianisme officiel. A la cour de Valentinien, le précepteur de Gratien doit faire une profession banale d’orthodoxie; à Bordeaux, dans son cercle littéraire, le jioète rhéteur emprunte à la mythologie et à l’astrologie les termes spéciaux, les comparaisons et les figures qui ])cuvcnl orner sa poésie ou sa j)rose.
Au demeurant, il semble oiseux de discuter sur la question du christianisme d'Ansonc. M. R. Dezeimeris, qui connaît si bien le rhéteur bordelais, a dit le dernier mot sur la matière