Corpel, t. II, p. 3G(], n. i
i/astuologie chez i.es gallo-uomains
clans sa Icllie à M. Kdonaid Évcral : « En fait, je crois qu’Ausone a du être otTicicllement chrétien... Il dit quelque part que les solennités de la Pacjuc lui font un devoir de rentrer à Bordeaux. Mais il est probable qu’il allait là comme beaucoup do fonctionnaires de nos jours vont à la messe du Saint-Esprit. Au fond, sa vraie religion, c’était le culte des lettres, et ce culte avait des liens étroits avec tonte la mise
en scène de l’Olympe iiaïen*. »
C’est ce culte mythologique des lettres qui se manifeste dans ces deux poèmes où Corpet voit une profession de foi astrologique. Bien dans ces deux invocations ne sort des bana-
lités familières à un rhéteur c[ui connaît 1 astrologie mondaine.
La PvecaUo priclie Kalcnda^ Janunrins demande a Janus, dieu de la nouvelle année c[ui verra le nouveau consulat veni;
novus aune, ve/ii), que, pendant les douze mois de la magistrature suprême d’Ausone, aucun trc3uble ne survienne dans la marche régulière des planètes ;
L)uc le monde soit en paix; que le règne ne vienne pas des astres cpii y mettraient le trouble. Que nulle planete, o Mars-Gradivus, ne heurte tes demeures pour l’elre contraire: ni la Lune, déesse du Cynthos, ni le rapide Mercure, dieu d’Arcadie, voisin de la terre, ni toi, Saturne, le plus éloigné de nous dans la révolution au sommet du ciel. Loin de Mars-Pyroïs, lu accompliras ta route rapide avec tranquillité. Avancez-vous de concert, planète bienfaisante de Jupiter, \’esper, astre de la cythérienne Vénus ; que jamais le cyllénien Mercure ne s’écarte de vous, lui qui est avec ses hôtes de rapports si faciles 2.
Mars, désigné par son nom de dieu latin, Gradivus, et par son qualificatif astrologique, est le protecteur de
I. La leltre de M. Dezeimeris, datée de I.oupiac, le a 5 décembre iSS'i, est insérée dans la thèse de M. Éverat, De D. M. Ausonii operibiis et generc dicendi (thèse de Clermont), Paris, Tliorin, i885, p. loi-ioV — Parmi les derniers travaux sur la religion d’Ausone, on peut consulter; Hermann Spcck, Qiiaestiones Ausonianae , Ilreslau, 1871'!, caput I, De religione Aiisonii ngitur, p. 1-21; Martin Mertens, Quaesliones Ausonianae, Leipzig, 1880, caput 1, De Ausonii religione, p. .V33. — \’oir, dans La Grande Encyclopédie, mon article Aiisone, t. IV, p. 711.
a. Ausone, édit. Sclienkl, VI, Precalio Ausonii consulis designnli, pridie Kal. Jan. , fascibus sumptis, v. 20-27. .Au vers 27, les manuscrits ont comme leçon : Xon un]tiani hospitibus facilis Cyllenius adsit. Les anciens éditeurs écrivaient Nonnunquani ; Peiper a corrigé adsit en absit, correction admise par Sclienkl.