I. Ausone, édit. Peiper, Praefalio, p. cvii et cxii
a. Corpct, t. Il, p. /|ia, n. i.
3. Cod. Latircnlianus : Incipit eglogarum \liber]. Ausonius Gregorio filio.
l\. L’Astrologie grecque, p. 3g, n. i (à propos de la «grande année», Edyll. i8, p. 53G, Toll.); — p. 377, n. i (Eclogariiim : De ratione puerperii maturi, p. 5/|i-5/i(j, Xoll.); — p. ^i85, n. a (le passage dont il est question ici); — p. 570, n. i : « Ausone parle très librement de la science astrologique qui a permis à son grand père de prédire ses grandeurs futures. » (Ausone, Parenlalia, IV, 17, sqq.)
5. Ausone, édit. Vinet, n» 5(j8. — D’ailleurs, M. Bouché-Leclercq donne peu exactement le texte de la vieille édition de Tollius (Amsterdam, 1671), qui lui fait négliger les éditions critiques de Sclienkl (Berlin, i883) et de Peiper (Leipzig, 1886). 11 a tort {L’Astrologie grecque, p. 485, n. a) de trouver «dans Ausone (pp. 55o-55a Toll.) l’amusante réfutation de l’aphorisme : demi de corpore oportel || Ungues Mercurio, etc. » 11 ne s’agit pas d’une suite de deux vers hexamètres, comme on pourrait le croire d’après cette citation inexacte, mais bien du titre, donné par Tollius lui-même : « Quid quo(]ue die demi de corpore oporteat, » suivi du texte du vers : Lngues Mereiirio, etc.
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anlciir iiicoiiua (hic versus sine auclore est) qui indique ce ([u’on doit retrancher du corps chaque jour de la semaine :
Coupe tes ongles le jour de Mercure; ta barbe, le jour de Jupiter, tes cheveux, le jour de Cypris
Cet aphorisme d’astrologie populaire est réfute en quatre distiques élégiaques par un lettré qui se moque des recettes de bonne femme:
Mercure aime pour le vol les ongles toujours aigus; il ne permet pas qu’on rogne la pointe des doigts. La barbe est une lieaute poui Jupiter; pour Venus, la chevelure. 11 est donc nécessaire qu ils ne veuillent pas qu’on enlève ce qui leur plaît a tous les deux. Mars, tu as aimé les joues sans poils; Lune, tu as aimé les tètes chauves. Ces deux divinités ne défendent point de raser les joues et les tetes. Le Soleil et Saturne ne s’inquiètent en rien des ongles. Donc, supprimons ce monostique qui n’a pas l’agrément des dieux.
Une très curieuse pièce d’Ausone, De rcitione paerperii inaluri-i , donne, d’après un passage de Censorinus, qui y est paraphrasé, le système chaldéen du thème de la conception 3 :
Tous les événements de la vie que nous parcourons dans l’évolution des actes sont dirigés par la domination des astres'*. Les membres seuls de l’homme viennent de la terre; des régions d’en haut procèdent la Fortune^ et l’esprit, qui subissent l’iniluence du chœur des sept planètes auquel préside le Soleil d’or à qui le sort a attribué le royaume de l’éther resplendissant**. Le Soleil ne modère pas seulement en nous les époques de la vie, alors que nous traversons le court espace d’une existence agitée. La croyance générale admet que son regard domine
1. Ausone, édit. Sciicnkl, V, xviii; édit. Peiper, ^ II, xxvii:
Ungues Mercurio, barbam Jove, Cypride crines.
3. Ausone, édit. Schenkl, XXXV, p. i55; édit. Peiper, VII, viii, p. 90.
3. Voir Boiiclié-Leclercq, V Astrologie grecque, p. 877. — Le De die nalali de Censorinus, composé vers l’an 288 (voir Teuffel, S 379), a été l’objet d’une édition critique (le Fr. llultsch, Leipzig, Bibliotheca Teubneriana, 18G7. — V'oir la traduction française de la collection Nisard, faite d’après le texte d’Havercamp (Leyde, i7'(3).
h. C’est la doctrine orthodoxe en astrologie. Cf. Censorinus, viii : Ante omnia igitur dicunl actum, vitainque nostram, stellis lain vagis quani slnlis esse snhjeclam, earunique vario muUiplicique cursu genus humanuni guberuari, sed ipsaruin motus schemataque et effectus a Sole crebro immutari.
5. Fortuna, ((quidquid hominibus contingit, sive boni, sivc mali. « (Vinet.)
G. « Les Chaldéen s commencent par justifier la simplification du problème, en disant que si nous dépendons des astres, les astres sont eux-mêmes menés par le Soleil. » (L'Astrologie grecque, p. 877.)
lUULlOTlIKQUE UES UMVEUSITÉS UU MIDI
encore la conception secrète i, le temps de la vie intra-utérine les lois de cette existence intérieure. En effet, alors que le germe est déposé dans le champ de la génération^, il est bien évident que le Soleil se trouve dans quelqu’un des signes^'. Quand il a pris position dans l’astre voisin, il ne transfuse aucune lumière sur le lieu de la conception qui lui est très voisin 5. Mais, quand, après l’espace d’un mois, il tourne ses rênes, quand son char de pourpre s’élève déjà vers la troisième constellation, une petite lueur glisse obliquement ses faibles rayons sur l’inerte embryon dont elle excite les premiers mouvements^. Dans le quatrième signe, l’action indulgente du Soleil a plus de vigueur et de persuasion; par sa pénétration, il amène le tendre fœtus à se former 7.
I. La conception secrète (occullosque satus). Satus, l’action d’engendrer. «Cicero, primo de Divinationc [I, ïlii, g3] : Quaedum ctiam in hominuin pccudunive conceptu et satii. » (Vinet.)
a. a Achinapolus apud Vitruvium libro nono [Vitruve, IX, 4, 7] non e nascentia sed ex conceptione genethliologiae raliones explicat. » (Vinet.) D’après Vitruve, cet Achinapolus, astrologue de date et de nationalité inconnues, aurait, le premier, imaginé de faire coïncider l’instant où se fixe la destinée humaine, non plus avec le moment de la naissance, mais avec celui de la conception. — Sur Achinapolus, voir L’Astrologie grecque, p. 36, n. a, et p.
3. Genitali arvo (le champ de la génération) est une correction de Graevius et d’Heinsius (les manuscrits ont albo ou alvo) fondée sur une expression des Géorgiques (III, V. i35), dont Ausone se souvient évidemment:
...nimio ne luxa obtasior usas SU genitali arvo et succos oblimet inertes.
Ces métaphores se trouvent déjà dans Lucrèce, IV, v. ia6/j-iaC5 (Briegcr, v. I a48- I aig) :
Ëicit enim sulciim recta regione viaque Vomeris, atque locis avertit seminis ictuin.
à. Censorinus, vjii : Quo tempore partus concipitur, Sol in aliquo signo sit necesse et in aliqaa ejus particula, quem locum conceptionis proprie appellant.
5. L’astrologie admet que les signes du Zodiaque ne se voient pas mutuellement.
— Cf. Censorinus, viii : Sol ergo, cum in proximum signum transcendit, locum ilium conceptionis aut imbecillo videt conspectu [M. Bouché- Leclercq, L’ Astrologie grecque, p. 377, n. a, fait remarquer que Censorinus donne à V aspect le nom de conspectus], aut etiam nec conspicit: nam plures, proximantia sibimet Zodia invicem se videre omnino negaverunt.
G. Quand le Soleil est dans le troisième signe, il voit le signe d’où il est parti, mais il ne le Aoit que d’un rayon oblique et sans vertu : c’est l’aspect nommé hexagonal, parce qu’il sous-tend le sixième du cercle. On ne tient pas grand compte de cet aspect, auquel on attribue peu d’influence sur la maturation du foetus. — Cf. Censorinus, VIII : At cutn in tertio [Sot] est signo, hoc est medio uno interposito, tune priinuin ilium locum, unde profeclus est, videre dicitur, sed valde obliqua et invalida lumine ; qui conspeclus vocalur xaO’ iliytovoy, qui scxlam partem circuli subtendit... Ilunc quidam conspectum non usque quaque receperunt,quod minimum ad maturitalem partus videatur con ferre.
— Les premiers mouvements du fœtus dans le ventre de la mère so font sentir, d’après
Pline {N. H., VII, vi), pour un garçon le quarantième jour après la conception, pour une fille le quatre-vingt-dixième. /
7. Dans le quatrième signe, alors que deux autres signes le séparent du premier, l’aspect du .Soleil est dit tétragonal, parce que la ligne suivant laquelle s’étend son regard coupe le quart de la circonférence. — Cf. Censorinus, viii : Cum vero in quarlum signum pervenit, et media duo sunt, videt xavà TcTpayoïvov, quoniam illu linea quu visas pertendit, quartam partem orbis abscidit.
l’astrologie chez les gallo-romains 'i7
A l’aspect létragonal la lumière solaire, éclatante et douce, épanche une vivifiante clarté. Au point cardinab du cinquième signe, le Soleil frappe la mère, qui s’étonne des progrès de la vie intérieure de l’enfant 3. Le sixième signe n’a aucune influence. Car la direction du regard de Phœbus ne peut se régler sur aucun côté égal L
Mais, aussitôt que, parvenu au centre de la région qui porte des signes, il arrive à la septième section d’où son camp lumineux dirige diamétralementô ses traits entlammes, il voit en pleine lumière la condition du germe qui se gonfle. Ce n est plus le layonnement d une lueur parcimonieuse qu’il envoie vers lui, mais il le réchauflé de tous les feux de son cercle lumineux 6. De là vient que Lucine devance le terme régulier de ses travaux, et ([ue la mère sent se développer sourdement dans ses entrailles les etîorls de la parturition, avec trop de hâte, avant le temps espéré par ses vœux. Mais si, alors qu il répandait sa lumière depuis le septième signe, le Soleil n’a point forcé la barrière qui retarde l’enfantement, ce qu’il pouvait d’abord, il ne le peut plus ensuite. Est-ce parce que, semblable à celui du sixième signe, l’aspect
1. Pour l’aspect létragonal ou quaJral, voir Bouchc-I.eclercq, L’Astrologie grecque, P- ^o-iqi.
a. Au point cardinal (cardine). Le mot cardo (xlvTpov) désigne le point cardinal du cercle de géniture. Voir liouché-Lcclercq, Z/’.-lstcolo^ie jf/’ccque, p. 170- 17 1.
3. La mère s’étonne, parce que, jusqu’alors, les progrès ont été à peu près nuis. C’est la grande ellicacité des deux aspects tétragonc et Irigono qui aide puissamment au développement du fœtus. — Cf. Censorinus, vin : Quae duac visiones, TSTpiywvQ; [aspect létragonal du quatrième signe] et Tpîyoïvoc [aspect triangulaire du cinquième signe; cf. L’Astrologie grecque, p. 1G9-170] perquain efficaces increnienturn parlas inullum adminiculant.
/(. Censorinus dit que l’aspect qui part du sixième signe manque de toute espèce d’ellicacité, car la ligne qu’il suit ne forme le côté d’aucun polygone; «.4 loco sexto conspectus omni caret efficentia : ejus eniin linea nullius polygoni afficit latus. » — Le poète traduit mal par aequati lateris; cl Vinterpretatio de l’cditio in usum Dolphini,
« quia Sol non adspicit tune locum ortus per ullani lineain quae efliciat in Zodiaco figuram aliquam aequilaleram, » semble se fonder plutôt sur la prose de Censorinus que sur les vers d’.Vusone.
5. Censorinus attrilme une très grande puissance à l’aspect diamétral (pour l’aspect diamétral, V. Bouché-Leclcrcq, L’Astrologie grecque, p. iG6-i69),qui fait naître les enfants au septième mois: «d septimo Zodio, quod est cuntrariuin, plenissiinus potentissimusque conspectus quosdam jam inaturos infantes educit, qui septemmeslres appellantur, quia septimo mense nascuntur... Secundum rationem liane 'fK7ig.r,voi nascuntur xarà ôtâ|j.ETpov. » 11 est intéressant de noter les métaphores empruntées à l’art militaire qu’.Vusone afTeclc d’introduire dans ses œuvres, depuis qu’il a fait campagne (cf. édit. Schenkl, XXVI, Griplius, I : Quod tempus, ut sois, licentiae militaris est; Epist., IV, v. 81 : Quod militantes scribimus; Epist., XVII : Ego tirocinium jam veleraniis exerçai). Coliors signifera indique naturellement le Zodiaque : mais sig ni fer veut dire le porlc-élcndard ; et les notes de l’editio in usum Delphini disent avec raison : « Zodiacus est caterva quaedam astrorum ordine dispositorum, ut sunt in cohorte milites. » Oiiant aux castra Solis, Vinci remarque ingénieusement: a Solis igné locus ille septimiis collucet, ut castra ignibus quos noctu crebros accendunt milites.» ün a déjà vu (v. i3 : Qui cum viciai stationcm ceperit astri) l’emploi du terme militaire statio, le poste où le Soleil se lient en sentinelle.
G. loto fouet igné coronae. Cf. Sénèque, Quaest. \nt., 1, ii, i : Circa .Solem visum coloris varii circnlum. .. .' hune Graeci vocanl. nos dicere Coronam aptissime
possumus.
lîIUUOTIlÈQUE DES LMVERSITÉS DU MIDI
inellîcace du huitième ne peut former des figures équilatérales i ? Mais, quand il envahit le neuvième signe, le Soleil satisfait les vœux hésitants des mères, car l’aspect trigones, conséquence de cette nouvelle position solaire, lui prête un surcroît de puissance. Si, enfin, Ilythyia diffère une délivrance difficile, l’aspect tétragone^ dénouera les derniers liens de cet enfantement aux retards indécis.
I. Censorinus, comme Plutarque (Placit. Pliilosoph., V, xviii, 8), affirme que l’enfant ne peut naître au huitième mois : « At, si intra hoc spalhim maturescere utérus non poluerU, octavo nicnse non cdilur (ab octavo cniin signo, ut a sexto, inefficax visus) sed vel nono mense, vel decinio. n — Pline, au contraire (II. N., Vil, iv) n’admet pas l’opinion vulgaire d’après laquelle l’enfant né au huitième mois est incapable de vivre : « Translaticiuni in Aegypto est et octavo gigni. Jam quidein et in Italia taies parlas esse vitales, contra priscoruni opiniones. »
3. Il a déjà été parlé de l’elficacilé des aspects trigonc et tétragone. Au neuvième signe, le Soleil regarde de nouveau le point de la conception suivant l’aspect trigonc. Cf. Censorinus, viii : « Sol enim a nono zodio parliculam conceptionis riirsus conspicit xarà rptywvov. >>
3. L’aspect tétragone se produit au dixième signe, — a deciino TeTpâywvov, dit Censorinus.
l’astkologie chez les galeo-uomaias
Pour noter les divers asi)ecls dont il est question dans celle pièce, Yinct a tracé une ligure que je reproduis (fig. i)- Elle représente le Zodiaque divisé en douze Zo)c-.x ou Signa, AE, EF, FB, etc. Au moment de la conception, le Soleil est en A, à la limite du premier signe. Comme il emploie une année à
parcourir les douze signes du Zodiaque, dans chacun desquels il reste le même temps, après deux mois accomplis, il sera dans le troisième signe, FB. Entre les signes I et 111, s’étend la sixième partie du Zodiaque; d’où, suivant Al’’, l’aspect scxlil ou hexagonal, et ainsi de suite. — Tollius a donné une figure plus complète {Jig. 2) que je reproduis également.
Plusieurs autres |)ièccs du Liber Ecloganiin dénotent chez le poète l)ordelais une érudite curiosité des divers problèmes