H. DE LA MLLE DE MIUMONT
ülBLlOriIliQUt; DES tMVEUSlTES DL MIDI
ustronomiques ou asliologiques qui inlércsscnl « tous ces vastes corps du monde suspendus dans la splière sublime du ciel qui les enserre, masses immenses dont rien n’ébranle l’équilibre » *.
Âusone fait le calcul des trois cent soixante-cinq jours que comprend la révolution de l’année 3, à commencer par le signe du Béliers, à l'équinoxe du printemps. 11 explique comment les noms attribués à chacun des sept jours de la période bcbdomadaire sont dus à autant de planètes errantes entraînées dans l’infatig-able rotation du monde et condamnées à parcourir sans cesse l’oblique région des signes célestes''. Les sept jours appartiennent successivement au Soleil, à la Lune, à Mars, à Mercure, à Jupiter, à Vénus et à Saturne. Quelques pièces sont consacrées aux mois et aux quatre saisons de l’année, aux divisions de chaque mois, au nombre des jours de chaque mois, à la date des nones et des ides dans le mois, à l’indication des mois où le Soleil passe dans chacun des signes célestes l’un après l’autre^.
11 suffit de mentionner, sans y insister, toutes ces banales explications du calendrier romain, qui prouvent toutefois
I. Aiisone, éciil. Schenkl, XXXI V; ôdil. Peiper, VII, vu, v. i :
...manere ingentia muiidi Corpora, subliini caeli circumdala gyro,
Et tanlae mllam moli inlercedcre labem.
3. Aiisoiic, édit. Schenkl, V, viii; édit. Peiper, VII, xvi. Ratio dierum anni vertentis, V. 17 ;
Hic tibi circus crit semper vertentibus annis Ter centiim ac senis decies et quinque diebus.
3. Pour les diverses dates où les anciens faisaient commencer l’année, voir Bouché-Leclcrcq, L’Astrologie grecque, p. 129, 11. i.
4. Ausone, édit. Schenkl, V, 1 ; édit. Peiper, VII, ix. De noininibus septein dierum, v. i :
Nomina, quae septeni vertentibus apta diebus Annus liabet, totidem errantes fecere planetae.
Quos indefessa volvens vertigine inundus Signorum obliqua jubel in stulione vagari.
Pour « la semaine astrologique qui attribue le patronage de chacun des sept jours à une planète déterminée», voir Bouché-Leclercq, L’Aslrologie grecque, p. 477 et suiv.
5. Ausone, édit. Schenkl, V, xt; édit. Peiper, Vil, xix. De inenûbus et quatuor anni temporibüs. — Sch., V, ir, P., VII, x. Monosticha de mensibus. — Sch., V, iii; P., VII, XI. Item distirha. — Sch., ^■, iv; P., VII, xir. De tribus inenstruis niensuum. — Sch., V. v; P., VII, XIII. Qiioteni dies sint inensuuni singulorum. — Sch., V, vi; P., VU, xiv. Quo mense quotae nonae vel idus sint. — Sch., V, i\; P., VU, wii. lu quo ni;nse quod signuin sil ad cursuni solis.
L ASl'KOLOGiE Cllliz UiS G A vi.NS 5i
rintcrct que des lellrés couiine Aiisone el ses amis prenaient à de pareilles ([uestioiis de vidgarisalion.
Mais il convient de noter, car elle est beaucoup plus importante, une allusion à celte « grande année », à raccoinplisscment de la([uellc les astres errants, Slilbom, Pbaenon, Jupiter, Vénus, Plia'bé, Titan, revenus à leur point de départ primitif, reprendront les places suivant lesquelles ils étaient disposés à l’origine du mondca.
Tous les érudits à Rome, depuis Cicéron-^, s’élaient occupés de cette gra/ide année qui « aboutissait à reproduire la dispo sition originelle des astres»''. On s’étonnerait cpi’Ausone n’en ei'it pas fait mention dans ce Liber Eclogoriim, (pii est le manuel versifié de toutes les croyances et de tonies les superstitions astronomiques ou astrologiques en bonneur dans la société gallo-romaine de la seconde partie du iv® siècle.
L’astrologie dans le «Querolus».
Les préoccupations astrologiques de la société gallo-romaine au temps d’Âusone ne se manifestent pas seulement dans un
1. Il a déjà été question de IMiaenon et des autres astres errants. — ItO.Siov, l'élincelanl, désis:ne la planète de Mercure. Voir Bouclic-Leclercq, L’Astrologie grecque, p. 70, 100, n. 'i.
2. .\nsone, édit. Schenkl, \\,\II; édit. Pciper, \'ll, v. De aetatibus aniinanlinin. llesiodion, v. i5 :
Donec consumplo, iiiagno qui clicitur, aiino, liursus in antiqmiin veninni vaga sidéra cursuin,
Qualia disposili sleleranl ah origine niundi.
Schenkl écrit disposita, d’après une correction de Bueclieler; Pciper, slelerunt, d’après une correction de Baehrens. Comme la viilgate, je conserve dispositi et steleranl, leçons du V (Codex Leidensis Vossianus lat, tl!). — Celte pièce, où .\usonc traduit au début qucl(|ues vers d’Hésiode sur la durée respective de la vie chez les ('1res vivants (Iragment cité par Plutarque, De Oracul. Defectu, xi; Hésiode- Didol, Frag. eut, p. 58) el où il s’occupe ensuite du temps inconnu que durera la révolution des astres, est insérée parmi les Edyllia dans les anciennes éditions de Vinel, de Tollius et de Sotichay. Peiper lui a donné sa vraie place en la faisant entrer dans le Liber Eclogarum .
3. Cicéron, De Nalura Deorum, H, xx, 5i : Earuni quinque stellariim quae falso vocantur errantes... ex disparibus motionibus magnum annum mathemalici nominaverunt, qui tum efficitur, ciim solis et lunae et quinque errantium ad eamdem inter se coniparationem confeetis omnium spatiis est facta conversio, quae quam longa sit, magna quaestio est, esse vero certam et definitam necesse est.
,'i. Bouché-Lcclercq, L’.i sinologie grecque, p. 3(j, n. i. (Le passage d’Ausonc est cite dans cette note.) — Voir encore p. '199. n. i ; p. 57'!, n. 2; p. 575.
*33 mBLIOTHÈQLi; DES UMVEUSITÉS DU MIDI
recueil de pièces de vers composées pour un cercle de letlrcs. Nous les retrouvons au théâtre, dans une comédie intitulée le Querolus.
On a beaucoup discuté à propos de cette comédie, dont 1 auteur est inconuui. Il suffît de rappeler les travaux de MM. U. Dezeimeris et L. Ilavet, qui prouvent, l’un et l’autre, ({ue le Querolus est une œuvre gallo-romaine des premières années du v" siècle. Les ressemblances de style qui se remarquent dans les poèmes d’Ausone et dans la comédie anonyme amènent M. Dezeimeris à conclure que le Querolus a été composé — certaines allusions historiques permettent de le conjecturer — aux environs de l’an 407, par le poète Axius Paulus, auteur du Delirus, comédie de caractère citée par Ausone, dont le poète comique était l’un des plus intimes amis ».
D’après M. Ilavet, «de nombreux indices, à défaut de preuves, établissent que ce texte appartient à l’époque du Bas -Empire 3. » La pièce, qui « date du commencement du
siècle » '•, a été jouée dans « une cité gauloise peu éloignée de la Loire, Bordeaux plutôt que Narbonne ou Toulouse, Lyon ou Autun plutôt que Bordeaux 5. »
Il semble donc admis que le Querolus est une comédie gallo-romaine qui a été représentée en Gaule peu d’années après la publication du Liber Eclogarum d’Ausone. Comme le recueil du poète bordelais, elle s’adresse à un cercle restreint de lettrés. Elle a été composée pour servir d’intermède aux conversations qui suivent le dînero. C’est, comme le fait remarquer M. Ilavet, ce qu’on appellerait de nos jours une comédie de salon, — puisque la salle à manger, où on la jouait, était chez les Gallo-Romains, comme à Rome, l’équivalent de notre salon
1. Voir Teuffel, Geschichie der nünüschen Lileralnr, fmiftc AuHagc, i kn, a.
2. H. Dezeimeris, Éludes sur le Querolus (Aclei de l'Académie nationale des Sciences, Belles-Lcllres et Arts de Bordeaux, année i88d; I}oi\leau\-, i88i, p. /j5o-5o3).
3. L. Ilavet, Le Querolus, comédie latine anonyme, Paris, 1880; chap. I, La Pièce, p. 2.
/i. L. Ilavet, ouvr. cité, p. 7.
B. L. Ilavet, ouvr. cité, p. h.
0. L. Ilavet, ouvr. cité, p. i85. Dédicace à Bulilius, v. 17 ;
Aos hune fab?llis alquc imnsis librum scripsiinus.