Apulée, d/é/., VIII, xwij
l/ASTHÜLOGlIi CHEZ I.ES GAI.EO-KUM.VINS
généra poleslaliim), les unes qui ordonnent, les autres qui obéissent. Ce sont ces dernières que riinnianité doit servir, à savoir les planètes puissantes, les oies importunes et les farouches cynocéphales-. M. Havet remarque avec raison (jiie « la dissertation du fourbe Mandrogéronte sur les cynocéphales atteste une diiîusion notable des cultes égyptiens^. » H est évident que le prétendu astrologue abuse du jargon, tout comme le Sganarelle du Médecin malgré lai, et que le dialogue des deux compères, Sardanapale et Sycopbante, rappelle la conversation que le poète des Nuées prête à Strepsiade et a Socrate. Les Harpyes, les Cbèvrepieds, les Furies, les >ioctambules, les Singes, les Poil-de-bouc, les Chouettes, les Striges de la nuits, qui interdisent tout retour au mortel qui a ose aller consulter les oracles des planètes vagabondes (lam vaga sidéra), appartiennent plutôt 'a l’imagination de Mandrogéronte qu’aux superstitions populaires. Mais le faux astrologue dit des planètes tout ce que le vulgaire pouvait en dire :
Les Planètes font tourner en mesure l’ensemble du monde ; elles sont ditïiciles à voir et leur accueil est rebutant. Elles dirigent la ronde des atomes; elles font le compte des étoiles et soupèsent les mers. La seule chose qu’elle ne puissent pas modifier, c’est leur propre condition... Elles s’attaquent aux moissons et les font passer d’un beu dans un autre par des tempêtes effroyables... Elles ont le pouvoir de changer la forme et l’aspect de tous les objets suivant leur bon ifiaisir. Que de degrés dans ces métamorphoses! que de choses qui sont comme transvasées dans d’autres! Suivant leur ordre, de ceci sort cela. On voit subitement le vin devenir du blé, le blé devenir du yin. Voici une moisson d’orge, une moisson déjà jaunissante . elles 1 ont sans peine produite, à n’importe quelle occasion, pour le premier prétexte venu. Quant aux âmes des mortels, elles n ont aucune difficulté à les faire passer dans le séjour d’en haut ou dans le séjour d en bas^-.