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Carmen xix. De Sancto Felice nülalicmm Carmen vi

4, Cf. Virgile, Enéide, V, v. g5 :

Incerlus Geniumne loci famulumne parentis Esse piitet...

Enéide, \ II,v. i3G :

.'..Geniumque loci primamque dcorum Tellurem Nymphasque et adliuc ignola precatur Flumina...

B. Carmen XIX, .V. la:

...Sed Nolu sepulli [t’elicis]

Facta domus, tanquani proprio sibi sidéré plaudil.

Omnis enim quacumque jacet mandatas in ora Martyr Stella loci simul et medicina colenlum est.

l’astrologie chez les GAI,LO-HO.MA1-NS

Telle rétoile du matin, messagère du Soleil qui vient dissiper les ténèbres de la nuit, tel le saint évcque, envoyé par Dieu, a dissipé dans son diocèse de Noie les ténèbres de rignorance et de l’idolâtrie'. Après avoir été allrancbi de la vie terrestre, Félix conserve ce rôle d’étoile bienfaisante. Mais rien ne prouve que Paulin place le défunt évoque de Noie parmi les étoiles, comme certains auteurs cbrétiens devaient mettre des patriarches dans le Zodiaijue et des anges dans les planètes^. L’ancien élève d’Ausone a conservé, malgré sa conversion, des habitudes de rhétorique ; c’est le rhéteur plutôt que le théologien qui fait de l’âme de Félix la slelki loci, l étoile

protectrice de Noie.

VT

Rareté des allusions à l’astrologie chez les auteurs gallo-romains, chrétiens ou païens, de la fin du IV° siècle et du commencement du V".

Sur les cinquante lettres de Paulin qui nous ont été conseivées, quatorze sont adressées à Sulpice Sévère, 1 ami le plus ancien et le plus cher de l’évêque de Noie. Né en Aquitaine vers l’an 36o, Sulpicius Severus, avocat et juriste réputé, quitta le monde à la mort de sa jeune femme. Il suivait ainsi 1 exemple de son ami Paulin, qui déjà, sans attendre d’être veuf, s’était retiré dans la vie religieuse. nouveau converti s’attacha à saint Martin, évêque de Tours, qui exerça sur lui une profonde influence. Il mourut vers 4io, après avoir publié un certain nombre d’ouvrages pendant les premières années du v' siecle.

Dans le second de ses deux livres de Chroiiica, — abrégé de l’Ancien Testament et de l’histoire de l’Église jusqu à 1 an 4oo, Sulpice Sévère parle souvent d’IIilaire de Poitiers, qui fut

I, Carmen xix, v. ai 9 :

Ergo ubi Nolanis Félix ut Stella lenebris Fiilsit ab ore Del venàms, verbumque medendi Ore gerens, lanquatn ventura Sole serenus In matutino laetum jubar exserit orlu,

Phospliorus, occiduisque novus praefulget in astris,

IVuntius instantis cessura nocte diei...

a. Bouché-Leclcrcq, L’Astrologie grecque, p. fiaS.

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célèbre par ses polémiques contre les doctrines ariennes. Evêque de sa ville natale en 35o, il figure à ce titre au concile de Béziers (350), où il combat l’évêque arien d’Arles, Saturnin. Exilé en Asie par l’empereur Constance II, protecteur de Saturnin, Hilaire rentre dans les Gaules vers 36o, remonte sur son siège épiscopal à l’avènement de Julien et meurt vers 370, n’ayant cessé de combattre l’arianisme jusqu’à ses dernières années.

11 est à remarquer que dans les divers traités qui nous restent de ce polémiste que l’impétuosité de son éloquence avait fait surnommer par saint Jérôme « le Rhône de l’éloquence latine»', l’adversaire de l’arianisme ne combat nulle part l’astrologie qui, apparemment, ne donnait point de prise à ses attaques. Hilaire fait simplement une profession de foi où il déclare que le cours régulier des astres n’est pour lui qu’une preuve de la toute-puissance de Dieu. Les constellations des Pléiades et du Chariot et la planète Vénus accomplissent leurs évolutions suivant les ordres divins 2. Le soleil et la lune n’ont sur l’homme qu’une influence physique : le soleil nous brûle, la lune nous glace 3. Hilaire ne semble même pas admettre que les astres aient jamais pu être chez les païens l’objet d’une superstition spéciale. Parmi les faux dieux dont il donne le catalogue, il cite le ciel, l’air, les eaux, les métaux, les arbres, les rochers, les morts devenus des héros '*. Quand il célèbre la puissance de Dieu établie sur toutes les nations, le commentateur des Psaumes dit que les temples des faux dieux ont été détruits et leurs statues renversées, que rintervention des

r. Comment, ad Gai., lib. II, Praef. : Eloqiicntiae latinae Rhodanns.

2. De Trihilaie liber XII, lui (Mignc, Patrologie, t. X, col. i!i67) : Religiosa est fides uhi est etiam naturalis inscienlia. Nam, cum erexi in caelum tinim hos litminis mci infirmes oculos, nihil aliud esse qaam caelum tinim credidi. Uos enim aslri feras in eo circulas et annuos recursus et vergilias et septemtrionem et luciferum, diversa ministeriorum suorum sortitos officia conspiciens, Deum te in his, quorum intellegentiam non complector, intellego.

3. Tractatas in exx Psalmum, r? (Mig;ne, Patrologie, t. IX, col. 65g): Elementorum horum nalura hanc in se efficientiam hahet, ut unumquodque eorum in suo tempore humanorum corporum vires per demutationcm imbecillne in nobis substantiae infirmet, ut sol ralore, luna frigore adurat.

fl. Tractatus in i.xv Psalmum, 7 (Migne, PatroL, t. IX, col. haq) : Alii solum caelum, quia igneum sit; alii aéra, quia motu ac naturà indissecabili circumferalur ; alii aquas, quia indefesse fluant, Deum nuncupant. Plures terme mctalla, robora, scopulos, herbas, deos adoraverunt. Nonnulli deos esse mit pulrefactorum corporum ossa. aut deflagrantiam rngorum busta mentiti sunt : horum omnium conditorem Çeum nescientes. — 17 (col. /|3i): Non utique illos, quos deos putabatis, heroum nomina, vel elementorum crentiones, vel materiem metallorum.

i/astrüi-ogie chez les gali.o- kom vins

saints a réduit les liaruspices au silence et ruiné l’autonte des augures - ; il ne mentionne pas la destruction de la superstition astrologique en même temps que celle de l augurât et de 1 ha

ruspicine. .

Dans son Commentarius In Mathaeam, il semble qu Hilaire

aurait dû être amené à discuter les doctrines astrologiques dans leurs rapports avec l’orthodoxie chrétienne, à propos de l’examen du passage où l’évangéliste dit que les Mages ont vu en Orient l’étoile du Christ et, guidés par l’étoile, sont venus adorer le roi des Juifs^. Mais le commentateur se borne à une explication allégorique : si les Mages ont été les premiers à apercevoir l’étoile, cela veut dire que les gentils croiront en Jésus-Christ, que les hommes les plus éloignés de la connaissance de Dieu connaîtront la lumière qui a brillé au moment de la naissance du Sauveur^.

L’examen des œuvres d’Hilaire permet de conclure que l’évêque de Poitiers ne s’occupe jamais de l’astrologie et éAite les occasions on il aurait pu exposer ses idées sur les rapports de celle science avec les dogmes du christianisme.

Le disciple et l’ami de saint Hilaire de Poitiers, saint Martin, évêque de Tours, n’a pas eu, lui non plus, dans son apostolat très actif, à s’occuper de combattre la croyance à 1 astrologie.

Fils d’un tribun des soldats, qui était païen, Martin, né en Pannonie, vint, après avoir été libéré du service militaire, résider auprès d’Hilaire à Poitiers; il suivit son maître en exil, rentra avec lui dans les Gaules et fonda le monastère de Locociacum (Ligugé). Élu, malgré lui, évêque de Tours, en 871,

il mourut à la fin du iv" siècle.

Saint Martin n’a laissé aucun ouvrage. On ne saurait s en étonner. « Cet ancien soldat — dit M. Boissier^ — était fort

I. Traclntus in c^xxvII Rxaliniiin. io(.Mifîne, Patrol., l. IX, col. 789): Templa collapsa <iant simulacrn miitata siint, haruspices interventii sanctorum silent, aiigurum fides fallil.

i Mathieu, ii, verset 2. — Voir, dans V Astrologie grecque de Bouché -Leclercq, <( L’astrologie et l’orthodoxie chrétienne; l’êloile des Mages, » p. Cog-fiii.

.3 Commc’ntarius in Mathaeam, I, 5(Migne, Patrol., t. IX, col. 922): Stellae autem orlus primum a Magis intelleclus indicat inox gentes in Christum credituras et honiines professionis longe a scienlia divinae cognilionis aversae lumen quod slatim in ortu ejus exstitit cognitaros.

4. Boissier, La fin du paganisme, t. Il, 1. IV, chap. ii, p. 53.

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illettré, ce qui n’empêche pas que toute une littérature soit née à côté de lui et de son inspiration. » Sulpice Sévère est le premier et le plus important des auteurs qui se sont consacrés à perpétuer le souvenir de l’évêque de Tours. Nous avons de lui une Vita Sancti Martini où le merveilleux abonde. Le biographe attribue à son patron une foule de miracles magiques dont il se complaît à décrire tous les détails.

Durant son sommeil, Martin voit lui apparaître Jésus-Christ entouré de la multitude des anges'; en état de veille, il rencontre sur son chemin le diable, qui a pris la forme d’un homme, qui le menace et qu’il met facilement en fuite par une citation des psaumes». Par la prière, Martin guérit une jeune fille mourante 3, se guérit lui -même d’une cruelle maladie^, ressuscite un catéchumène mort à la suite de fièvres violentes ^ et un esclave qui s’est suicidé 6. Son baiser de paix fait disparaître le mal horrible qui rongeait un lépreux’. Par le signe de la croix, qu’il trace en l’air, il contraint à s’arrêter des paysans suspects de célébrer une procession païenne; et, quand bon lui semble, il leur permet de se remettre en route 8. Il détruit nombre de temples des faux dieux malgré la résistance de la rusticu multitudo ; quand cette résistance est trop forte, des anges armés de piques et de boucliers se présentent à lui, annonçant qu’ils ont mission de le protéger dans sou œuvre sainte

Martin délivre les démoniaques et chasse les esprits immondes. Placée sur la poitrine d’une jeune fille malade, une lettre écrite par l’évêque de Tours fait immédiatement disparaître la fièvr^e Grièvement blessé à la suite d’une chute dans un escalier, le saint est mis hors de danger par un baume salutaire que les anges répandent sur son corps tout couvert

1. Vita S. Martini, ni, 3 (édit, de G. Halm, Corpus Scriptorum Ecclesiasticorum Latinorum, Vindobonae, i8CC).

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