‹ L'Astrologie chez les Gallo-RomainsChapitre 59 sur 151 · Bellanger, ouvr. cité, p. g · texte numérisé non relu

Bellanger, ouvr. cité, p. g

l’astrologie chez les GALLO-nOMAlAS

Dans le Commoniiorium, Orientius « a entrepris d exposeï méthodiquement quelques règles essentielles ponr la direction de la vie et declairer l’homme sur sa destinée»-. H met en garde les fidèles contre tous les crimes, toutes les erreurs, toutes les vanités ; fauteur du poème veut, grâce à ses conseils, donner à son fidèle lecteur le pouvoir de fouler sans danger le cou verdâtre du serpent". Il est remarquable que le Commonitorium ne cite pas la persuasion de s’adonner aux pratiques de l’astrologie parmi les pièges que le tentateur se plaît a dresser à la créature humaine. Dn seul vers fait allusion aux astres à propos des biens dont l’homme a été entouré^ par Dieu : « Pour toi, la voûte du ciel, l’étendue de la terre, 1 équilibre de l’air et les flots de l’Océan... Pour toi, le soleil resplendit, les astres étincellent, la lune répand sa rougeâtre lumière^. » La nature entière est créée pour l’homme ; Orientius donne évidemment à entendre que l’homme ne doit pas adorer le

soleil, la lune et les astres et leur attribuer une autre propriété que celle de l’éclairer; mais il n’insiste pas, il ne semble pas admettre que, séduits par le tentateur, quelques-uns des humains se soient laissés aller à l’astrologie ou à f astrolâlrie.

Le meilleur manuscrit d’Orientius, celui de Saint-Martin de Tours, qui se trouve aujourd’hui à la Bibliothèque lSationale^ contient et attribue avec vraisemblance â fauteur du Comnio-

nitoriam deux Orationes qui se composent de soixante -deux sénaires iambiques^. Dans la première de ces pièces, il est question des prières que les astres adressent à Dieu : « G est toi qu’invoquent et le Soleil avec sa sœur qui se renouvelle chaque mois, et les Pléiades, et Orion, et l’étoile du soir et celle du matin, et toutes les gouttes qui étincellent à la voûte

I. Bellangcr, ouvr. cité, p. 229- — N oir tout le chapitre « Doctrine et sentiments d’Orientius » (p. 229-201).

Page 1