‹ L'Astrologie chez les Gallo-RomainsChapitre 89 sur 151 · Anios, V, verset a · texte numérisé non relu

Anios, V, verset a

2. Voir Uouchc-Lcclcrcq, L’Astrologie grecque, p. 196, ru 2 ; p. 478, n. i ; p.483, n. 3.

3. Lcnain de Tillcmont, Mémoires pour servir à l'Histoire Ecclésiastique, t. Vlll, Bruxelles, 1732, p. 207-208. — L’ « hérésie des Priscillianistes» est longuement racontée, p. 207-222.

4. Bouché-Leclerc»!, L’Astrologie grecque, p. 32o, n. i ; p. üi5, n. i ; p. 623, u. i ; G24, U. 1.

H. UE LA VILLE UE MiUMOMl'.

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Aquitaine; il avait été expulsé de Bordeaux par l’évêque saint Delphin, et il avait eu à lutter contre saint Phébade, évêque d’Agen. 11 avait lait des prosélytes et des martyrs. La Chronique de saint Prosper rapporte qu’en 386, sous le consulat d’Honorius et d’Evodius, une femme nommée Urbica, qui professait à Bordeaux l’bérésie de Priscillien, excita par l’opiniâtreté de son impiété une sédition où elle mourut, lapidée par la populace*. L’année précédente, Priscillien avait été condamné lui-meme par un concile tenu à Bordeaux; peu de temps après, l’empereur Maxime le fît mettre à mort, ainsi qu’un certain nombre de membres de sa secte. Ces exécutions sanglantes, que les évêques accusateurs de l’bérélique avaient provoquées, furent sévèrement blâmées par saint Martin de Tours, qui, dit Bayle, « refusa de communiquer avec les évêques qui avaient poussé Maxime à ces violences; et, s’étant laissé extorquer un acte de communion avec eux, il en fut très affligé tout le reste de sa vie, et il crut même que ce fut pour celte raison que la grâce des miracles ne battit plus que d’une aile en sa personne 3. » •

C’est peut-être à cause de sa profonde pitié pour Priscillien, condamné principalement comme coupable de pratiques d’astrologie, que l’évêque de Tours, qui ne se lasse pas de confondre le diable, les faux prophètes et les magiciens, évite de triompher des Mathematici et des Chaldati. Sulpice Sévère, qui, dans les derniers chapitres de sa Chronique, raconte avec une grande tristesse l’histoire du priscillianisme et de la cruelle répression ordonnée par l’empereur Maxime, ne cite pas, on Ta vu, un seul épisode de la Vila Sancti Martini, où son héros ait eu affaire aux astrologues.

Les auteurs ecelésiastiques gallo-romains semblent avoir honte de l’émeute suscitée à Bordeaux contre Urbica et de l’exécution de Priscillien. C’est, apparemment, le souvenir de ces atrocités dont avaient été victimes des hérétiques

1. .s. Prosperi Chronic. (Mignc, Palrologie, t. LI, col. 586) : Bardegalae, quaedam Priscilliani discipula, nomine Urbica, ob impistatis pertinaciam per seditionem valgi lapidibus exslincta est.

3. Hayle, Dictionnaire historique et critique, au moi Priscillien. — Cf. Sulpice Sévère, Dial, [11, xi-xiii.

L^\STR0LÜG1E CHEZ LES G A LLO - KOMAINS

suspects d’astrologie qui empeche aussi bien l’évêque d Auch, Orientius, que le moine de Marseille, Cassien, de parler des superstitions astrologiques dans les « avertissements » adressés aux laïques et dans les « institutions » destinées à instruire et à édifier les cénobites.

Le De Providenlia est postérieur au Commonilorium. M. Bellanger a utilement relevé quelques passages qui ont des traits de ressemblance dans les poèmes d’Orientius et de Prosper, et il incline avec raison à croire que c’est le poète d’Aquitaine qui a imité l’évêque d’Auch

Le Ccwmen de Providentiel donne lui -meme 1 indication de la date où il fut composé. Dans le prologue, l’auteur se fait adresser la parole en ces termes par un interlocuteur imaginaire : « Voici déjà écoulée la plus grande partie des mois de l’année, et tu n’as pas écrit une seule page de vers=*. Quelles sont les causes d’un si long silence ? Quelle douleur a accablé ton esprit affligé?» Les' hommes qui ne veulent pas admettre que la Providence règle les événements du monde demandent au poète pourquoi Dieu a permis tant de malheurs : « Si l’Océan tout entier avait inondé les campagnes de la Gaule, ce désastre aurait détruit moins de troupeaux, moins de champs de blé. Nous n’avons plus de vignes, ni d’oliviers. Les édifices ont été ruinés par la violence du feu et de l’eau. Quelques-uns

spectacle plus triste! — subsistent abandonnés et désolés.

Tels sont les malheurs qu’il a fallu supporter! Voilà dix ans de meurtres, dix ans que nous sommes mis en pièces^par les "laives des Vandales et des GètesA Châteaux construits sur

les rochers, citadelles bâties sur les hautes montagnes, villes situées auprès des fleuves qui se jettent dans la mer, rien n a pu échapper aux ruses et aux armes furieuses des Barbares.

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