‹ L'Astrologie chez les Gallo-RomainsChapitre 91 sur 151 · Voir Valentin, Saint Prosper d'Aquitaine, p · texte numérisé non relu

Voir Valentin, Saint Prosper d'Aquitaine, p

7. Voir Valentin, Saint Prosper d’Aquitaine, Excursus n» 18, « Imitations de Virgile dans le De Providentia, » p. 893-894.

l’astroi.ogie chez les gallo-romains /

l’auteur du De Ingratis, alors qu’il ne s’était pas encore dégagé des influences de l’école.

Le jeune scholasücus veut. faire mieux qu’Orientius, dont il s’inspire. Les Priscilüanistes bordelais, qui se souviennent de la sédition soulevée par la populace orthodoxe et du meurtre d’Urbica, lapidée , par la foule, alTectent de voir dans les malheurs de la patrie la preuve que la Providence divine n’existe pas, ou que, tout au moins, son pouvoir est inferieur à celui des influences sidérales : Prosper les combat avec la violence propre à un jeune homme de vingt-cinq ans. Les Priscillianistes prétendaient que Dieu, qui a dû laisser dévaster par les Barbares la province où s’est réuni le concile qui a condamné Priscillien, est moins puissant que les astres, seuls maîtres des destinées humaines : Prosper s’indigne contre ces doctrines impies, et ne craint pas de rappeler quel châtiment a frappé les adorateurs de l’astre Rempham, du Soleil, de la Lune et de l’armée céleste des étoiles.

Orientius, plus âgé, sans doute, et assurément plus prudent que le jeune scholaslicus, évitait avec soin, dans son Commonitorium, de s’engager sur ce terrain dangereux ; il ne faisait aucune allusion précise aux doctrines astrologiques qui s étaient développées dans le midi de la Gaule à la fin du iv® siècle.

Vingt ou trente ans environ après le Commonitorium et le Carmen de Providenlia, Salvien reprenait en prose dans 1^ De Gubernalione DeD le sujet qui avait été traité en vers par Orientius et par Prpsper. Le « saint et éloquent prêtre de Marseille » entreprenait de répondre aux objections des Christiani infidèles dont la piété, découragée parles progrès incessants des Barbares et les malheurs des invasions qui continuaient de désoler le monde romain, ne voulait plus croire à l’existence d’une Providence soucieuse de protéger les croyants de l Empire contre les païens du dehors. Le De Gubernalione Dei s et- ' force de justifier la Providence et de démontrer que la volonté divine est toujours occupée à gouverner les destinées humaines. Dieu fait triompher les Barbares, parce que leurs vertus leur

I. Ebert {Hist. litt., t. I, -'iSy, n. i) prouve que le De Guhernatione a été écrit après 43y et avant 45 1.

bUJUOTUÈQLE DES U.MVEHSITÉS DU MIDI

méritent le succès; il accable les citoyens de l’Empire, parce cpie leurs crimes et leurs vices leur attirent un juste châtiment.

Salvien reproche aux consuls de nourrir encore des poulets sacrés suivant les rites impies du paganisme. Les Romains tirent encore de^ augpres du vol des oiseaux et sont encore esclaves de toutes ces superstitions que les anciens païens, eux -mêmes, estimaient si vaines et si ridicules*. En Afrique, la plupart des chrétiens professent le paganisme : on adore à Carthage un démon africain, une prétendue dea Caeleslis^. Mais, parmi toutes les pratiques impies qui déshonorent le christianisme, Salvien ne mentionne nulle part l’astrologie. Il parle longuement de l’immoralité qui déshonore l’Aquitaine et l’Espagne. Chez les Aquitains, chaque ville est devenue un lieu de prostitution. C’est à cause de leurs scandaleuses débauches que les Espagnols ont été livrés par la colère céleste à la domination des Vandales^.

L’auteur du De Gubernaiione Dei ne dit rien de l’héresie des Priscillianistes dont la propagation en Aquitaine et en Espagne aurait pu être regardée comme une des principales causes des châtiments inlligés par Dieu à ces deux pays. Et, cependant, au moment où il accusait les consuls de Rome de demander

des augures aux poulets sacrés et les habitants de Carthage

d’adorer la dea Caelestis, les excès du priscillianisme obligeaient le pape Léon à charger Turibius, évêque d’Astorga, de réunir un concile en Espagne : le nouveau concile de Tolède confirmait, en l’an 447, anathèmes prononcés par celui de l’an 4oo contre les adorateurs du Soleil et de la Lune, de l’armée céleste et de l’astre Rempham.

Le De Gubernatione DeD garde au sujet de l’hérésie astrologique la môme réserve qui avait été observée par le Commonilorimïi d’Orientius. Il fallait toute la fougue imprudente de la vingt-cinquième année pour oser consacrer un long épisode

I. De Gubernatione Dei (Salviani presbyteri Afassiliensis Opéra quae supersunt, édit.

Pauly, Corpus do Vienne), vol. VHI, vi, u, la.

a. De Gubernatione, VIII, ii, 9.

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