‹ L'Astrologie chez les Gallo-RomainsChapitre 92 sur 151 · De Gubernatione, VII, vu · texte numérisé non relu

De Gubernatione, VII, vu

4. En outre du De Gubernatione Dei, les Salviani Opéra quae supersunt comprennent quatre livres Ad Ecclesiam, intitulés aussi Adversus avnritiam, et un Liber F^pistularum, II n’est pas question d’astrologie dans ces ouvrages,

i/astrologte chez les gallo-romains *‘9

du CarLn de Providentia à rappeler les erreurs et à célébrer le châtiment d’hérétiques qui avaient été dans 1 histoire e VÉo-lise les premières victimes immolées au fanatisme re i ■>ieux. Les auteurs ecclésiastiques gallo-romains du V siecle ont fait le silence sur ces déplorables événements. On est en droit de supposer que, plus tard, regrettant son emportement malencontreux, Prosper ne recueillit pas son poème de jeunesse dans l’ensemble de ses œuvres et que c’est pour ceUe raison que le Carmen de Providentia est placé parmi les SancU Prospert opéra iiicertae aixclorilalis .

Les allusions à l’astrologie dans les poèmes gallo-romains de la première moitié dn v siècle imités de divers livres de la Bible, en particulier de la Genèse.

Pendant la première moitié du v" siècle, un certain nombre de poètes chrétiens, dont plusieurs appartiennent à la Gaule, ont rédigé en hexamètres latins soit le résumé, soit la paraphrase de divers livres de la Bible, en particulier de la Genèse.

Les poèmes qu’on peut avec vraisemblance attribuer à des auteurs gallo-romains sont V Heplaleuchos Gypriani Galli poctae, les Versus Gypriani ad quemdam Senatorem ex christiana religione ad idolorurn servitutem conversum, VAlelhia Claudii Marii Victoris, oratoris Massiliensis, le Metrum Sancti Hilarii in Genesim, les Versus Sancti llilarii de Martyrio Maccabaeorum, le Carmen Sancti Hilarii de Evangelio, et deux ouvra f^es d’un auteur inconnu. Versus de Sodoma et De Jona

propheta ' .

Vlleptateuchos, œuvre d’un Gallo-Romain dont on ne connaît que le nom, Cyprianus, semble être le premier en date de ces poèmes bibliques. On y trouve des réminiscences des Panégyriques composés par Claudien en SgS et en 897 pour célébrer

I. Je cite tous ces poèmes d’après les textes qui en sont donnés par le Corpus de Vienne. VAlethia. éditée par G. Schenkl, se trouve dans le volume XVI (i888); les autres ouvrages, édités par R. Peiper, dans le volume XXlll (1891).

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les troisième et quatrième consulats d’Honorius. Par contre, l’œuvre de Gyprianus a été imitée par Glaudius Marius Victor, qui mourut avant l’an 45o> : la date de sa composition se place donc entre Sgy et 45o, au plus tard.

Peiper se plaît à constater là vaste lecture de Gyprianus, qui imite une foule d’auteurs classiques, depuis Lucrèce jusqu’à Stace et Silius Italicus. Il convient, en effet, de reconnaître que, dans les 5,55o vers dont se compose Y Heplaleuchos, on relève de très nombreuses imitations, faites généralement sans mesure et sans discrétion et parfois sans intelligence. Ainsi, le poète veut mettre en vers le passage du Décalogue où il est dit: « Souviens-toi du jour du repos pour le sanctifier... Le septième jour est le repos de l’Éternel ton Dieu... G’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du repos et l’a sanctifié =*. » Mais il est obsédé par le souvenir de ces paroles que l’Énée de Virgile adresse aux Troyens pour leur rappeler que douze mois se sont passés depuis la mort d’Anchise : « Voici le jour, si je ne me trompe, qui doit être pour nous à jamais cruel, à jamais honoré : ô dieux, vous l’avez voulu ainsi 3. » Par une étrange contaminatio du texte de V Exode avec celui de VÉnéide, Gyprianus écrit que le septième jour est un jour de fête, à jamais cruel, à jamais honoré, qui est sanctifié par le Seigneur^. On nê comprend pas pourquoi le jour du repos doit être regardé par les Israélites comme un jour cruel.

Dans V Heptaleuchos, les fautes de prosodie ne se comptent pas; la versification est misérable, encombrée de banales épithètes de remplissage. Ainsi, dans la Bible, l’Éternel dit à Josué, après la mort de Moïse : « Maintenant donc, lève-toi,

I. Voir Peiper, Corpus, vol. XXIII, Prooemium, p. xxv. — St. Gamb3r, Le livre de la Genèse dans la poésie latine au v‘ siècle, Paris, 1899, p. 7-8.

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