‹ L'astrologie grecqueChapitre 119 sur 360 · LES DÉCANS HELLÉNISÉS OU PLANÉTAIRES · texte numérisé non relu

LES DÉCANS HELLÉNISÉS OU PLANÉTAIRES

très claire, ou les extraits qui nous restent de ses scolies ont été découpés un peu à l’aventure. Autant que je puis l’entendre, le système superpose au Zodiaque trois espèces d’influences : celle des décans, celle des astres qui se lèvent en même temps (Tiapava- ■lÉXXovtsç) et celle des « personnages » ou « ligures » (TipôcrojTra! qui sont accolés aux planètes, sinon confondus avec elles. Celte triple série d’agents paraît composée des décans et d’hypostasés ou émanations des décans; les décans en haut, les paranatellons au niveau du Zodiaque et les « ligures » planétaires au dessous. Soit, dit Démophile, le cercle zodiacal partagé en 30 fractions de 10 degrés (osxavoî). « Sous ces décans se trouvent les (astres) U mentionnés comme paranatellons dans le Zodiaque, et il y a « aussi les ligures des sept planètes, qui ont une certaine allinité « avec les planètes auxquelles elles sont attribuées. Supposez le « Soleil dans le Bélier, au degré 10, premier décan, ligure de « Mars. Puisque nous avons dit que le Soleil indique les aptitudes « psychiques, vous trouverez l’âme du sujet virile, irascible, « belliqueuse^ ambitieuse, et autres traits de ce genre. Soit main- « tenant le Soleil dans le degré 20 du Bélier, deuxième décan, « figure du Soleil ; le sujet sera ambitieux, glorieux, mais non « plus belliqueux. Plaçons encore le Soleil au degré 30 du Bélier, « troisième décan, ligure de Vénus. Il présage un sujet à l’àme « eftéminée, à formes féminines, de mœurs honteuses, lascif et « ainsi de suite. Voyez comment un signe unique recèle trois « diflérences, rien que pour les qualités psychiques *. »

1. l TTÔXî'.vxa'. xo’jxoi; xoti; Ô2xavoTî ol £ÎpT||j.Évoi sv xw ÇwStaxcI) x'jxXw xapavaxéX^^ovxîi;, èyov’ji ôz xal x:pôjo)T:a xwv àxxÉpwv a xtva c’jp-Tîiôaav v/O'j^i ~pô; xoOî ST:'.xfi]j.£vou; a’jxoïç àaxspa; xxX. (Schol. Dcmoph., ap. Porphyr., Isag., pp. 199- 200). Ce texte ambigu, que chacun corrige à sa façon, prête à des discussions sans fin. Que sont au juste ces « paranatellons » qui sont confondus avec les "npoxon^a dans le titre de l’alinéa (~cpî xwv X;' Scxavwv xal xôjv ~apavaxîXXôvxwv aûxoïî [xa'i acid. Salmas., p. S34] -TtpoxwTtüv) et en sont distingués à quelques lignes de distance? Scaliger (/« Manil., p. 298) conclut sans hésiter que les xiapavaxsXXovxcç (àsxspsî) sont les planètes qui se lèvent en même temps que les décans-signes de Manilius et identiques aux Trpôxw-a. 11 a pour lui la grammaire, àaxspei; au masculin désignant ordinairement les planètes. .Mais il a contre lui 1 usage astronomique d’appeler « paranatellons » des étoiles fixes, dont le lever est en rapport synchronique avec une partie désignée du Zodiaque, usage que n’inürme pas l’emploi accidentel de ■;:apavax£XXovx£; pour designer des planètes qui se lèvent au moment d’une éclipse (Ptol., Telmb., H, 6. Cf. ci-après, ch. xi). Les figures planétaires incrustées dans les décans ne sont pas des planètes se levant réellement avec eux. Saumaisc {De annis clim., Pract. et pp. 552 sqq.) raffine, suivant son habitude. Pour lui, les ~apavaxéXXovx£; sont les Xî'.xo'jpyol de Firmicus : lerua niimina decanis singulis

lo

226 ClIAP, vil. — COMBINAISONS DES SIGNES ET PLANÈTES

Dans ce passage, le scoliaste, ou celui qui a découpé les extraits, a oublié de tripler chacune de ces « trois différences ». Il ne parle absolument que de l’influence des hypostases planétaires, qui ne diffèrent en rien des planètes elles-mêmes. G est qu’en effet, de toute cette métaphysique, partie d’un principe faux, — puisque la plupart des décans étaient eux-mêmes à l’origine en dehors du Zodiaque et « paranatellons » des signes, — embrouillée et incohérente, il ne resta qu une idée, fausse également, mais claire ; à savoir, que les décans du Zodiaque étaient les planètes elles-mêmes, affublées de « figures » qu on ne leur connaissait pas autrefois, mais conservant leur tempérament traditionnel h Les adaptateurs avaient, du reste, fait litière de la tradition égyptienne qu’ils prétendaient s’assimiler, et c est tout à fait par hasard que, de temps à autre, leurs décans planétaires ressemblent par quelque trait à leurs prototypes égyptiens. Ils ont dû commencer par identilier le premier décan du Cancer — qui était Sothis (Sirius), étoile déjà assimilée à Isis ' — avec Vénus, planète féminine en tête d’un signe féminin, et laisser couler à la suite la succession des séries septénaires. Cette suc-

applicarunt, quos munifices appellandos esse voluerunU x. e.

ut per signa singula novem possint munifices inventri, division qui cHe-

même subdivisée per infmitas numinum potestales (Firniic., II, 4, 4-5 Kro 1.

Cf supra, p. 217). Laissons de cèté les objections, qui ne manquent pas.

LZse n' veut pas cependant que chaque décan soit sub ivisé en tiers :

il lui faut la division décimale en degrés. Comme Démophile

ment la « figure » aux degrés 10, 20 et 30, Saumaise suppose que «

3 degrés à chacun de ses serviteurs et trône lui-meme e

magister et dux eorum decimo loco cujusque Decadis sedem videtm habmsse

P '^5 5 : les décans sont à la queue du peloton Zl (p. 556), et c’est là qu’ils ont par excellence f ^

bien âe l’esprit employé à ressouder les morceaux ^

I ’imnortant, si quelque chose importe ici, c’est que, sans nu doute, les poàentle, nom, de, planète, : ce sont le, décan, . degu.,é, . en

"'TTy a là nne équivot,nc ,oigneu,cme„t enlrelenue. Finnleu, ne dit pa,

x(T) Çwôiw (Schol. Arat., 1, p. 372 Buhlc). v-ft,. ôè

2Slx\î 6è irap’ aôxoî; èaxlv àax7.p alyuiixtaxi icaTtOuixevoç -coOi,,

, , J., } Ra!I'.>v^Û£lv xüv Ttorawv àsxipwv (llorapoll., 1, 3). V

(Schol. Germanie., p. 415 Eysscnhaidt).

LES DÉCANS PLANÉTAIRES

cession amenait an premier décan du Bélier le Soleil, qui y a son ü'Vwpx, au premier décan du Taureau la Lune, qui s’y « exalte » egalement, et 1 année finissait comme elle avait commencé, par un décan de Vénus, la bienfaisante Vénus, qui se trouvait avoir ainsi, pour la plus grande joie des mortels, deux décans contigus. Seulement, il fallait pour cela placer le commencement de tannée au lever du Cancer, à la mode égyptienne; et c’est sans doute ce que ne voulut pas admettre Teucros de Babvlone ou le « Chaldéen » quelconque auteur de l’adaptation. Celui-là voulut commencer 1 année par le Bélier, à la mode chaldéenne et romaine, que les effrontés et insatiables « Égyptiens » prétendaient aussi avoir inventée L Comme la concordance de Sothis avec les premiers degrés du Cancer était un point de repère fixe, de notoriété publique, et qu’il n’y avait aucun intérêt à le déplacer, 1 adaptateur dut poursuivre la série en reculant vers le Bélier, dont le premier décan se trouva être affecté, comme le dernier des Poissons, à la planète Mars. Les astrologues trouvaient toujours après coup des raisons pour justifier les fantaisies \oulues ou imposées par la géométrie. Ils en alléguaient une excellente pour mettre Mars à la tête du Bélier, (jui était luimême la « tête du monde » : c’est que le Bélier était le domicile (o’.xoç) de Mars et que la belliqueuse planète était en conformité de goût avec le hargneux et belliqueux Bélier ^

Quoi qu il en soit, cette ordonnance est celle qui a prévalu et la seule dont parlent les auteurs. Voici le canon des décans planétaires, d après les listes concordantes de Firmicus, de Paul d’Alexandrie et de Démophile ^ (fig. 28 et tableau annexé) :

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