CHAPITRE VHI
HAIT’OKTS
DC i‘()smox jji:s luNTUE KLLi:s
i‘LAM‘:n:s
Il ne s’agit plus maintenant de recenser les droits fixes attribués une fois pour toutes aux planètes sur les diverses parties du Zodiaque, mais de considérer les rapports de position respective, accidentels et transitoires, que leur crée leur mouvement propre. Chaque planète ayant une vitesse dillérente et une orbite inégale, ces rapports sont incessamment variés et en nombre tel que les astrologues n’ont pu céder à la tentation de les utiliser tous.
En règle générale, ces rapports sont créés par la présence réelle des planètes dans les positions indiquées ou par l’aspect substitué à la présence réelle. Ils sont censés produire des ell'ets presque toujours définis comme des sentiments ou des actes, en dehors de toute explication mécanique. Nous sommes en plein anthropomorphisme. Eliminer les motifs psychologiques serait supprimer le chapitre entier. Nous l’allégerons tout au moins, en rejetant dans les considérations accessoires la plupart des efi’ets dont la cause elle-même est un sentiment préexistant à la position, et en tenant pour suffisamment connus les aspects et les phases, rapports élémentaires qui entrent dans toutes les autres combinaisons.
Les rapports oi'i la position n’est (fu’une cause seconde dérivent tous ou à peu près tous de la théorie des domaines planétaires’.
1. Ce sont les rapports qui tiennent aux titres de propriété des planètes. Hospitalité réciproque dans le cas d’ èva>,>,ayT| ou [xz-zoiXXjiyr, {receplio), déjà visé ci-dessus !p. 240, 1). L’ [immufalio) figure à chaque instant
dans les pronostics, avec des effets divers suivant que les hôtes qui échangent ainsi leurs domiciles sont sympathiques ou antipathiques (Maneth., I, 302. IV, 182, 189, 202, 2'iO. VI, 242, 367, 467, 30,7, 670. Firmic., II, 29, 19 Kroll; Vil, là Pruckner). .Vinsi. la combinaison la plus favorable au mariage est ovav cvaAÀa;w!Ti ô [xÉv T,Xio; xf, ïcXt,vti, t, Sâ -cXt,vt, to) t.Xîw Anon., p. lo3: id., p. I.7Ü). Ptülémée mentionne de temps à autre l’énallage, v. g., ô rf,; Ç)
242 ClIAP. VIII. RAPPORTS DE POSITION DES PLANÈTES
Nous en garderons, à litre de transition entre le chapitre précédent et celui-ci, quelques échantillons, ceux qui ont trouvé place dans la Télvahihle. Nous aurons ainsi deux catégories de positions : celles qui ne se réalisent que par coïncidence avec des points d’attache ou domaines prédéterminés, et celles qui sont possibles sur tout le pourtour du Zodiaque indifleremrnent.
1. Ptolémée ne mentionne que trois cas de la première catégorie, et d’une façon très brève. Ce sont des rapports de position qui communiquent aux planètes des qualités ou dignités comparables à des titres honorifiques, définis par les noms bizarres de « ligures propres » (loiOTzpôaioTzx), de « carrosses brillants » (Xajj.- -•Tjvatj et de « trônes » (îjpôvoi).
1° On dit qu’une planète fait « figure propre » lorsqu’elle est actuellement avec le Soleil ou la Lune dans le même rapport de position ({ue son domicile propre avec les domiciles de ces luminaires. « Telle est, par exemple, Vénus », dit Ptolémée, c( lorsqu'elle est en aspect hexagonal avec les luminaires, mais à « la condition d’être vespérale par rapport au Soleil et matinale « par rapport à la Lune, conformément aux domiciles originels L » L’oracle de l’astrologie ne daigne pas toujours être clair, et le scoliaste, sous prétexte de préciser sa pensée, l’obscurcit. Suivant Ptolémée, il faut et il suffit que Vénus soit en aspect hexagonal — à 60 degrés — du Soleil on même de la Lune ponr être Io-otioojcoTOc:, à la condition que, s’il s’agit du Soleil, elle soit placée à gauche, comme l’est son domicile de la Balance par rapport avec le domicile du Soleil (Lion), et, s’il s’agit de la Lime, elle soit placée à droite, comme l’est son domicile du Taureau par rapport
xto |j.èv TOU ï) auvwv, ffua)''ri;jLaTil^<)!Xsvo;, è'^r^'k'kay ùx; toùî xo~ouî {Teh'ab.^ m, 11, p. 263 Jimctinus). Il y a aussi énallage, dans un sens plus large, quand la Lune et le Soleil sont logés chacun dans un signe de sexe contraire : ’Hv 5s x’ svaX>,o(|wc:t SeX-fivadïi [xâv stt’ âppsv, ] TisXtoç 5’ st:1 6f,Xu xîoXuÇôotaiv sir’ âcrxpoi; (Maneth., IV, 515-316). Sur l’espèce d’énallage antipathique produisant r àvxavatXucuî, voy. ci-après, p. 255. 11 y a tisxoxTi ou « participation » entre 'j’jvoi.xo5sCTx:oxa£, lorsque — par présence réelle ou par aspect — deux planètes se trouvent ensemble dans un signe qui est le domicile de l'iine et riiypsoma de l’autre. Joie ou tristesse d’une planète qui, occupant la maison d’une autre, n’est contente que si celle-ci est bien placée (Firmic., II, 20, 7-8 Kroll).
1. AÉyovxat 5è iS i o p6 a mtz o i ixlv oxav sxaaxo? aùxwv SiaffwÇTi itpôî © t, xal © gyrqiax’.a[j.ôv ovitsp xa't ot ahoi aùxoü irpôî xoùî èxeIvwv oÎxouç • oTov ô xf,î Ç>, Xôyou Ëvsxsv, oxav É^âywvov iroiïi -rcpàî xi çtôxa Stioxagiv, àlM lîpôç © [xèv étr-épioç wv, -irpèç Sè© Éwoç, àvcoXoûOwî xotî sÇ àp/f.? oïxotî {Tetrab., l, 22). Iléphestion (I, 19, p. 75 Engelbr.) répété Ptolémée presque mot pour mot : mais le texte d’Engelbrecht demande correction.
l’idiophosopie OL' figure propre
au domicile de la Lune Cancer *. Mais le scoliasle ne l’entend pas ainsi. Il suit l’opinion du grand nombre (ol TroXXoîj, et ceux-là exigent deux conditions de plus, à savoir : que la planète dite
totoTCpôcrtoTroç soit dans son propre domicile, et 2" qu’elle soit en aspect défini comme ci-dessus non pas avec le Soleil rm la Lune, mais avec le Soleil pA la Lune tout en restant vespérale par rapport au Soleil et matinale par rapport à la Lune. La question ainsi posée ne comportait guère qu’une solution pour chaque planète, et cette espèce d’honneur devait être assez rare. Dans l’exemple précité, il faudrait que Vénus fût dans son domicile du taureau, le Soleil étant dans les Poissons et la Lime dans son propre domicile du Cancer.
Obtenue de 1 une ou de 1 autre façon, I totoTipoucoTrla (^visio f'ncialis), en tant que vocable, reste inexpliquée. En quoi une planète dans la position susdite tait-elle une figure, un visage, un personnage « propre »? A-t-elle en propre de loucher sous un certain angle pour regarder à la fois les deux luminaires? Il y a là très probablement une équivoque voulue de la part de Ptolémée, un épisode de la guerre qu’il fait, par le silence, aux décans, aux entités divines, incorporelles, qui n’ont point de place dan.s^sa physique. On conçoit très bien qu’une planète soit qualifiée loio-p6ai^7zo^ quand elle est dans son propre 7rpoT(.')7rov, c est-à-dire dans son décan, sans autre rapport avec qui que ce soit. Ptolémée, qui ignore de parti pris les décans, a substitué à cette condition si simple une mixture de rapports géométriques qu il savait propre à dérouter ses adversaires « égyptiens » et <iue ses disciples ont peut-être compliquée encore. Cela fait, il gardait sans scrupule à ses lotoTioôjrwTrot le genre d’intluence propre aux décans, c’est-à-dire l’action sur les facultés psychiques ’L
Rappelons (voj. ci dessus, p. 174) que à droite signifie en avant dans le sens du mouvement diurne; à pauche = en annère.
2. 11 faut avouer que, dans le te.vte précité de Ptolémée, r. xai, qui se retrouve aussi dans le texte d’IIéphesüon, est équivoque et peut aussi s’inerpieei de cette façon. Ptolémée n’c.st jamais plus obscur que quand il dénature et déguisé quelque chose qui le gène.
déjà soupçonnée par Saumaise (qui n’v croit pas, laef fol. f 4), me paraît indubitable. Pour Ptolémée, P iSio-po5o>7:ta est un f ’ les positions qui font les âmes fortes et les esprits
lucides étant, suivant lui, ai àvavoXix.i xai ai iSio^oo-
pf ^'p . P- Junctinus). lia confisqué le mot tootoitov
ct^en a fait le synonyme de p/ipwe .• .:pôa ,o^a 5â (xaXn) xai XiSuxà
‘’ÿEpiou.; xal étiouç oiast; (.\non., p. lo6). l.e f5 visiblement forcé et trahit la iléformation voulue.
244 ClIAP. VIII. IIAPPOUTS DE POSITION DES PLANÈTES
Plolcinée ne Irouvail guère plus à son goùL les termes baroques de Aa;jL7rr,va'. et de &pôvot P N’osaiit les supprimer, il voulait tout au moins en faire des synonymes. Ils s’appliquent aux planètes qui ont deux ou plus de deux motifs de s’enorgueillir, quand elles se trouvent dans des domaines qui leur appartiennent à plusieurs titres, comme domicile, hypsoma, trigone, 6’pia et autres investitures analogues. Le scoliaste ^ prend la peine de rétablir la distinction que « le Vieux » a passée sous silence. Il nous explique que la dignité de « siège brillant » est au-dessus de celle de « trône », attendu que ce sont des noms métaphoriques empruntés à l’étiquette des magistrats, et (jue la XapTr/^T, est un siège élevé, en argent; le Srpôvoç, un siège en bois et moins haut. Porphyre, acceptant la synonymie, ne parle que des XapTr-7;vai, ajoutant que les planètes ainsi honorées ont une puissance exceptionnelle et la gardent même en phase occidentale ou perdues dans les rayons du Soleil
Il est probable que ces désignations venaient de Pétosiris, c’est-à-dire d’un Alexandrin qui, se souvenant peut-être des « trônes » sur lesquels Platon installe ses trois Mœres, aura substitué ce siège majestueux à la barque, véhicule ordinaire des dieux et des décans égyptiens
11. Nous passons maintenant aux rapports exclusivement interplanétaires, toujours mesurés sur le cercle zodiacal, mais sans connexion, ou sans connexion nécessaire, avec les signes qui l’occupent. Nous entrons dans le champ de courses des planètes, oü la plus rapide de toutes, la Lune, est l’objet principal de l'attention, avec une ample provision do termes pour noter les incidents de ce sport silencieux d’où a disparu la musique pythagoricienne. 11 ne faut pas compter sur les asti’ologues pour introduire quelque ordre dans l’abondante nomenclature que nous allons affronter. De tous ces termes, Ptolémée n’en a retenu que — les ffuva^at et les àTTÔppoiat, — et ce qu’il a dédaigné comme ne supportant pas d’explication scientifique est resté à l’état confus Les astrologues d’ordre inférieur considèrent les cas