‹ L'astrologie grecqueChapitre 137 sur 360 · CIIAP. VIII. KAPPOKTS DE POSITION DES PLANÈTES · texte numérisé non relu

CIIAP. VIII. KAPPOKTS DE POSITION DES PLANÈTES

1 imagination se prête volontiers à supposer au dit projectile une action mécanique et otlensive. Le rayon peut aussi être assimilé à un regard : c est même l’idée qui a prévalu chez les astrologues parlant latin et qui leur a fait traduire adsjjectus les positions géométriques que les Grecs appellent o’/^igaTa OU <7yT)ixoi.zvJixo{. Dans ce cas, l’action du regard n’est plus conçue comme mécanique, mais comme impression sensible. Il est entendu d’ailleurs que, rayon ou regard, l’influx astral ne compte que dirigé suivant un des aspects polygonaux. Si les astrologues n’avaient pas ralliné là dessus, il n’y aurait pas lieu d’ouvrir un paragraphe spécial pour l’àxxtvoêoXt'a, qui resterait le mode unique, universel et nécessaire de communication entre les astres. Mais l’anthropomorphisme qui sommeille au fond des « mathématiques » n’a pas laissé la théorie à ce degré de simplicité. Non seulement les astrologues ont introduit dans les aspects la distinction purement subjective de la droite et de la gauche; mais, voulant l’utiliser pour diflerencier les effets, ils l’ont poussée à outrance, de façon à opposer 1 une à l’autre les deux métaphores primitivement équivalentes et interchangeables de « rayon » et de « regard ».

Donc, à les entendre, les planètes marchant à l’encontre du mouvement diurne, c’est-à-dire de droite à gauche, portent leur « regard » en avant, sur les planètes qui les précèdent, et elles lancent leur rayon en arrière sur celles qui les suivent. Pour qui veut bien entrer dans ces enfantines comparaisons, le regard en avant, dans le sens de la marche, est chose naturelle; il n’en va pas de même du rayon lancé en arrière. Nos fabricants de théories étaient-ils des artistes qui voyaient flotter en arrière, au vent de la course, la chevelure des planètes, ou des stratégistes qui avaient entendu parler de la classique flèche du Parthe *? Le regard en avant suffit à tout expliquer : il fallait bien, puisqu’ils cherchaient une antithèse, qu’il missent le rayon en arrière.

L’imagination travaillait à l’aise sur ces coureurs armés. Les esprits méticuleux réclamaient contre l’estimation en gros, par signes (Cwoiaxw; - plaiice], et n’admettaient que le tir précis ou le regard ajusté au degré (gotptxw;). D’autres faisaient réflexion que le tir en arrière ou lancement du rayon suppose une intention

1. La chevelure flottante chez les hommes fne pas oublier que [àaxf.p] est masculin et que \énus s’appelle ô [«àcrr^p] xfiî ’A'ppoSixTi;) était aussi une mode parthe. La théorie de ràxxivo6oXfa est probablement postérieure à Ptolémée ; la mention de Thrasyllc (ci-après, p. 249) n’est pas une preuve du contraire. Elle pourrait dater du temps où les Parthes et les Perses hantaient et terrifiaient les imaginations gréco-romaines.

LE Tl K OFFENSIF OU ACTlNOliOLlE

hostile, et que, l’admettre en aspect Irigone, c’était enlever à cet aspect son caractère universellement favorable. Par conséquent, il n'y avait « actinobolie » qu’en aspect fâcheux, comme le quadrat et le diamètre; mais, dans ces conditions, le tir d'une planète malfaisante était redoutable. En aspect quadrat, au dire de Thrasylle, il était meurtrier. Pour le diamètre, il y avait une ditliculté, c’est que la planète en opposition diamétrale avec une autre n’est ni en avant, ni en arrière de celle-ci : elle est en face. Donc, ou elle ne regarde ni ne tire, — ce qui est une absurdité, vu l’énergie de l’aspect diamétral, — ou elle regarde et tire en même temps, et l’effet du regard tempère celui du rayon ‘. Voilà pourquoi, je suppose, le tir en quadrat était particulièrement néfaste, plus que le tir diamétral, et comment les novateurs mettaient en désarroi la psychologie classique des aspects ^

Les raisonneurs avaient là ample matière à réflexions. Quand une planète rétrograde, marche-t-elle réellement à reculons ou se retourne-t-elle de façon que le regard devienne le rayon et réciproquement? Si elles rétrogradent sans changer d’attitude, leur vitesse en arrière s’ajoute-t-elle à celle du rayon, qui deviendrait alors plus dangereux quoique la planète elle-même soit affaiblie ? Fallait-il expliquer ainsi que les planètes marchant en avant soient plus favorables, leur vitesse étant soustraite de celle du rayon, ou que leur tir soit plus sûr en station? La théorie de l’actinobolie touchait ainsi à tout, — puisque tout se tient et s’enchevêtre en astrologie, — risquant d’ébranler ou de renforcer au hasard les dogmes formulés avant elle.

1. Il y a encore une troisième hypothèse envisagée par Saumaise {Praef., e 8) : c’est de distinguer la gauche et la droite dans le corps des planètes en présence ; Chacune aeque ah altéra conspicitur et radiis pidsatur, sed a sinislris partibus videtur, a dextris radiatur.

2. OpâffuXXoi: 6è xI|V àxx i v o 6o (av àvaipsertv àvat psïv ôè xoijî xoT;

x£ xp ay w V oi î cjyT,[jLa(Tiv £Tu-!:apôvxa!;, tandis que le tir diamétral n’agit ainsi que £v x(j SiaaxTipiaxi xt,î wp o a x o t: o û a Tj ; aoEpa;, allant de l’horoscope à l’occident (Porphyr., p. 189). Ce Thrasylle (lequel?) paraît être encore peu au courant de la distinction entre l’àxxiî et rô({aî ou l’avoir passablement embrouillée , car, dans certains cas qu'il précise, il dit qu'il importe peu que le rayon vienne de droite ou de gauche — où 6 i o ia £ : •;:ôx£pov ex ôeH iwv

T, EÙuvûixwv), c’est-à-dire qu’il confond le regard et le rayon. Au fond, il s’agit ici de l’àxxivo6o),'.a des planètes anærétiques employée comme engin de mort, sans quoi on eût fait valoir l’énergie du tir diamétral — ex recto certior ictus (cf. ci-dessus, p. 173, 3). On verra plus loin (ch. xii) que, suivant les systèmes, c’est l Occident (en tir diamétral) ou une planète (en aspect quadrat) qui détruit l’œuvre de vie. Nos s«olies sont des agrégats de ])hrases détachées, où il faut deviner les sous-entendus.

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