CIIAP. VIII. — RAPPORTS DE POSITION DES PLANÈTES
Mais, pour en revenir aux questions de sentiment, balistique à part, quelle raison imaginer à ce tir offensif ? Ne serait-ce pas que celle qui lire sur l’autre est jalouse de la supériorité de celle-ci? Car celle-ci est supérieure, attendu que c’est une règle générale de 1 étiquette astrologique que la droite préémine sur la gauche, la droite précédant la gauche dans le sens du mouvement cosmique ou diurne, imprimé par le premier moteur. Cette prééminence (■/.aO'jTr£px£p-/;at; - superem'inenlla - elevaiio) n’était pas un vain mot ; pour les gens du Bas-Empire, toute classe supérieure exploite l’inlérieure et vit <à ses dépens. On atfirmait donc gravement que la planète supérieure dîme (£Tuo£/.ax£j£;) sur son inférieure dès que l’une et l’autre sont en aspect quadrat, c’est-à-dire hostile. Ainsi, une planète occupant le Bélier dîme sur celle qui se trouve dans le Cancer; celle-ci fait valoir son droit sur la Balance, et ainsi à la ronde : ce qui sert à fonder des pronostics relatifs aux chances qu’ont de s’enrichir les clients des astrologues ‘.
L’aclinoholie ou action offensive, distincte du rayonnement favorable ou indifférent, a dû être inventée pour servir principalement aux pronostics concernant la mort, alors que les planètes ou positions vitales viennent s’enferrer sur le dard des planètes « anæréliques ». Du reste, la distinction n’est pas toujours main-
1. Sur la xaôuTcspTEpYiff iç et rs-KiÔExaxs (x, voy. Porphyr., p. 188, texte altéré à rectifier d’après Ilephaest., 1, 16. Anon., pp. 74 et 139. L’Anonyme formule sommairement la règle : xaôuiiEpTspstv XsyovTxt ol àctspcç otxv è X a t- TÔvwv poipwv Etat, c’est-à-dire en remontant la série ordinale des degrés du Zodiaque. Cf. Maneth., Vl, 279. 631. Iléphestion, qui semble peu curieux des minuties dédaignées par Ptolémée (sauf pour les décans), simplifie en disant que la planète qui en rerjarde une autre a aussi la prééminence et prélève la clime sur celle-ci. '0 oè Ttpo'riyoû[j.Evoç x6v sTrdixEvov stpop â pÈv xal xaOuTEp- TEpEt çspdpEvoî ett’ aÙTÔv, obx xxxtvoêoXEt 6e'... ô 6è X a 6‘j t: E px E pü V xsl ETC tÔExsxEÛ wv Ô sùxôç £ S X t V . Mais si toute planète dîmante est prééminente, il ne s’ensuit pas que la réciproque soit vraie. Les exemples cités par Porphyre et Iléphestion lui-môme sont fondés sur l’aspect quadrat, et c’est évidemment un carré parfait que suppose le cas visé par Manéthon : celui où Saturne dîme sur la Lune et Mars sur Vénus, Vénus et la Lune étant xExpsywvoi (VI, 278), c’est-à-dire tous dîmant l’un sur l’autre à la ronde. Les éclectiques de la Renaissance ajoutent, en cas de conjonction, deux autres motifs de xs6uTCEpx£pT,ai(;, en faveur de la planète qui est au plus près de l’apogée sur son épicycle (d’après Centüoq., 63) et de celle qui, en latitude, s’approche le plus du zénith. Je n’ai noté qu’une allusion à la xa6'jTCEpx£pT,at; dans la Tétrabihle (IV, 6), et, d’une manière générale, la généthlialogie use peu de tous ces rapports d’étiquette, qui sont, au contraire, la ressource préférée des méthodes de xsxap/si, surtout de celle qui consiste à ramener tout problème à un conflit et toute solution à une supériorité (ci-après, ch. xiii).