I- — Le Cycle des lieux
A. Les centres. Le moment fatidique que l’astrologue aux aguets devait saisir est représenté sur le cercle zodiacal par le point qui émerge alors à l’horizon du côté du Levant et qui s’appelle pour cette raison « indicateur du moment » ou Horoscope - ascendens) L C’est de ce point que part Indivision
du cercle de la géniture cercle qui est le Zodiaque lui-même, mais doté d une division duodénaire autonome superposée à celle des signes et communiquant à chacune de ses cases (tÔTrot - locl) des propriétés spécifiques qui pourront être combinées après coup avec celles des signes sous-jacents mais en sont de prime aboid indépendantes. Les signes avaient leur place fixée une fois pour toutes, tandis que les compartiments du cercle gradué d après 1 Horoscope se déplaçaient comme lui, par rapport à eux, pour chaque géniture. Mais, d’autre part, mobile par rapport aux divisions du Zodiaque, le cercle de la géniture est fixe par rapport à la Terre. H est comme un bâti immobile à l’intérieur duquel tourne le Zodiaque et la machine cosmique tout entière.
Il est évident que les anciens astrologues, ceux qui n’avaient pas encore eu maille à partir avec les faiseurs d’objections, cherchaient à 1 horizon l’astre, étoile fixe ou planète, qui naissait pour ainsi dire en même temps que l’enfant dont ils comptaient prédire la destinée. Les planètes étant trop rares pour fournir un nombre d’horoscopes suffisant % c’est surtout au cadran du
1. Propter caeh parhculam ubi ponitur horae notatio, quem horoscopum vacant (Augustin., Civ. Dei, V, 2). Les auteurs latins qui veulent traduire sans transcrire emploient comme équivalent ascendens, lequel indique mieux le point d émergence.
2. Terme que j’estime commode et que j’adopte sous ma responsabilité. Les auteurs se contentent d’appellations de détail, comme x6~oi, xXf.ooi.
• es a propos de 1 altération du caractère des signes par combinaison avec les cases ou « lieux » du cercle de la géniture que Manilius dit : Om?ie quidem siqnitmsiib quabcunque figura \ Parlibus inficitur mundi; locusimpeuit asbts \ Et dotas noxamque facit, etc. (Manil., 11,856 sqq.). Vincit enim posüuragenus. et praetereuntia cogit | Esse sui maris (ibid., 861 sqq.).
ai cur ( eimippus pense que c est pour suppléer à la rareté des plaetes que les astrologues ont assimilé à celles-ci, comme de même tempérament (vr. Tiuv ETTTà xéxoavTai), dcux OU trois étoilcs par signe
( /mmpp H, 7, p. 44 Kroll). Nous avons vu (ci-dessus, pp. 132, 1. 181, 2) que ce travail avait été fait même pour des étoiles extra-zodîacales. ^ ^
CHAP. IX. — LE CERCLE DE LA GÉNITURE
Zodiaque qu’on demandait « l’heure » \ et l’on se conten-
tait de noter en bloc le signe zodiacal qui montait alors au-dessus du plan de l’horizon. De là l’expression courante : « naître sous tel signe ^ ». Quand cette estimation grossière ne sulTit plus, il fallut y regarder de plus près et aller jusqu’au degré du cercle et même jusqu’aux subdivisions du degré. La limite n’était ici qu’une nécessité de fait, imposée par l’imperfection des moyens d’observation Mais le « degré horoscope » ainsi obtenu ne correspondait le plus souvent à aucune étoile ou planète. Il devenait une entité en soi, une abstraction à laquelle les astrologues furent contraints d’attribuer la valeur concrète d’un astre. Aussi répètentils constamment que les combinaisons géométriques imaginées pour les astres s’appliquent également au pivot ou « centre » appelé Horoscope et aux trois autres « centres «(y-ÉvTpa-Ywvîaicardines -angulï) déterminés par ce point initial*.
Les « centres » du cercle de la géniture sont, énumérés dans le sens du mouvement diurne : 1“ l’Horoscope ou Levant (o'jpoa/. ÔTroç- avaxo^rj - ortus - pcLTS hoTOscopi) ; 2° la culmination supérieure ([jieiT O U P à V V) [Ji a - medium caelum^ en abréviation MC.)î 3“ le Couchant (o U CT I ç - ouvov - oiàjjLexpov ouuxov - occusus)] 4° la culmination inférieure (uTroyetov - geao'jpàvTjpa utto y-Tiv - àvTtix£ŒO'j-
1. Synonymes plus ou moins poétiques à' horoscope : îopa tout court; wpa (ou [AOÏpa) a)povô[xoi;, wpovo[j.ouffa, |3iOTôCTy.ÔTïôî, xexvocnrôpo;, |j.epoTtoff~ûpo;, yovtjx'fi, •TravEiuffxôiïo;, etc., ou encore (tpovôjxoi; wpoffxoTro;, pour distinguer de wpoaxô- TTO<;=6£xavdç (Cf. ci-dessus, p. 222, 4).
2. Ceci soit dit sans anticiper sur la discussion instituée plus loin (ch. xn) sur le signe horoscope proprement dit et le signe hébergeant le Soleil ou chronocralor du mois.
3. Les minutes (Xsirxdc) sont notées dans nos trois papyrus égyptiens [Bril. Mus., XCVllI-CX-CXXX). On allait même ou prétendait aller jusqu’aux minutes secondes (deuxépa) et au-delà (xwvXetïxwv Xsitxà xat Ixi XsTtxeixTpa. Philosophum., VI, 2, p. 279 Cruice). L’auteur du papyrus CXXX prétend estimer des fractions invraisemblables de degré (pépo; [xoEpT;; diapLUpojctXs^axoffioffxôv. lig. 114).
4. Comme point initial, l’horoscope est -îrpiôxT, àpy h -nâvxwv xai pEÇa (Anon., p. 90) — àp/h yal oi'aÇ xwv ôEUwv (ibid., p. 99). Le mot xévxpov, point « piqué », est le terme technique ordinaire, et il forme l’adjectif ÈTîlxevxpoi;, « situé sur un centre ». Au risque de produire parfois une équivoque (qui existe aussi en grec), nous le rendrons en français par « centre », le terme synonyme dont usent communément les Latins, anguli, étant plus équivoque encore. Anguli est la traduction de ywvlai , employé — rarement — par Ptolémée : aùxdç ôè [llxoXspiaïo;] xal vcovia; èxiXeusv sixôxwç • -âaa yàp Tpap-p-h ei; -xuxXov £[i.Tttirxouffa xa'i xsixvoucra aùxàv yuvtotç àiroxsXst (Anon., p. 26). C’est parce que les « centres » sont toujours en aspect quadrat que telragonum et centron vocatur (Censorin., Fragm. 111, 8, p. 59 llultsch : cf. ci-dessus, p. 273, 3).