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CHAP, IX. — LE CERCLE DE LA GÉNITURE

même a fait exprès, suivant lui, de cacher. Ce secret consiste tout bonnement à placer la culmination inférieure à 90“ de 1 Horoscope et à y entasser « toute la substance de la vie » *.

En voilà assez pour montrer que les « Égyptiens », habitués à placer leur Zodiaque à eux, le cercle des Décans, aux environs de 1 équateur, n’ont su ni découvrir par eux-mêmes ni accepter des astronomes grecs, avec toutes ses conséquences, la notion de 1 obliquité du Zodiaque.

La dilTiculté du problème des àvaçfopaî consiste en ceci : que les signes du Zodiaque montant au-dessus de l’horizon et descendant au dessous plus ou moins obliquement, leur vitesse angulaire ne peut être mesurée que sur le limbe de la grande roue cosmique, celle dont le plan est perpendiculaire à l’axe de rotation, c’est-àdire sur l’équateur. 11 s’agit donc de convertir les degrés d’ascension oblique (Zodiaque) en degrés d’ascension droite (Équateur). L’obliquité du Zodiaque par rapport à l’équateur est un élément fixe du problème : il y en a un autre, variable suivant la latitude du lieu d’observation, c’est-à-dire l’angle que fait l’horizon du lieu avec le plan de l’équateur et celui de l’écliptique ou ligne médiane du Zodiaque. Cet élément variable est cause que, tous les calculs une fois faits pour un « climat » (latitude), il faut les recommencer pour un autre climat.

La question, d’importance capitale pour les astrologues, intéressait aussi les astronomes ; car eux aussi marquaient les degrés de longitude sur l’écliptique ^ et ils s’obligeaient par là à établir la correspondance des degrés de longitude avec les degrés d’ascension droite marqués sur l’équateur, cadran de l’horloge du monde. Aussi les plus doctes géomètres de la Grèce avaient cherché des méthodes de calcul. Nous possédons encore, du mathématicien Hypsiclès qui vivait environ un demi-siècle

Quae res et a plurimis incognila et a paiicis leviler videtur esse Iraclata, nam et istum tractatum Petosiris (ut mihi videtur) invido voluit livore celare. In omnibus enim genituris nonagesima pars sagaci debet inquisitione perquiri, ex ea namque exitus vitae, mors, infortunia, pericula, félicitâtes et Iota substanlia genilurae colligilur (Firmic. VIH, I Pruckner). Voilà le grand secret de l’s vvE vTi xo V T a [JL é po î (ci-après, ch. xii).

2. Aujourd’hui, les astronomes ont délaissé les longitudes comptées sur l'écliptique et les latitudes parallèles à l’écliptique pour d’autres coordonnées ; l’ascension droite (AB == ascensio recta) mesurée (en unités de temps le plus souvent) sur l’équateur, et la déclinaison, australe ou boréale.

3. Voy. K. Manitius, Des llypsikles ’A vaep o ptxoç nach Ueberliefertcng und Inhalt kritisch behandelt. Progr. Dresden, 1888. Cf. P. Tannery, Recherches, p. 40. On reproche à Hypsiclès : 1° d’avoir adopté une progression de raison

CALCUL DES ASCENSIONS

avant Hipparque, un opuscule sur la matière. Hipparque avait repris le sujet dans un ouvrage, spécial également, que cite Pappus *, et Ptolémée rectifia les solutions proposées en employant des méthodes qui devaient conduire à l’invention de la trigonométrie, seule capable de fournir des formules exactes et commodes à la fois. Les divergences que constatent les scoliastes entre les tables dressées par les anciens et les nouveaux astrologues, Apollinaire, Tbrasylle, Pétosiris, Ptolémée % montrent bien que l’accord n’avait pu se faire. Les « Egyptiens », ({ui avaient commencé par ignorer les àvaoopat, ne voulaient pins abandonner les tables d’Hypsiclès, qu’on avait fini par mettre sous le nom de Pétosiris, — au moins pour le climat d Alexandrie, — et l’autorité même de Ptolémée ne put avoir raison de leur entêtement. Deux siècles après lui, Paul d’Alexandrie rédigeait encore un manuel d’astrologie destiné à son fils Kronammon, dans le but de réagir contre les erreurs traditionnelles et de faire valoir, entre autres rectifications, « les àvacsopaf suivant Ptolémée ® ».

L’observation avait appris depuis longtemps que les parties les plus obliques du Zodiaque sont celles qui montent le plus vite

constante ; 2“ de n’avoir pas appliqué la progression à l’intérieur des signes, de degré en degré, mais seulement d’un signe à l’autre. Un détail cuiicux, c’est que le nom d’Hypsiclès a été travesti par les Arabes (et peut-être par d’autres avant eux) en Esculeiis = Asclepius, nom appartenant à la tradition hermétique (Manit., op. cit., p. xn). Du reste, Ilypsiclès, comme Alexandrin, était « Égyptien », et il n’a pas été plus difficile de le déguiser en Pétosiris. Ce déguisement n’en est pas un si, comme le pense Manitius, Ilypsiclès a

travaillé pour les astrologues et non pour les astronomes.

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