SYMBOLISME DES DOUZE LIEUX
onl conservé quand même, pour le mélanger au besoin avec l’autre*.
Les lieux situés sur les centres viennent en première ligne comme importance, et à peu près avec les mômes attributs que dans le système de Voctotopos. L’Horoscope (lieu l) représente « la vie, le fondement de toute la géniture » ; le IMG. (lieu IV), « les parents, le patrimoine, l’avoir >> ; l’Occident (lieu Vil), les noces, sans conteste, cette Ibis : c’est le 'pxix-r,'kioç tôtioî; le MG. (lieu X),
« la vie et le souille, les actes, la patrie, le domicile, les arts et les honneurs », bref les préoccupations de l’àge mûr et les ambitions du citoyen. Viennent ensuite quatre lieux dits « seconds » ou favorables, lesquels sont en relation avec l’Horoscope par aspect trigone (lieux V et IX) et sextil (lieux III et XI); et enfin, quatre lieux défavorables ou inelFicaces (lieux II, VI, Vlll, XII), lieux « paresseux et déjetés » (àpyôv ^woiov - aSXe- TT-uov - plgrum - dejeclurn], qui sont sans rapport défini de position, autrement dit, « inconjoints », avec l’Horoscope.
1. Le système des douze lieux est exposé ici d’après les listes coucordanles, quoique de plus en plus surchargées, de S. Eiupiricus {Adv. AstroL, pp. 340- 341; Fabricius, dans le schéma mis en note, numérote les lieux à reuvers, dans le sens du mouvement diurne), de Firmicus (II, 13-20 Kroll), de Paul d'Alexandrie (L — 0 2) et de Vettius Valens (Cod. Paris., Suppl., n° 330 A, fol. 29 r.-30 V.). La plupart des termes techniques cités entre guillemets sont de Firmicus. Je ne crois pas qu'il y ait des spéculations pythagoriciennes dans le système, qui est parfois en contradiction avec certains dogmes de l’école. Par exemple, les Pythagoriciens attachaient l'idée de mariage au nombre 6 (Théo Smyrn., p. 102 II.) ; ils ne l'auraient pas placé à la VU® case. Iléphestion (I, 12, p. 13 Engelbr.) disqualiûe même le lieu 111. Cependant, les perfections des nombres 7 et 10 ont pu améliorer les pronostics du lieu VU et assurer la prééminence « naturelle » (culmination) du lieu X.
MC
Fig. 32. Le systôme des XII lieux qracé rectangulaire).
CIIAP. IX. — LE CERCLE DE LA GÉNITURE
Les planètes sous des noms d’emprunt — ont été reparties dans ces douze lieux d’après deux espèces de considérations qu’il est aisé de deviner quand on connaît le modèle imité par les fabricants du système, c’est-à-dire la répartition des domiciles planétaires. On a voulu à la fois suivre dans le sens indiqué 1 ordre ascendant des planètes et situer les planètes bienfaisantes dans les lieux favorables, les malfaisantes dans les lieux défavorables, exception faite pour les centres, qui se suiïisent à euxmêmes et n ont pas besoin de planètes. La concordance de l’ordre naturel des planètes avec les affinités indiquées parla géométrie des aspects a dû passer pour une preuve de la merveilleuse harmonie de l’Univers et consacrer à tout jamais ce chef-d’œuvre de 1 art interprétant la Nature. Seulement, les inventeurs n’ont obtenu cette concordance qu’en dérangeant quelque peu l’ordre accoutumé des planètes, en ne regardant pas de trop près à la suite naturelle des étapes de la vie et en faisant bon marché des principes qui attribuent une action favorable aux È7ravatpopa(, défavorable aux àTToxXtgaxa. Cela fait beaucoup d’exceptions, de quoi emporter les règles.
Donc, le IL lieu — qui suit (ÈTiavacpopâ) l’Horoscope et, comme limitrophe, n’est pas en aspect avec lui — conserve son nom de « Porte d’Enfer » ("Atoou iruX-f)) ; mais nos astrologues ont corrigé de leur mieux la « paresse » naturelle du lieu en y introduisant « l’espérance » et « l’accroissement de possession, le lucre » L Ils songent sans doute à l’enfant entrant dans son second douzième d’existence, et ils en appellent de la géométrie à la géométrie, en remarquant que, si cette case est sans relation avec l’Horoscope, elle est en aspect trigone avec le MC ". C'est même là sans doute que, s’ils avaient eu les mains libres, ils auraient placé Mercure, pour qui ils ne trouveront plus un emploi satisfaisant.
Au IIP lieu, favorable quoique aTroxXtpa, figurent les « frères et amis », et peut-être aussi les « voyages ». En tout cas, on y place
1. Spei ac possessionis incrementa (Firmic., 11, 19, 3).— xX-ripov6[xo'Jî àXXo- Tpt(ov(Paul Alex., L 2). Pour les qualiti''s spécifiques des Xll lieux, les délinitions les plus courtes sont celles réunies dans ces vers ninénioniqucs du moyen âge ;
Vita, lucrum, fraires, f/pnitor, nati, valeludo,
Uxor, mors, pietas, repnum benefactaque, carcer.
2. ”EaO’ Sxe 5è xai x6v nept updî^swv 'Xôyov o’T^p.ai'vst, Siâ xô tjûjxœiiivov aux6 elvat xax’ £Ùwvu[xov xpiywvovT'p [j.£ti oupavoûvx i. On y a héritage avec la présence de bonnes planètes, pauvreté et exil avec les mauvaises (Paul. Alex., loc. cil.). Il y a là peut-être contamination avec le cercle des aOXa (ci-après, p. 298), où la Milice et les Voyages éveillent l’idée d’espoir du gain.
SYMBOLISME DES DOUZE LIEUX la grande voyageuse, la Lune, sous le nom de « Déesse », ouvrant
ainsi la série des planètes
En IMG. ou IV lieu, on trouve encore, nous l’avons dit, « les parents », « le patrimoine », etc., mais non plus le « père » Saturne, délogé par la tyrannie de l’ordonnance planétaire et calomnié pour justifier cette expulsion. Nous le retrouverons à l’état de « Mauvais Génie », dans le dernier compartiment. 11 eût fallu, poursuivre l’ordre des planètes, le remplacer par Mercure; mais Mercure représente l’éducation, ou, en fait de richesse, le lucre et non le patrimoine. Il est laissé de côté, à moins que, en dépit de la géométrie, il ne trouve un refuge à l’Horoscope où l’avait placé Manilius
On tombe au V*= lieu sur le compartiment des « fils », mis à côté de celui des parents. Gomme Vénus est déesse de la génération, on n’est pas autrement étonné de I y rencontrer déguisée en « Bonne Fortune », et l’on se prend à regretter le temps où c’était une bonne fortune que d’avoir beaucoup d’enfants
Mars ne saurait être loin de Vénus : 1 attraction est telle qu elle fait violence à la série planétaire; le Soleil attendra la case opposée à la Lune. Le VF lieu, « paresseux » et défavorable par position, est donc l’hôtellerie de Mars, sous le pseudonyme de « Mauvaise Fortune ».G’estle réceptacle des maladies et infirmités.
A l’Occident ou VIF lieu, étape centrale de l’existence, nous savons que l’on rencontre « les noces », et il ne faut pas trop se demander pourquoi les noces viennent après les fils. Elles sont la parce que, dans quelque sens que tourne l’existence, l’Occident représente le milieu de la carrière.
Le diamètre une fois dépassé, la construction obéit par surcroît aux lois de la symétrie. Brusquement, au VllF lieu, lieu « paresseux », situé en face d’un autre lieu paresseux nous nous
1. Huic loco Dea nomen est; est autem peregrinnntis locus (Firmic., 11, 19, ■'*)■ Ceci a bien l’air d’une explication, et d’une explication suspecte, car la vraie case de la peregvinalio (5î'm:ôix) est l’opposée, au lieu IX.
2. Ci-dessus, p. 277. Déinopliile le scoliaste (ap. Porptiyr., p. 204) inet encore Mercure dans l’Horoscope, tout en laissant les autres aux lieux trailitionncls. De même, Paul d’Alexandrie. L’auteur du Papj/r. CX Bril. Mus., qui improvisait à son aise, a soin de faire coïncider l’Horoscope et Mercure (lig. 23-27).
3. On sait ce que signiûe « bonne fortune » chez nous, et comme le masque irait mieux encore à Vénus.
4. Firmicus (11, 17 et 19, 9 Kroll) appelle spécialement le VllF lieu non pas anafora, mais epicalafora, synonyme approché de à-ôxXiua. C’est évidemment un souvenir du système de .Manilius où le lieu qui surmonte rOrcident, se sentant sur ta pente (s-iuxaxacsopâ), a peur de tomber (ci-dessus, p. 278, 3).
CIIAP. IX. LE CERCLE DE LA GÉNITURE
trouvons en présence de la Mort *, qu’on n’attendait pas à pareille étape et qui a remplacé sans avantage le Typhon de Voclolopos. Le système commence à paraître quelque peu incohérent. Les astrologues ont atténué de leur mieux leurs propres scrupules en admettant que, dans certaines conditions, assez compliquées d’ailleurs, ce lieu pouvait présager le comble de la félicité, de la richesse et de la gloire
Au IX® lieu, le « Dieu » par excellence le Soleil, préside aux « sectes, religions et pérégrinations ». C’est bien là, en lace de la « Déesse », que Manilius avait placé son Phébus, et c’est de ce <( Dieu » aussi que parlaient les élèves de Sénèque le rhéteur Pourquoi réunir des idées aussi disparates que religions et pérégrinations? Je résoudrais volontiers l’énigme en disant qu’il y a là très probablement une association d’idées due à la vogue exceptionnelle des cultes solaires, c’est-à-dire des religions étrangères ou « pérégrines » sous l’Empire. Ce « Dieu » est encore plus Milhra, le dieu oriental, que le soleil qui luit pour tout le monde.
A la culmination supérieure ou X® lieu s’accumulent « la vie et « le souille, les actes, la patrie, le domicile, les arts et les hon- « neurs » : c’est la case de 1’ « action » par excellence.
Jupiter ne fait pas grande figure au XP lieu, où, sous le nom de « Bon Génie (’AyaOo; oa'pwv) “ », il forme le pendant de Vénus « Bonne Fortune ». Sa bonté proverbiale est indéfinie et sans objet spécifié; c’est un ami qui rend des « services » et répand des « bienfaits ».