SYMBOLISME DES DOUZE LIEUX
Enfin, au XIP lieu, sous le nom de « Mauvais Génie » (Ka/.o; Saî[xwv) placé en face de la « Mauvaise Fortune », Saturne groupe autour de lui tous les désagréments; ennuis causés par les ennemis, les esclaves, et aussi les infirmités et maladies chroniques amenées là par l’idée de vieillesse, inséparable elle-même de la personne du « vieux » Saturne.
Nous ouvrons ici une sorte de parenthèse yiour présenter au lecteur les cadres artificiels dans lesquels les astrologues avaient l’habitude d’inscrire les données du thème de géniture (tig. 52, 55, 55 bis et 5i). Ces carrés substitués au cercle — et que j’appelle pour cette raison « quadratures du cercle » — n’en sont que des équivalents grossiers, imaginés par des hommes déshabitués du compas ou dépourvus de cet instrumente Peut-être ne leur déplaisait-il pas non plus que ces figures bizarres fussent inintelligibles aux profanes.
Fier. 34. Trae<5 circulaire.
I. C’est la raison que donne Ciruelo (I, 2) : Sed quod circinus circulorum descriptor non ubique presto est volentibiis, consueverunt judices aslrologici facere figuras rectilineas quadrangtdares, et hoc bifariam. Suit la description des deux méthodes : celle de la fig. 33 6, qu'il déclare préférable, parce qu'elle met en valeur les quatre maisons cardinales, et l’autre (tig. 32 ), qui est la plus employée. Suivant lui, le carré vacant au milieu représente concavum celi. La tig. 33 est empruntée au Thema cod. Vindobon., d'après H. Usencr
CHAP. IX. — LE CERCLE DE LA GÉNITURE
On comprend, quand on a parcouru ce cycle où la logique est si souvent en détresse, que Ptolémée n’ait pas voulu le prendre a son compte 11 représente un contlit et un accommodement boiteux entre deux et môme trois conceptions différentes : une première, qui déroulait la trame symbolique de la vie entre l’Horoscope et le Couchant et assimilait l’homme à ses modèles, les astres allumés à l’orient, éteints à l’occident; une seconde, qui, sans changer le sens de la vie, la prolongeait dans les quatre quadrants et assignait le dernier à la vieillesse; enlîn, une troisième, plus mathémali(|ue, qui considérait l’ordre — inverse du précédent — dans lecpiel les douzièmes du cercle sont amenés par le mouvement diurne au-dessus de l’horizon. C’est le premier ordre d’idées qui a fait mettre la mort au couchant, ou immédiatement au-dessus (ipy/i Oavâxou ‘^) ; c’est le second qui a situé les noces au couchant, Saturne, le patrimoine, les trésors, en IMC., et Typhon ou la mort au-dessous de l’Horoscope, pour fermer le cycle. Le troisième aurait simplement interverti le produit du second, si un éclectisme à prétentions multiples n’avait fait prévaloir le système {(ui vient d’ôtre exposé et qui est en somme le plus incohérent de tous.
Je disais plus haut que ce système a été définitif. Cela ne veut pas dire que personne n’ait essayé de le retoucher ou môme de lui en substituer un autre. H est aisé de voir, en consultant les descriptions de Paul d’Alexandrie et de Vettius Valens, que l’incohérence augmente par accueil de traditions précédemment éliminées. Ainsi, la vieillesse et même la mort rentrent en IMC., où logeait jadis le vieux Saturne, péle-méle avec les marécages que l'imagination naïve d’autrefois supposait occuper cette sentine de l’univers. Un pessimiste a glissé les femmes et les esclaves dans la « Mauvaise Fortune ». La vieillesse infirme et la mort ont été do nouveau attirées à l’Occident par le symbolisme naturel, et aussi les « longs voyages », peut-être placés là par un Grec qui se
{De Stephan. Alex., p. 57), sauf qu’elle est eu rectangle dans le manuscrit et que je l’ai remise au carré. La fig. 34 — d’après Cunrad Dasypodius [Rauchl'uss] de Strasbourg, commentateur de Ptolémée (ap. II. Cardan., ed. Basil. 1378, p. 722) — est une fantaisie d’astrologues qui trouvaient le compas plus commode encore que la règle pour découper le cercle en cases, sans souci aucun de l’exactitude.
1. Il connaît les lieux usuels, mais il ne les désigne jamais par leur numéro
d’ordre, et il a soin de dire de tel lieu : 5 vô-o; àpyôç — de tel autre :
5 •Aûù xa>,£ÏTai xaxoü 8aL[xovoî {Tetrab., Il, 12). Son disciple Iléphestion de Thèbes n’a que six lignes lUpl Staipopài; vditwv (ci-dessus, p. 281, 1).