‹ L'astrologie grecqueChapitre 161 sur 360 · II. — Cycles divers : Système des sorts · texte numérisé non relu

II. — Cycles divers : Système des sorts

Le cercle des « lieux », gradué à partir de l’Horoscope, n’est pas le seul qui ait été superposé au Zodiaque. L’imagination des astrologues est inépuisable, et qui les fréquente doit s’armer de patience. Voici maintenant le cercle des « travaux » (aOXa) ou des « sorts » {soîHes), gradué d’après le « sort de la Fortune »

Tu^7)ç) *, sorte d’ « horoscope lunaire » dérivé de l’autre

La Lune était, comme dieu Sin, le grand ouvrier de l’astrologie chaldéenne, et les Grecs lui ont conservé un rôle prédominant, inférieur seulement à celui du Soleil. Encore les docteurs qui se piquent de philosophie enseignent-ils que, si l’influence solaire prévaut dans la vie psychique, la Lune régit de plus près la vie physique. D’autre part, on sait combien fut envahissante, au déclin des religions civiques, la foi à l’omnipotence de la Fortune Cette entité vague se décomposait aisément en « fortunes » ou chances particulières, adaptées à la mesure de tous êtres, collectifs ou individuels, existant dans le monde sublunaire et considérés comme les « jouets de la Fortune ». Chaque individu avait donc sa Fortune, et une place d’honneur devait être réservée

1. Représenté dans les manuscrits par le signe 0, la « roue » de la Fortune ou le symbole hiéroglyphique du Temps, le serpent enroulé. Scaliger (p. 198) pense que c'était la forme de tous les jetons cléromantiques {sortes).

2. Le scoliaste Anonyme (p. 94) explique pourquoi Ptolémée, qui rejette tous

les xAr)poi imaginés par les « Égyptiens », emploie cependant -- comme on le verra par la suite — celui de la Fortune. C’est que Ptolémée où %'kf^pow Tûy-ri; iXkà. aeù^fiviotxàv w p o axé tt o v . Le pudibond savant colore

de son mieux les concessions qu’il fait à des traditions plus fortes que lui. Le nom d’à9Xa vient des douze travaux d’IIercule, type de l’humanité militante et, en attendant l’apothéose, jouet de la Fortune. Voy. ci-après (p. 298, 3) la réclamation de Saumaise, injustifiée pour le pluriel àO).*.

3. Cf. F. Allègre, Étude sur la déesse grecque Tyché. Thèse Doct. Paris, 1889, et la recension de A. Rouché-Lcclercq, Tyché ou la Fortune (Rev. llist. Relig., XXllI [1891], pp. 273-307).

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