‹ L'astrologie grecqueChapitre 164 sur 360 · LE SORT DE LA FORTUNE · texte numérisé non relu

LE SORT DE LA FORTUNE

à-dire qu’il reporte ou « décompte » la distance du Soleil à la Lune à gauche de l’Horoscope pour les génitures diurnes, la distance de la Lune au Soleil pour les génitures nocturnes à droite de l’Horoscope. Mais il fait observer à ce propos, et très justement, que cette double opération aboutit au même résultat L En effet, reporter d’un côté de l’Horoscope une des deux distances, ou, de l’autre côté, la distance complémentaire, c’est faire le même calcul par deux procédés différents et non pas différencier la position du sort de la Fortune pour les génitures diurnes et nocturnes. Que ni le bon Manilius, ni l’inconscient Firmicus ne s’en soient pas aperçus, cela n’est pas douteux : pour d’autres, dont l’intelligence était moins impénétrable aux mathématiques, la question était de savoir si les grands initiateurs, Néchepso et Pétosiris, avaient cru réellement, eux aussi, obtenir par ces deux

1. Ti ouv Ecpaaav ouxoi (Néchepso et Pétosiris); oxav x)^f,pov Tu/t,î Xa]j.6dt'/Tjî, r,|i.épa; [lèv àitô !]'\[ou è~i !TeXt;vT|V àpiOp-EÏ '4ai xà taa dtTiô wpoaxoTzou ètti xi étzùixEva xô)v Çwôtoiv à-TTÔXue, v'jxxô; ôè àvct-iiaXiv. Tô ôè àvaTia'Xtv xt èo'xiv ; tva à-TTo ae>,T,vT,<; ettI t,Xiov xoiTicrru xal [j.t,xéxi, sIç xà IxdpLcva, àX),’ si; xà f|y&û|i.Eva à-oX’jff-^î. Mais ce renversement n’est qu’apparent : yàp b aùxôç eupi-

axexa'. [sc. xXf|po; Tû/;ri?] ô xal TcpôxEpov EÜpeGôîî ô àpiOpLï^OEls; aTrô f,)itou è-jrt (Anon., p. lit). C’est la méthode qu’applique l’auteur du papyrus CXXX {lîrit. Mus.), un astrologue qui se targue d’appliquer les vraies traditions égyptiennes. Dans ce thème de géniture nocturne, daté de 81 p. Chr., O étant en T 14®, en 13“ et l’Horoscope en in. 18“, le Sort de la Fortune tombe en -(-y 17“; tandis que des « ignorants » (comme Manilius et Firmicus) l’auraient reporté en 19®. '0 xXf,po; oè xf,î eÎî A'.ô? <caî î^<i5tov xal xptywvov (c’est-

a-dire le Sagittaire) àvâTEaXiv Ècxai, ov xtvEç Zuyü) Sojpriaovxat ày-zota • 6u.o)ç ’A'PpoStxT;!: Tzxki'j 0 xXfjpoî (lig. 177-184). Le mot àvaTraXiv fait allusion au texte de Néchepso, si diversement interprété. Sur le xXf,po(; ’AcppoSixT,; ou ”Epwxo?, voy. ci-après, p. 307. Ce papyrus CXXX contient, comme ses congénères, des choses bien étranges. La Lune, qui, en ^ 13”, doit être à 5® audessous de l’horizon à l’occident, est dite àit’ àvaxoXf,; vspoaévt] (lig. 74-7o) : on lit (lig. 112-115) qu’une certaine somme de minutes (3 ou 13 ?) constitue 1/21,000° (?) de degré (p-épos Ô'.ap’jpoyiXE^axoo’ioo'xôv : cf. ci-dessus, p. 258, 3) : plus haut (lig. 79), il est question d’un millième de degré (xal exi pspo; 71X10axàv polpTiî). L’expression crror/jiip Aiôî appliquée au degré 14 du Bélier (lig. 60) doit indiquer une répartition des planètes, degré par degré (axoï/sTov^poIpa) dans l'ordre ^ 9 cT ^ en commençant par 1“ y (cf. ci-dessus,

p. 210, 3). Cette mention ne se retrouve plus pour les données autres que la position du Soleil. En revanche, l’astrologue oublie pour celle-ci la mention ûi(/(,>-j.axi tStw, qu’il a soin de mettre pour la Lune. Les décans et leurs dodécatémories ne flgurent que pour les positions des deu.x luminaires. Quant à levaluation des grosseurs apparentes des planètes, 4/3 (È-ixptxoî oyxw) pour Saturne (lig. 106-107), 3/2 pour Jupiter (•r,piôXioî xe ôyxw' xal ■Tîpoxxacrcrwv [comme étant dans l’hémisphère boréal et dans son 5^{/wpa], lig. 124-125), je laisse aux astronomes le soin de vérifier. Mais tout cela sent le charlatan en train d’éblouir une dupe.

CITAP. IX.

LE CERCLE DE LA CxÉNITURE

procédés deux résultats différents, ou s'il leur avait plu, pour des raisons mystérieuses, de tracer à leurs adeptes deux voies différentes conduisant au même but. Au rapport de Valens, le « roi » (Néchepso) avait, dans son Xllb livre, exposé 1 un des deux procédés et indiqué sommairement l’autre en disant ; « opérer en sens inverse ». C’était là une « énigme ‘ ». Néchepso voulait-il dire seulement qu’il fallait prendre la distance complémentaire, ou que, cette distance comj)lémentaire, on devait encore la décompter en sens inverse? Dans le doute, Valens se fait un

Fig. 36. Le Sort de la Fortune d'après Valens et Firmicus -.

système à lui. Il reporte toujours les distances à gauche de l’Horoscope, ce qui lui donne des positions différentes pour le Sort de la Fortune suivant que la géniture est diurne ou nocturne. Seulement, lorsque, dans une géniture nocturne, la Lune est comme le Soleil au-dessous de l’horizon, il retourne au calcul usité pour les génitures diurnes, c’est-à-dire qu’d prend pour

report la distance du Soleil à la Lune

A ce raffinement près, le système de Valens se retrouve dans Firmicus, qui prend de toutes mains et le note comme « méthode sommaire », encore qu’il puisse être aussi précis que n importe quel autre L D’aucuns, notamment le « divin Abraham », avaient

(ciiurne)

Le KAt'ipoc Tuxnt

J après Valens et Firmicus

(nocturneX

1. ’Ev rào xîi TpiaxatSsxâxTi pîêXw ô |îaat)s£Ùî... [lïepl -A-f^pou xÛ'/t,ç] aï V ty [xa tsGtixc TÔ È'ix-iraXiv xal àvâ-aXiv (Valens, lU, 5, 11. 19 Riess). le le.vte précité du scoliaste, qui discute aussi le sens de àvaT:a>siv.

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