LE SOHT DU GÉNIE
fait réflexion que l’on pouvait utiliser ces manières différentes de reporter les distances pour enrichir l’outillage astrologique. Si le Sort de la Fortune était un « lieu de la Lune », comme on le disait, il fallait également un « lieu du Soleil », celui-ci lié à l’autre par un rapport mathématique L Dès lors, il était tout simple — naturel même, pour un astrologue — de déterminer ces deux points jumeaux par inversion du môme calcul. Si donc on adoptait, pour pointer le Sort de la Fortune, le report des distances à gauche de l’Horoscope (xaxà và êirôpsva), on obtiendrait le « lieu du Soleil » en reportant les mômes distances à droite (xa-uà xà r,yoj-
tml. Sed haec platica computalio est, quam ideo posuimus, ne qiiid a nobis praelermissum esse videatur : parlililer vero locus Fortunae isla ralione collifjilur, quam lu sequi in omni dispulatione debebis. Suit la méthode exposée plus haut (p. 289), méthode que Firmicus s’imagine sans doute être la même, sauf que, au lieu de déterminer en gros [plulice) le signe, elle précise le degré (Firmic., IV, 17, 1 sqq. Kroll). Voy. les textes ci-après, p. 291, 1.
1. Locum daemonis isla ralione colliqimus ; quam ideo huic libro indidimus, quia Solis eum locum esse Abraham simili ralione rnonsiravil et iniquum erat ul a loco Lunae Solis separarelur locus (Firmic., IV, 18, 1 Kroll). Suit la méthode relative ci-après. Plus haut, en parlant du locus Fortunae, il a été dit : appellalur aulem, sicut Abraham desir/nat, Lunae locus (IV, 17, 5). C’est, je suppose, le locus Daemonis qui est appelé b Ssévepoî x7>f,po<; Tû/t,; dans le thème d’Anubion {Notices el E.rtr., XVlll, 2, n° 19 — Greek Fapyri of lhe Urit. Mus., n“ CX). Ce document est l’œuvre d’un astrologue qui atl'ecte une précision extrême dans ses mesures et qui place ses deux « sorts de la Fortune » d’une façon absolument inintelligible. Les données étant : Q 13“ 23', en 3“ 6', et Ilor. en -fA 1^", hi distance SL = 49“ 43' reportée à gauche de l’Horoscope aboutirait à ss 4“ 43'. Or, notre homme pointe son -pwTo; xXf,po; xf,; Tû/t,; en 29", c’est-à-dire 5" 43' plus prés de l’iloroscope. La même distance SL reportée à droite de l'Horoscope aboutirait à A 2o° t7', tandis que le « second sort de la Fortune » est marqué à 104" 17 de là, en S 11". En opérant avec la distance complémentaire LS, on arriverait également aux deux points 4« 43' et A 25" t7'. H faut nécessairement ou que l'auteur du papyrus ait employé une méthode inconnue, un transfert par ricochet quelconque, ou que tout siniplcment il prétende avoir fait des calculs auxquels il n’entendait rien. On trouvera peut-être la seconde hypothèse plus vraisemblable. Le thème du papyrus n" XCVllI recto a trois xXf.poi, dont le premier est U’AvaGoî ûat|j.o)v, les deux autres anonymes. Les lacunes du texte supprimant les données indispensables, il n’y a pas lieu à vérification. Un détail curieux, c’est que les ne sont plus ici des
points, mais des arcs pouvant coïncider avec les op;a de deux planètes dilférentes (lig. 53 et 59). Voici ce qu’avaient retenu de tout ce fatras les gens ilu monde à la tin du iv® siècle : Aeqyplii prolendunt deos praesliles homini nascenli qualluor adesse, ynemorantes SzIilo'jt. Tù/t,v ''Kpwxa ’AvâyxT.v, et duos priores Sole)n ac I.unam inlelleyi volant, quod Sol, auclor spiritus caloris ac luminis, humanae vitae yenilor et cuslos est, el ideo tiascenlis ôatpwv id est deus creditur, Luna ïû/ti, quia corporum praesul est, quae for luitorum varie taie jaclanlur (Macr.,SaL, I, 19, 17).
CHAP. IX. — LE CERCLE DE LA GÉNITURE
[isva). Ce lieu reçut, comme nom astrologique, le titre de lieu ou sort du « Génie « (Aat [jlü) v- />aemon), celui-ci homonyme sans épithète * du « Bon Génie » incorporé à la XB case dans l’ordonnance des lieux fixes. Chaque faiseur de système puisait à son gré dans le vocabulaire, sans souci des confusions possibles.
Il ne faut plus demander à Firmicus comment on détermine, d’une part, le sort ou lieu de la Fortune, de l’autre, le sort ou lieu du Génie. Cet avocat, égaré dans les mathématiques et distrait par son propre bavardage, y fait tant de détours qu’il lui est impossible de suivre une idée et de comprendre ce qu’il a lu Tenons-nous en à l’arithmétique de Paul d'Alexandrie. Si l’on marque le xX-Tjpo; Tuy-f,!; au bout des distances reportées à gauche de l’Horoscope, on trouve le xX-Tjpoç AaîjjLovoç au bout des mêmes distances reportées à droite et réciproquement; de sorte que, les distances restant les mêmes, le Génie diurne occupe la place
1. Avec épithète dans le Pap. Brit. Mus. XCVIII (ci-dessus, p. 293, 1).
2. On a vu déjà que Firmicus ne fait de ditférence qu’au point de vue de la précision entre sa méthode plalica et la pariilis, qu’il recommande spécialement (ci-dessus, p. 292, 4). Voici comment il applique celle-ci à la détermination du locus Forlunae et du locus Daemonis.
Locus Forlunae (IV, H).
Pour une géniture diurne, reporter à droite de l’Horoscope la distance du Soleil à la Lune, additis horoscopi partibus.
In noclurna vero genitura a Lunae parle mcipiens et per sequentia signa simili modo pergens iisque ad parlem Solis totas signorum colligis partes et additis Horoscopi partibus unam numeri facis summam, quam a parte Horoscopi incipiens per omnia quae ab Horoscopo sunt signa dividis, singulis Iribuens - - XXX partes.
Locus Daemonis (IV, 18).
Pour une géniture diurne, reporter à gauche de l’Horoscope {per sequentia signa) la distance du Soleil à la Lune.
In nocturna vero a Luna usque ad Solem omnium signorum colligis partes et omnem istam summayn ab Horoscopo incipiens simili ralione (c’est-àdire per sequentia signa et à raison de 30“ par signe) totis dividis signis, et in quocumque signa espars ultima ceciderit, ipsa tibi{> jtars geniturae Daemonem ynonstrat.
Ainsi, d’après Firmicus, dans une géniture nocturne, le locus Forlunae et le locus Daemonis se calculent de la même façon, et ils tomberaient au même point s’il n’avait pas introduit du côté du locus Forlunae un accroissement de distance [additis horoscopi partibus) qui, on l’a démontré plus haut (p. 290), provient d’une méprise. Firmicus a tout simplement oublié que, pour le locus Daemonis, il faut renverser ou les distances ou le sens du report. Avec le report nocturne à droite, son système serait cohérent, c’est-à-dire exactement le contre-pied de celui de Paul d’Alexandrie. De même pour le locus Forlunae : son procédé, expurgé de l’addition des parles horoscopi, reviendrait à celui de Manilius, qui est celui de Néchepso-Ptolémée appliqué à contre-sens.
2. Ou, ce qui revient au même, au bout des distances complémentaires reportées du même côté (Paul. Alex., K 3 - L).