LE SORT DE GÉNIE
de la Fortune nocturne et le Génie nocturne la place de la Fortune diurne, solidarité admirable et propre à réjouir les mystiques.
Nous verrons tout à l’heure comment la même méthode a fourni le moyen de fixer un « lieu » ou « sort » à chacune des planètes, affublées également de noms mystiques. Pour le moment, revenons au « Sort de la Fortune » et à Manilius en passant par Ptolémée. Ptolémée, à qui toutes ces spéculations arithmétiques, imaginées sans ombre de raison « naturelle », inspirent visiblement du dégoût, n’en conserve que le Sort de la Fortune, un seul, le môme pour les génitures soit diurnes, soit nocturnes, comme l’avaient voulu Néchepso etPétosiris. 11 dédaigne de faire savoir aux ignorants que son procédé unique est l’équivalent
1. Dans toutes les figures ci-ilcssus (3'j-37), SL = 150» et LS = 210» ;
Fig. 35, 1. Le sort de la Fortune unique, d’après Néchepso et Ptolémée. Il est évident que la distance SL reportée à gauche de l'Horoscope aboutissant en F, la distance complémentaire LS reportée à droite, par la méthode dite nocturne, eût abouti au même point. Ptolémée n’a conservé, par conséquent, que le premier procédé. L’angle LOF = l’angle SOIl (ci-après, p. 296, 2).
Fig. 35, IL La méthode de Néchepso, interprétée par Manilius et Firmicus, fournit aussi un terminus unique pour les deux procédés; mais la condition exigée par Ptolémée pour « l’horoscope lunaire » n’est plus remplie, l’arc LOF n’étant plus égal à l’arc SOIL Manilius s’est évidemment mépris, et Firmicus a suivi Manilius, qu'il ne cite jamais.
Fig. 36, 1 et IL Système du sort de la Fortune différent pour les génitures diurnes (report de SL) et nocturne (report de LS). La condition exigée par Ptolémée n’est pas remplie pour le cas de géniture nocturne.
Fig. 37, 1 et IL Figures montrant que le x),f,p o î Aaipovoî diurne remplace le x>,f|poî Tû/fn; nocturne, et inversement. Le résultat eût été le même si, comme le veut Paul d’.\lexandrie, l’on avait conservé le report à gauche et employé les distances complémentaires, LS pour SL, et SL pour LS.
CIIAP. IX, LE CEUCLE DE LA GÉMTLHE
exact des deux procédés pétosiriaques qui avaient mis tant de cervelles à la torture. 11 reporte dans tons tes cas à la gauche de 1 Horoscope la distance du Soleil à la Lune, et il obtient ainsi un point qu’il consent à appeler, par déférence pour l’usage, le Sort de la Fortune, mais qui est en réalité une espèce d’« horoscope lunaire » L Ce point a une valeur à ses yeux, parce qu’il lui a découvert une raison d’être « naturelle », l’horoscope lunaire étant placé par rapport à la Lune dans la même position angulaire et du même côté que l’Horoscope proprement dit par rapport au Soleil L Puisque cette relation mathématique suffît à calmer les scrupules de Ptoléinée, nous n’irons pas demander comment il se fait que cet angle quelconque établit un rapport si notable entre l’Horoscope et le Soleil, l'horoscope lunaire et la Lune, alors qu’il était entendu que seuls les angles catalogués sous le nom d’aspects ont une vertu eflicace. Ptoléinée eût répondu sans doute que, ce qui importe ici, ce n’est pas l’angle lui-même, mais la similitude des deux angles, le fait que le Soleil et la Lune sont dans le même rapport de position, chacun avec un des points fatidiques.
Nos tracés graphiques (fig. 3o-37) rendront intelligibles et le texte de Ptolémée et !’« énigme » pétosiriaque et les tergiversations, rectifications ou contradictions d’astrologues en mal d'exégèse, dont quelques-uns ne savaient plus distinguer la droite de la gauche ou discutaient sur l’inversion partielle ou totale.
De quelque façon qu’il soit déterminé, le Sort de la Fortune a, dans un thème de géniture, une importance majeure. Au dire de Firmicus, il décide non seulement de la fortune, c’est-cà-dire de