Manil., 111, 96-lo
2. Autres contaminatious, celles-l^ plus intéressantes, entre les lieux ou sorts astrologiques et les divisions du temple à 16 cases où les haruspices avaient réparti les divinités. A la XI® case de ce temple, on trouve Forluna (XP lieu, ou place du XI® lieu, dans IManilius, ci-dessus, lig. 30) et Valiludo (XI® sort de Manilius). A la V® case toscane se trouvent Juno et Genius, divinités du mariage (V® sort de Manilius); à la IX®, Genius Junonis Sospilae (correspondant à l’éducation des enfants, 1X“ sort; car Juno Sospila Mater est déesse de la maternité. L. Preller, Rom. Myth., P, p. 216) : à la 11®, Quirinus, Mars, Lares militares {\\<^ sort de Manilius); à la 111®, Minerva, Discordia, Seditio (111® sort de Manilius, urbani lahores - jurgia - hoc quoque militiae genus est). Cf. Ilist. de la Divination, IV, pp. 24-25, et l'art. ll.vuusricES dans le Dict. des Antiquités de Daremberg et Saglio.
3. Scaliger ne se lasse pas de répéter (p. 186 sqq.) qu'il a été le premier à reconnaître l’autonomie du système des àOXa de Manilius, inconnu de tous les autres astrologues, anciens et iwoàcvnes, quum ante nos nullus Mathemalicus, ne gloriosuli quidem inter illos, quid essent athla, sciverint (p. 187) : sur quoi Saumaise, agacé, remarque que ni Manilius, ni Scaliger n’ont compris le véritable sens d’àOXa, qui signifie des prix (l-itaOXa), et non pas des luttes ou concours, des àOXo; (pp. 127-128). 11 est possible, pour ne pas dire probable, que tous les xXfipot énumérés ci-après aient servi de point de départ, d’iloroscope, à des cycles autonomes pareils à celui-ci, chacun contenant un des multiples aspects de l’existence. Toutes ces méthodes ont été balayées par Ptoléméc.
LES DODÉCATÉMORIES PLANÉTAIRES
Le système desxXr,poi, « lots « ou « sorts », est un ensemble dont le « sort de la Fortune » n’est qu’un débris. Il consiste, étant donné la position d’une planète, soit considérée isolément, soit par rapporta une autre, à s’en servir comme d’un dé qu’on jette sur le cercle et qui va rouler à une autre place. Les dieux jouent à cache-cache avec les mortels, et c’est le comble de l’art que de leur arracher leur secret. Pour les inventeurs de cetle « loterie », les positions visibles des astres ne sont pas celles où ils exercmit réellement leur énergie. Celles-là, il laut les chercher, et Ion peut s’attendre d’avance à des tours de main assez compliqués.
11 y a pour cela deux procédés, dont les astrologues euxmêmes n’ont peut-être pas aperçu le lien L mais dont l’albnité va se révéler par la comparaison ; l’un, qui reporte une planète considérée isolément à sa « dodécatémorie » ; l’autre, qui se sert, pour trouver le lieu elTicace, de la mesure de la distance comprise entre la planète susdite et une collaboratrice désignée comme telle non par sa position, mais par son tempérament. Ceignons nos reins et entrons résolument dans ces arcanes issus de cerveaux enfiévrés et détraqués -.
Les « dodécatémories » planétaires dont il s agit ici n ont que le nom de commun avec la division des signes en douzièmes (owoîxccTTj gôptov otoo£yv0tT7][jLop'.o'jj doot ü a été questiou plus haut (p. 210,3). Le système est déjà connu de Manilius», qui s’exténue
1. Le système des dodécatémories passait pour chaldécn {Babylonii enim duodecatemoriis omnium summam decrelorum Iribuunl. lûrmic., 111, 13, 14 Kroll) ; celui des pour égyptien (et. ci-après). Mais le scoliaste (Anon.,
pp. 47-48) attribue aussi les ôii)Ô£->caTT,aopia à ses « Égyptiens ».
Toù; oi-Acîou; -cô-o'jc; Gsuptac imcry.c-TÔixîvoi, a. -r. X. {Telrab., III, 3, p. 148 Junctinus). 11 avait déjà dit, à propos de quantité de subdivisions du Zodiaque ; Ta'jvx ixâv, O'J TîiOavàv xai où 'p'jjtxàv, àXXâ '/csvôoo^ov ëyov-a Xôyov t apf, sojxcv [Telrab., 1, 21, p. 76 .lunct.). Sans doute ; mais il s'est mis de son plein gré dans la société de ces monomanes, et il n’est pas à nos yeux moins naïf,
lui qui croit à la vertu « naturelle » des aspects et des oixîToi TÔ-ot. Le
scoliaste insiste sur la xîvoôo^ia des inventions des « premiers Égyptiens <> (Anon., pp. 47. 48. 89).
3. Sur les dodécatémories, voy. Manil., Il, 693-730; Firmic., H, 13 [De duodecalemoriis)-, Schol. DemophiL, p. 194; llephaest., 1, 18; Paul. .Alex. (Ilepl ôwSs-
xaTT||xopio'j. K-K2). Paul d'Alexandrie commence ainsi son exposé : T6 5à xwv
àTTÉpwv ou6£xaTT,a6ptov, xai oîouôTiZOtê z~-z xëvTpo’j; zliz y.Xf,pou, "paypia- Tô'jvÉov oÜTw;, etc. Les dodécatémories (planétaires) sont notées dans le thème de géniture du papyrus de 81 p. Chr. [Gr. Dap. Brit. Mus., CXXX).
CHAP. IX. — LE CERCLE DE LA GÉXITURE
à en versifier l’exposé, et, loin de tomber en désuétude après Ptolémée, qui refuse de s’y arrêter, il devient une méthode générale, qu’on emploie à déplacer non seulement les planètes, mais les « centres » et les xX-^pot eux-mêmes. Comme il est absurde en lui-même, ses partisans le mettent au-dessus de tous les autres et grossissent la voix pour le déclarer indispensable. « D’aucuns », dit Firmicus, « pensent pouvoir trouver par là toute « la substance d’une géniture et déclarent que tout ce que recèle « le décret (du destin) peut être révélé par les dodécatémories ». Et, en effet, Firmicus ne manque pas, après avoir énuméré les « décrets» d’une planète ou du sort de la Fortune, d’ajouter: « de plus, chercbez-en la dodécatémorie »
On appelle dodécal(hnorie d’un point quelconque du cercle (centre ou siège d’une planète), le degré du signe dans lequel aboutit le produit du quantième de degrés occupé par lui dans le signe oii il se trouve multiplié par 12 et reporté sur le cercle, à partir de sa position réelle, dans le sens des signes, à raison de 30 degrés par signe. Pour éclaircir cette définition, nos auteurs prodiguent les exemples. « Soit », dit Firmicus, « le Soleil dans le « Bélier à 5“ 3'; douze fois o° font 60“ et douze fois o' font 60' (un « degré), de sorte que le total est 61“. Donnez au Bélier, où nous « disons qu’est le Soleil, 30 degrés, et au Taureau 30. Le dodéca- « témorion tombe au 1®'’ degré des Gémeaux » Paul d’Alexandrie montre par un calcul semblable que. Mercure étant au