CHAPITRE X
PUOinUÉTl^S ET PATHONAOES rEUUESTUES
UES ASIRES
Nous avons appris à connaître les forces agissantes qui mènent le monde et leurs points d’attache au ciel, dans les positions des planètes et des signes ; mais il n’a guère été question jusqu’ici de la Terre autrement que comme siège de l’observateur et centre de toutes ses mesures. A côté de ces relations perpétuellement variables et déterminées pour chaque cas par le calcul, 1 astrologie en a supposé d’autres, fixes, toujours semblables a ellesmêmes, qui ajoutent leur action spécifique aux influences accidentelles, pour accroître ou entraver celles-ci. En un mot, de même que le Zodiaque a été garni sur tout son pourtour de domaines permanents, de même le monde terrestre a été partagé en domaines dévolus soit aux planètes, soit aux signes, soit, concurremment, aux uns et aux autres. Ce partage peut porter sur des surfaces ou régions terrestres; il peut concerner aussi des catégories de choses ou d’êtres animés. Enfin, puisqu’il est entendu que l’homme est un microcosme, le partage fait sur le monde peut être répété sur lui et aboutir à une répartition des influences astrales entre tous ses organes corporels et toutes ses facultés psychiques.
Ce procédé logique est, en somme, si naturel, malgré les résultats bizarVes auxquels il conduit, qu’on ne saurait dire à quel moment et par quel biais il est entré dans la doctrine. Les astrologues l’ont poussé aux conséquences extrêmes, mais ne l’ont pas inventé. Sans doute, une carte terrestre découpée en fiefs sidéraux, comme celles que nous rencontrerons plus loin, a la prétention d’être œuvre savante; mais des esprits plus primitifs pouvaient arriver, sans tant de mathématiques, à une conception analogue. Qu’étaient-ce que les cités antiques, sinon les domaines propres de leurs divinités poliades? H suffit de rempla-
CHAI’. X. — PATKONAGES TEKRESTRES DES ASTRES
cer les dieux populaires par les astres, dieux aussi, pour ébaucher le système que se sont approprié les astrologues. Platon ne songe pas à leur doctrine quand il fait dire à Critias : Les
« dieux se partagèrent autrefois la terre entière, contrée par « contrée, et cela sans querelle. Ils s’installèrent dans chaque « contrée, et, une fois établis, ils prirent soin, comme font les pas- « teurs, de nourrir et former les hommes, qui étaient à la fois ft leurs élèves et leurs propriétés » Si les astrologues n’ont pas inventé le partage de la terre en surface ou par populations ils n’ont pas manqué non plus de précurseurs (jui ont imaginé le partage des catégories de choses, prises dans tous les règnes de la Nature. La mythologie avait disséminé ses dieux dans l’air, l’eau, la terre, avant que les astrologues n’eussent disserté sur les alfinités des corps célestes avec le froid, le chaud, le sec et l’humide. Les poètes avaient chanté le Soleil d’or et la Lune d’argent ou parlé du fer de Mars avant que la chimie astrologique n’eût adjugé chaque métal à une planète déterminée. On connaissait les végétaux, les animaux que préféraient certains dieux ; le chêne et l’aigle de Zeus, le laurier et le dauphin d’Apollon, le myrte et la colombe d’Aphrodite La médecine astrologique (laxpo|j.aOrqjLaT:txr;) qui est fondée tout entière sur les alfinités des organes d’une part, des médicaments de l’autre, avec les astres, a été devancée par les superstitions populaires. La démonologie, qui attribue les maladies à la possession du corps par des puissances occultes, est la première forme des religions, qui ne s’en dégagent jamais complètement et y retournent lorsque vient pour elles la décrépitude. Les astrologues n’ont fait que démarquer et transposer le bagage d’amulettes, phylactères, recettes magiques, dont ils ont hérité. Ce n’est pas eux qui ont eu les premiers l’idée de transformer les viscères en propriétés divines. De temps immémorial, les devins considéraient le foie comme le siège de la révélation, — le miroir sur lequel les dieux projettent des images révélatrices, suivant Platon, — et c’est pour ne pas être en reste avec leurs devanciers que les astrologues y logèrent Mercure.
Do toutes les traditions et rêveries antérieures, les astrologues