Diod., II
2. Vitniv., IX, 1 [4]. Plut., Plac. phil, II, 29. Stob., Ecl. phys., I, 2.3 pp. 532 et 336. Cf. Lucret., V, 719-729. La même e.xplication devait servir pour les éclipses de Soleil. Dans les Védas, le Soleil a deu.x faces ; l’ime blanche, avec laquelle il fait le jour, l’autre noire, avec laquelle il fait la nuit. L’Inde, où s est implantée plus tard l’astrologie grecque, a bien pu emprunter auparavant aux Chaldéens. Vitruve a l’air de trouver l’explication de Bérose, en ce qui concerne la Lune, aussi bonne que celle d’Aristarque de Samos, conlorme a la nôtre. C’était, en tout cas, un progrès sur l’explication enfantine des astres dérobés par des magiciens ou avalés par des dragons.
3. crxacpocton xa- -/oîXr,'/ (II, 31, 7). Ce serait une barque renversée : cf. p. 40.
4. Pour soumettre à l’analyse ce chapitre chaotique de Diodore, il faut d’abord se déprendre d’un respect outré pour un auteur tout à lait dépourvu de sens ci itique et surtout pour les soi-disant Chaldéens qui l’ont renseigne, gens capables de pétrir ensemble les traditions les plus disparates, ne fut-ce que par ignorance. Cela fait, — et il est fâcheux que Letronne n’ait pas osé le faire, — on peut procéder à l’inventaire. Écartons provisoirement lespoints qui seront repris ailleurs, comme les noms des planètes, qui, sauf le nom de I),« sont les mêmes en Chaldée qu'en Grèce » (qu’est-ce à dire?); comme l'incohérence d’une description où les planètes sont d’abord placées au-dessus des 30 [iouXaioi Osot, mais circulent pourtant, y compris le Soleil et la Lune, parmi les ÇwS'.a auxquels président 12 de ces dieux, sans compter que la Lune est au-dessous de tous les autres astres [\j~h ~âvTa và ~pos'.pT||j.£va). Nous rencontrons d’abord la théorie des ^ou- Aaïoi 8so i. Sont-ils 30 ou 36 ? La plupart des savants, Gesenius, Letronne, Lepsius, llommel, corrigent vpiây.owa en S; yal -rp'. âxowa, attendu que ces dieux sont les « décans » . Les décans, nous le verrons, sont égyptiens ; mais llommel {Astrologie der alleu Chaldüer [im Ausland, 1892, n““ 4-7]. — Leberden Urspruuf/ und das Aller der aralnsclien Slernnamen und insbesondere derMomlslalioueu. ûuns la ZDMG., XIV [1891], pp. 392-619) se croitobligé de les réclamer po\ir la Chaldée, ce qu’ont fait avant lui, et sans plus de garanties, les Chaldéeus de Diodore. Ces Chaldéens — ou Diodore — ont confondu deux systèmes distincts, celui des 36 décans et celui — égyptien aussi — des dieux /povoxpâ-
CHAP. II. — l’astiiolooie chaldéenne
Nous n’avons pas la prétention de débrouiller, le texte de Diodore, mais plutôt de le laisser :i l’écart, dépouillé de l’autorité qu on s est plu à lui conférer et réduit à la valeur d’une improvisation sans critique ni chronologie. Elncore moins ferons-nous intervenir les « Chaldéens » du ir siècle de notre ère, les fabricants d’« oracles chaldaïques » remontant à la plus haute antiquité et regorgeant de sagesse divine. On ne saurait trop répéter dès à présent que, soit sur les Chaldéens, soit sur les Égyptiens, on ne peut se lier qu’au témoignage des documents indigènes.
Les documents chaldéens nous apprennent que, des deux grands ouvriers de la Nature et du Destin, le Soleil et la Lune, c’était notre satellite, doté du nom de Sin et du sexe masculin, qui tenaille premier rang. Le dieu-soleil Samas ne venait qu’ensuiteL Les Grecs — comme les Égyptiens — furent d’un autre avis et rendirent au Soleil la primauté ; mais on comprend que des astrologues aient pris pour sujet principal de leurs observations et objet de leurs hommages le corps céleste le plus vivant pour ainsi dire, le plus rapide dans sa course et le plus varié dans ses
Topcç présidant aux 30 jours du mois. Ces 30 dieux sont connus du scoliastc Démophile (ap. Porphyr., Isagoge, p. 200), qui en fait « trente étoiles de première et seconde grandeur » collaborant avec l’horoscope. Ils mériteraient bien le nom de « conseillers », car Démophile assure qu'ils agissent spécialement sur râme (xà xf.ç Enfin, les douze -/.ùp'.o'., les chefs des décans,
sont revendiqués pour l’Égypte, et cette fois avec le titre de pooXaïot, par le scoliaste d’Apollonius de Rhodes : oi Aîyj'Trxtoi — xà pÈv StioExa 0SOÙÎ pou)va(ouî TîpouTiYÔpE’jcav, xoù? 6s irAavf.xaî paêSo'pôpo'j; (Schol. .Ap. Rh., IV, 266). De ce mélange de . traditions est sorti le texte incohérent de Diodore. En tout cas, ses Chaldéens songeaient aux 36 décans, car ce sont les décans qui se lèvent et se couchent de 10 en 10 jours. Les 24 ôi xaffxai x<ôv 6>vü)v ont mis aussi les imaginations aux champs. Ceux des vivants sont audessus de l’horizon, ceux des morts au-dessous. Soit ! Mais pourquoi 24, et en dehors du Zodiaque? Ilommel fait ü du nombre et de la position ; il les transforme en stations lunaires, ou, en tout cas, planétaires, singulière façon d'utiliser le texte de Diodore. Sayee suppose que Diodore, au lieu de N. et S., a voulu dire E. et O., et, au pis-aller, il constate que l’étoile polaire est appelée « Juge du ciel ». 11 n’y a qu’une explication plausible; c’est que ces étoiles extra-zodiacales sont encore des / p o v o x p àx o p e;, les divinités qui président aux 12 heures du jour et 12 heures de nuit, les mêmes qui, conçues comme / p ovoxpâxopeî des jours du mois, sont portées au nombre de 30. 11 n’y a rien dans tout cela qui soit authentiquement chaldéen, de l'ancienne Chaldèe.
1. On comprend que le soleil ardent de la Chaldèe ait passé surtout pour un dieu destructeur. Dans l’astrologie indienne, le Soleil est le chef des planètes malfaisantes, le mal; comme la Lune est le bien (cf. J.-M.-F. Guérin, Astronomie indienne. Paris, 1S47, p. 83). La Lune, astre philanthropique, a sur lui une supériorité morale.