‹ L'astrologie grecqueChapitre 189 sur 360 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

APOTÉLESMATIQUE UNIVERSELLE

Plolémée nous a ménagé une transition des plus opportunes en faisant entrer dans son apotélesmatique universelle les conditions préalables sur lesquelles se fondent ses pronostics. La première moitié du présent chapitre appartient en réalité au chapitre précédent et le continue. 11 s’agit de répartir les intluences sidérales non pas tant sur la Terre considérée dans sa structure physique que sur la « terre habitée » (oîxou[j.iv7)), c’est-à-dire sur le support des groupes humains appelés cités ou États, peuples, nations, races. C’est donc l’homme encore que visent surtout, pour ne pas dire uniquement, les divisions et subdivisions que j’appellerai « chorégraphié astrologique « L

1. Cf. A. Bouchô-Lcclercq, Chorographie astrologique (Mélanges Graux [Paris, 1884], pp. 341-331) et l’adaptation du système au.x royaumes et villes modernes dans Junctinus, pp. 811-821. Xwpoypacsta n’est pas un mot spécialement astrologique : les astrologues évitent même de l’emprunter aux géographes. Ils préfèrent l’analyser en termes concrets et écrire sur leurs tableau.x:Al /wpat (ruvof/.£ioû[jisvat toïç i6' Çw 6 totî (Ludwich, A?iecdota, p. 112), ou llepl Vf,? twv ywpwv Ttpôî và xply^va aaî voix; isvépa; a u v o i a e i lo œ£ w ç (Ptol. , Telrab. 11, 2). On rencontre dans nos textes un article qui appartient inditléremment au présent chapitre ou au précédent : la répartition des patronages de signes sur la terre envisagée au point de vue de la conQguration et nature du sol, point de vue dont les auteurs de cartes chorographiques sont censés avoir tenu compte. Ainsi, le Bélier domine les prairies et pâturages : le Taureau; les terres arables; les Gémeaux, les montagnes et terrains élevés et incultes (légendes d’Apollon et d’ilercule?) ; le Cancer, les lieux bas, humides, boisés; le Lion, les déserts et repaires de fauves ; la Vierge, les terres à blé ; ki Balance, les plaines non labourées et les palmiers ; le Scorpion, les vignobles de côte et mûriers ; le Sagittaire, les vignobles de plaine, cèdres, cyprès, etc. ; le Capricorne, les jardins maraiebers et les chèvres ; le Verseau, les fleuves et lacs ; les Poissons, la mer et les poissons. Voy. ces détritus de traditions dans les abrégés de basse époque (Ludwich, pp. 119-120).

CHAP. XI. — APOTÉLESMATIQUE UNIVEHSELLE

IHolémée nous avertit, en abordant l’apotélesmatique ou mise en œuvre de l’outillage astrologique, que cette branche de 1 art se partage entre deux tâches bien distinctes, selon qu’il s agit de pronostiquer des événements intéressant des êtres collectifs ou les incidents et virtualités de la vie individuelle. Comme la tache est différente, ainsi la méthode. Les êtres collectifs ne naissent pas a un moment donné, et c’est par métaphore que l’on parle des étapes de leur existence, de leur croissance et de leur mort. On ne peut donc pas observer leur horoscope et dresser pour eux uu thème de géniture. En admettant que cela fût possible, approximativement et dans certains cas, comme la fondation d’une cité à une date connue, il est des phénomènes, comme les tremblements de terre, les famines, les pestes ou les guerres, qui intéressent au même moment plus d’une cité à la fois et dont le pronostic doit être cherché en dehors des méthodes servant à établir les destinées particulières.

L astrologie appliquée ou « apotélesmatique ' » se divise donc en « universelle » (xaOoXtx r'- y. aO’ 6’Xov) et en « spéciale » (y£v>,x6v) ou « généthlialogie ».

La méthode principale employée par l’astrologie « catholique » est l’interprétation des éclipses des deux luminaires, lesquelles indiquent la nature, le genre et l’espèce, enfin l’intensité et la durée de l’événement attendu en conséquence du phénomène observé. Quant au lieu où le pronostic devra se réaliser, il faut, pour résoudre cette question, la plus importante de toutes au gré des consultants, qu’une correspondance ait été préalablement établie entre les régions terrestres et les parties du Zodiaque où se produisent les éclipses.

Telle est l’utilité des cartes terrestres divisées en fiefs astrologiques, cartes dressées d’abord par des praticiens qui n’y inséraient que l’indispensable, c’est-à-dire les domaines zodiacaux, puis par des savants qui, en y introduisant les planètes, ont eu la prétention de convertir la chorégraphié astrologique en ethnographie comparée.

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