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LA CMOROGRAPIIIE DE PTOLÉMÉE

s’allend à des tours de force. Le fait est que, si l’on n’aperçoit pas toujours les raisons qui motivent les attributions de détail, on remarque très bien les précautions que prend l’astrologue pour réserver sa liberté et se garer des objections. La combinaison des iniluences planétaires avec les iniluences zodiacales augmente déjà considérablement le nombre des nuances apj)!!cables à la peinture des caractères ethniques. La sympathie des signes associés eu trigonc oll're une foule de ressources sup[)lémentaires. Eulin, comme les peuples (|ui habitent les régions centrales sont de race plus mêlée et doivent à une civilisation plus avancée une plus grande variété d’aptitudes, le prudent docteur pose comme règle (pie les parties des quadrants tournées vers le centre de figure « assument par surcroît » (TipojXagêâvouat) les caractères des quadrants opposés, sans compter rinlluence de la planète Mercure, qui, représentant la culture intellectuelle, leur est commune à tous.

Ptolémée déguise de son mieux la marche qu’il a suivie : il n’avoue pas que les allinités constatées par lui ont servi de point de départ à ses inductions. Il suppose les causes connues directement par la physique et la géométrie astrale, d’une part; par la géodésie et la météorologie, de l’autre; et il n’invoque les tempéraments ethniques ([ue comme preuves de fait. Il se garde bien de convenir que les causes, parfaitement inconnues en elles-mêmes, la chaleur solaire mise à part, ont été imaginées pour expliquer les effets. Ce n’est pas qu'il y ait lieu d’incriminer ici sa bonne foi. Los dogmes sont toujours des anivres collectives; ceux qui les achèvent ou les modifient suivent une impulsion qui ne vient pas d’eux. Il ne faut pas croire que la carte astrologique de Ptolémée n’avait pas de mystères pour son auteur ‘ ; elle

1. Ptolémée (ou Posidonius) a dû être fort gêné par la coexistence de traditions divergentes. 11 eût été fort simple de partager la terre, comme le ciel, en deux moitiés : l'une, solaire, à l'Orient; l’autre lunaire, à l’Occident. On retrouve un débris de ce système dans Jean de Lydie : où yàp povosiSsî? al cxXsivJ/e;;, 'IlXtoo pèv ’Astav ùts-ov-to;, XsX t, vr, ; 6o Tr,v KùpcoTTTjv [OstenL., 9). Mais tes mages ou Chaldéens de .Xerxès avaient atïirmé jadis "tOaov stva’ 'EXXt,v(i)v TipooixTopa, 'LiXr^'rr^'t 6è Taswv [sc. lUpowv] qierod., Vil, 37), et les devins « égyptiens » d’Alexandre de même : affirmant Salem Graecorum, Lunam esse Persurum (Curt., IV, 10, 6). Ptolémée n’a pas voulu accepter cette tradition tout entière, de façon à donner des adresses ditférentes aux éclipses du Soleil et de Lune : mais elle l’a obligé à faire prédominer — contrairement à la théorie de P aïpE7i<; — le tempérament solaire à l’Occident, le lunaire à 1 Orient. Le système des trigones, qui réunit des points très distants du cercle, était évidemment le plus propre à masquer et escamoter les ditîicultés.

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CITAP. XI. — APOTÉLESMATIQUE UNIVERSELLE

repose sur quanlilé de prétendues observations et d’associations d’idées qui sortaient les unes des ollicines astrologiques, les autres d’une espèce d’opinion générale, de jugements anonymes portés sur les peuples et les races par les habitants du monde gréco-romain. Ce sont précisément ces jugements qu’il est le plus intéressant de relever dans notre analyse : si l’astrologie est une chimère, ils ont été, eux, une réalité.

IHolémée a soin, tout d’abord, de limiter et préciser la valeur des intluences exercées sur les régions terrestres par les astres rangés dans le Zodiaque. Ces intluences s’ajoutent et ne se substituent pas à celles, plus immédiates et plus énergiques, du climat, de l’altitude, de la nature du sol. Il est évident que les riverains de la mer s’adonneront à la navigation et que les cavaliers se rencontreront là où peut prospérer l’élevage des chevaux. Ensuite, les intluences dont il s’agit sont générales et non particulières; elles n’atteignent l’individu que comme partie d une collectivité.

Pris en masse, les peuples de l’Europe, placés sous 1 iniluence de Jupiter et de Mars en phase occidentale (sTTrép-.oi ) *, sont belliqueux, ennemis de toute servitude, plus sensibles à I amitié qu à l’amour et trop portés à convertir l’amitié en amour physique. L’absence de Vénus se lait sentir, à ce point de vue, dans la partie extérieure du quadrant, celle qui ne reçoit pas l’inlluencc du quadrant ou trigone opposé, c’est-à-dire chez les Bretons, Gaulois et Germains Ces Barbares sont sous 1 iniluence exclu-

1. La mention de la phase est un raffinement dont il n’était pas question dans le chapitre des trigones (ci-dessus, p. 199-2ÜG). Cardan (p. 228) 1 explique en disant que les quatre planètes qui dominent chacune un des points caidinaux (ci-dessus, p. 201, 3) ne dominent ailleurs que en condition ou phase concordante avec l’orientation de la région. Ainsi, .lupiter gouverne en tout temps le Nord; mais il n’a d’action à l’Occident qu’en phase vespérale. Cardan improvise, comme toujours. Il oublie que Ptolémèe exige ta phase concordante même du principal œcodespote, de celui qui est censé être sur son domaine propre.

2. On est surpris de voir avec quelle insistance les Grecs rejettent sur les lîarbares — les Barbares d’Occident — l’ignominie d’un vice amiuel ils ont donné une triste notoriété en en faisant un thème littéraire, et même philosophique; ce dont, à coup sûr, les Barbares ne leur avaient pas donné rexemple. Cette accusation, dont on ne peut plus discuter la valeur historique, remonte au moins jusqu’à Aristote. Parlant des peuples belliqueux et par conséquent voluptueux (toujours Mars et Vénus!), Aristote dit que ces peuples sont en danger de tomber sous la domination des lemmes, « a 1 exception des Celtes et de tels autres peuples qui ont ouvertement encourage le commerce avec les mâles » [PoliL, 11, G, G). Contre les Celtes, terreur du genre humain, tout était licite. T/affirmation d’Aristote, précisée et aggravée par Posidonius, l’historien attitré des Barbares du Nord, et sans doute aussi

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