‹ L'astrologie grecqueChapitre 204 sur 360 · PtoL, Telrab., 11, 7; Anon., pp · texte numérisé non relu

PtoL, Telrab., 11, 7; Anon., pp

Irigone, confins, etc. *. Le signe écliptique n’est pas le seul point d’attache de ces rapports. Le « centre » ou point cardinal qui le suit, et que le mouvement diurne va faire passer au lieu de l’éclipse a une importance presque égale. La planète maîtresse sera donc celle qui a des rapports, et le plus de rapports, avec ces deux « maîtres lieux » (xjptot T:Ô7iot) à la fois. En cas de concurrence entre plusieurs planètes ayant une somme de droits égale, l’arbitrage devient une opération délicate, guidée par des règles ^ sur lesquelles il est d’autant moins à propos d’insister que nous les retrouverons plus loin. Parmi les étoiles extra-zodiacales, celle qui est la plus qualifiée pour collaborer est celle qui se trouve sur le « centre » le plus rapproché de l’éclipse, mais du côté de l’üccident, c’est-à-dire qui a le plus récemment passé par la position angulaire de l’éclipse. A son défaut, on prendra celle qui se serait levée ou aurait culminé au moment de l’éclipse.

L’astrologue a maintenant à analyser, d’abord le signe écliptique lui-même, ensuite les signes où se trouvent ou auxquels correspondent les planètes et étoiles introduites dans les données par les calculs préliminaires.

Il considère en premier lieu leur forme. Si ce sont des signes anthropomorphes, le présage vise l’espèce humaine. Si ce sont des signes terrestres (y^spaaTa), il s’adresse aux quadrupèdes, sauvages ou domestiques. Les signes ailés menacent les oiseaux ; les signes aquatiques les poissons : ceux de mer, si le signe est maritime, ceux d’eau douce, si le signe est tluvial. La constellation d’Argo, le navire qui traversait les mers et remontait les ffeuves, a les deux caractères à la fois.

En second lieu, l’astrologue fait état des influences que les signes doivent à leur position fixe dans le Zodiaque, en tant que tropiques ou équinoxiaux, solides ou bicorporels. 11 en tiie des pronostics météorologiques, applicables aux saisons et aux fruits

1. C’est le système de l’« œcodespotie de la gèniturc », auquel nous aurons all'aire plus loin (ch. xii), et (lui est comme le refrain de toutes les cantilènes astrologiques.

2. Je suppose que les astrologues ont fait cette ombre de raisonnement, et, par symétrie, le raisonnement inverse pour les étoiles fixes. Mais il paraît que les Arabes avaient fait ou passaient pour avoir fait scbismc sur ce point, en tenant pour le centre précédant le lieu de l’éclipse, c est-à-dire quils unifiaient la méthode en traitant de la même façon centres et étoiles fixes

(llaly Abenroda ap. Ciruelo, fol. d 8).

3. Oiov TÎ; aùxwv saxiv èv xo) û-T:èp yfiv T.iricitpaipiü), x£ç XLç àvaxo>.ix6î. Et 5è xauxa vtotvà Èitl Trâvxiüv suplffxovxat, (lâAXov -iTpoxt[j.f,ffO|i.:v (Anon., p. C7; id., p. 69J.

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PRONOSTICS TIRÉS DES ÉCLIPSES

de la terre, et aussi aux poussées morales de nature analogique ; à la religion et aux prêtres, s’il s’agit de signes équinoxiaux *, aux changements et révolutions politiques, s’il s’agit de signes tropiques. Les signes solides visent les monuments et édifices; les signes bicorporels, les « hommes et les rois »

En troisième lieu, l’astrologue estime dans tes signes l’influence qui leur vient de leur position angulaire par rapport à l’horizon. Le signe qui se trouve à l'Horoscope ou dans le quadrant oriental au moment de l’éclipse vise la jeunesse, l’avenir ; au méridien, il concerne les hommes faits, les prêtres et les rois; vers le couchant, les vieillards, les morts, les réformes des vieilles lois.

Enfin, on préjuge l’intensité absolue des effets attendus — et non plus, comme tout à l’heure, les phases d’intensité — d’après la grandeur de l’éclipse, et aussi d’après la position des planètes intéressées. En effet, les planètes vespérales diminuent l’effet des éclipses de Soleil; les matinales, l’effet des éclipses de Lune et

1. Sans doute parce que les dieux et prêtres sont au haut du inonde (Équateur dans la sphère droite) et à la tête (Bélier) de l’espèce humaine, y faisant régner l’autorité et l’équilibre (Balance). Au physique, ce sont les arbres (Hephaest., p. 78), élevés aussi, et en général le haut des plantes (twv tsuTiv ta axpa. Anon., p. 68), que visent les pronostics équinoxiaux.

2. Pour les signes « tropiques », l’analogie est dans le mot même (de xperw), et il n’est pas malaisé de voir pourquoi les signes « solides » menacent la solidité des édifices. Pour les « bicorporels », le scoliaste oublie la double nature de 1 homme ; mais il estime qu’un roi représente deux rapports, celui du roi avec ses sujets, celui des sujets avec le roi (p. 68). Cardan (p. 2o5) trouve mieux : quia Her/es plerumque sunt duplicis animi et valde callidi. Ptolémée n’a pas voulu lâcher le flot des superstitions mélothésiques (cidessus, ch. x), qui lui auraient fourni et fournissaient à d’autres des adresses toutes faites: minéraux, plantes, animaux et espèces d’animaux, de plantes et de minéraux. 11 en prend quand même plus qu’il ne croit. On retrouve, échoué dans lléphestion (p. 89), un autre système, qui aurait dù tenter Ptolémée, s'il lui est antérieur, car il divise le cercle en trois arcs compris entre les sommets d’un trigone. Le premier arc (de kr inclusivement), peut-être parce qu il comprend le Bélier et deux « centres » (solstice-équinoxe), concerne les rois ; le second (de ^ à Si), en majeure partie bestial, les émeutes populaires; le troisième, sans doute en 1 honneur de la Vierge et de la Balance, les lieux sacrés. Un autre système encore, usité pour les éclipses souterraines (ci-après, p. 356), prend les quatre trigones. Une éclipse survenant dans le « trigone royal » (T SI 4:) vise les rois; dans le trigone agricole (’cf’ nj X), les fruits de la terre , dans le trigone « humain » (H A :s), les hommes en général, menacés de peste et famine; dans le trigone bestial et prolifique (^ in )(), les foules, décimées par les émeutes, guerres et naufrages (lo. Lyd., Ostent., 9).

3. En vertu de la règle ou axiome du « sexe de position » (ci-dessus, p. 102), les planètes vespérales se féminisent et les autres se masculinisent; par conséquent, elles se mettent avec la Lune et contre le Soleil, ou inversement.

3S4 ClïAP. XI. APOTÉLESMATIQUE ÜNIVEUSELLE

inversement. Celles qui sont en opposition diamétrale avec 1 astre

éclipsé diminuent de moitié l’énergie du présage.

IV. Question de qualité ou forme. — Reste une question qui se compose de deux autres, souvent satisfaites par la môme réponse. L’événement présagé sera-t-il, en général, bon ou mauvais, et à quel point Tun ou l’autre? Secondement, de quelle espece particulière sera-t-il? Ce chapitre est un des plus hâtés et des plus confus de la Tétrahible. Entraîné par son goût pour les classifications, Ptolémée n’y a pas assez rétléchi. Il aurait pu se dispenser de traiter la première question, s’il s’en était remis à 1 opinion vulgaire, qui ne pouvait pas admettre qu’un pronostic tire d une éclipse ne fût pas malheureux *. Au point de vue religieux, ce a ne faisait pas de doute, le dieu éclipsé voilant sa face ou subissant une crise douloureuse. De même au point de vue physique, la privation de lumière et de chaleur en temps anormal ne pouvant être un bienfait pour le monde. Ptolémée invoque ici plus que jamais le « tempérament naturel » des astres ; mais la physique est aussi contre lui. Il juge donc que le pronostic est bon ou mauvais suivant le tempérament natnrel ou acquis de la planète (( maîtresse » de l’éclipse. Celte planète lui suffit L Là dessus il énumère, planète par planète « seule œcodespote », les pronostics à répandre sur les hommes, sur l’atmosphère, sur les animaux et végétaux, et cela sans sortir des banalités accoutumées. Saturne et Mars sont malfaisants comme à l’ordinaire, Jupiter et Vénus bienfaisants. Mercure l’un ou l’autre suivant la planète avec laquelle il est en aspect. On perd de vue l’éclipse et meme le caractère universel du pronostic, car on persuadera dilficilemen à un homme sensé que les humeurs froides ou les heureux ma-

1. Pascal remarque que prédire des malheurs était encore pour les astrolo<^ues le plus sûr moyen de ne pas se tromper ; « Us disent que les eclips s « m-ésagent malheur, parce que les malheurs sont ordinaires;... au heu que s'ils disaient qu’elles présagent bonheur, ils mentiraient souvent » (/cnsee.9,

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