‹ L'astrologie grecqueChapitre 207 sur 360 · Ap. Stob., op. cil., I · texte numérisé non relu

Ap. Stob., op. cil., I

5. Ptolémée suit probablement ici une tradition chaldéenne. Pour les Chaldéens. Mercure était un bûcher ardent, incendiaire, au moins autant que Mars (ci-dessus, p. 69). Les comètes où xi aùxà àiroxeTiOÜa'., xaxà 6è tîcîvxeç (Lyd., Oslent., 10).

6. Froid et humide, quoique Ptolémée le fasse sec à outrance (ci-dessus,

PUONOSTICS TIRÉS DES COMÈTES

de près aux disUnclioiis ; U cite en passant les comètes appelées poutres, trompettes, tonneaux « et autres noms semblables ». Ceux qui ne rougissaient pas de leur métier étaient moins discrets. Us décrivaient, classaient et reclassaient les comètes d’apres leur forme, leur couleur, leur origine présumée, et Campestrius, moitié haruspice, moitié astrologue, paraît avoir été un spécialiste en la matière. U connaissait les ellets de la comète dite « cavalière » (l-TnrEÛç), à cause de sa crinière rejetée en an ici e, et qui procède de Vénus; de la comète en glaive (çt'fîa;), qui vient de Mercure ou de Mars; de la comète en torche (Xa[j.Tiaoîaî), rapportée également à Mercure ou à Mars; de la comète propiement dite ou « chevelue » (xo[xr'TTj£;), qui procède de Jupiter; du « disque » ou tambour (otcrxeuc;), qui est un effluve et comme un décalque du Soleil; de la comète Typhon ou l’ouragan (Tucfcùv), créée par les remous de l’atmosphère h

Hp. 95-96. 190, 1). Ptolémée est en révolte — silencieuse, conmie toujours,— sinon contre une tradition auttientiqueincnt chaldéenne, au tuoins contre celle attribuée à Épigéne, disciple de Bérose. Suivant Épigène, le principal moteur des vents et tonnerres, c’est Saturne, par ses auva-fal et à-rcôppoiai. Uaec [slella] cum proxima signa Marti preinil auL in Lunae viciniani transit aut in Salis incidit radios, natura ventosa et frigida contrahit pluribus lacis aéra conglobatque. Deinde si radios Salis assumpsit, lonat fulguralque. Si Martem quoque consenlientem habet, fulminai (Senec., Q. Nat., VU, 4). On n en voudra pas à IHoléinée d’avoir trouvé trop compliquée la fabrication de cet explosif. 11 ne réclame pour Saturne ni vents, ni foudres, ni comètes.

1. Là non plus il n’y a pas de dogme orthodoxe et de vocabidaire arrêté. Stoici dicunt has stellas esse ultra Iriginta duas (Serv., Aen., X, 212). D’autres, au contraire, simplifient : une comète est xop.T,vT,(; avec la queue en bas, avec la queue en haut, 5oxi<; avec la queue horizontale (Ach. Tat.,

Isag., 34). Voici, pour abréger, les listes courantes : xoixi^-ïcu-crinitae, <lu Soleil (ci-dessus); pd65oi, de Jupiter (lleph.) ; noYtoviaî, avec la chevelure ou barbe en bas (Plin., lo. Lyd.); àxovTtat; (Plin., Lyd.), en forme de dard; Çiçlaç ou ?t'.poêiÔT,î, — la même plus courte (Plin.),— de Mercure(Lyd., lleph.), de Mars (Schol. Lucan., 1, 529); xspax iaî ou xopiavriç (Plin., Lyd.) ; Itîxeûî ou ïitxrtov (Plin., etc.), de Vénus (Lyd.),.i£pô<; àc7x-);p xf,<; ’A'fpoSixT.î (lleph.), du Soleil (Schol. Lucan.); aS 1 a? (Plin., etc.), de Mercure (Lyd.), de Mars

(lleph.), de la Lune (Schol. Luc.); ôiaxsû; (Plin., etc.), du Soleil (Lyd.), de Mercure (Sch. Luc.) ; 5oxs ûç ou 6oxô;, la « poutre » {ti'abes), — souvent confondue avec ôiaxsuç, — de Saturne (lleph.); -lOcûç ou -ÎÔoî (Plin., Ptol., etc.); (Ptol., lleph. );Tocpwv, sans origine précise (Lyd., lleph.), 7jcc

slella verius quarn quidam igneus nodus (Plin.), de Saturne (Schol. Luc.). La liste n’est pas close, attendu que '(iwjiT.'. yàp xotaüxa eïô-r; -roixiXouopcpa, x£o a[jLwv, -?:avxo(wv tpuxîjv Ë/ovxa xr,v àTtoixôp'pws'.v (Anon., p. 76). On

entend parler de pôOuvot ou comètes « trouées » (Stoh., EcL, 1, 34), de xpâyoi, qui vont sans doute boire du lait dans la Voie Lactée (Plin., Il g 91, avec la correction hh'ci pour liirti: lo. Lyd., Oslenl. 10). lléphestion connaît

A part ces deux dernières espèces, qui, étant de forme circulaire, menacent le monde entier *, les comètes indiquent ellesmêmes l’adresse du présage (xotilxov) par l’endroit du ciel — Orient ou Occident — où on les voit poindre et par la direction de leur queue; ou on la devine par relation chorograptiique de la partie du Zodiaque où elles apparaissent, ou encore du signe où se trouvent les planètes qui les ont lancées Les êtres visés par le présage (yevixov) sont désignés par la forme de la comète. Il était de règle, à l'origine, que les comètes ne visaient pas les petites gens. Elles s’adressaient aux rois et royaumes. C’est ce que disait encore à Néron son astrologue Balbillus Avec le progrès des idées démocratiques et surtout de la mélothésie, on en vint à diriger les pronostics non seulement sur les hommes en général, mais sur les animaux et les végétaux. Les comètes anthropomorphes visaient directement les hommes ; les comètes à forme animale (2iT,pi6[j.opcf)a), les animaux; les ooxîoeî, en leur qualité de « poutres », les végétaux Comme de juste, les « flûtes » n’étaient pas ras-

une comète E 'A ti 0 u i a ç, ronde, rosée, à face de jeune fille, avec rayons entre or et argent, qui présage des malheurs, mais aux méchants, et, par conséquent, un « changement en mieux ». C’est une façon ingénieuse de tourner la règle, que les comètes sont signes de malheur ; règle déjà entamée pour le xop-TixTi; d’Auguste, qui avait mis, paraît-il, le monde en liesse, promettant gaudia omnibus genlibus futura (Serv., Aen., X, 272).

1. Cf. Hephaest., p. 99 (avec Soxsü; au lieu de Staxsûi;) ; Serv., Aen., X, 272.

2. Les anciens avaient remarqué que les comètes apparaissent souvent en dehors du Zodiaque, même vers les pôles (Plin., Il, § 91 : v. g. le Tuçiuv au N. ; les xpâyot dans la Voie Lactée. Lyd.) ; mais on pouvait toujours faire correspondre leur position, par le méridien ou par l’horizon (■rtapavaxé)v)>ovxeî), avec le Zodiaque.

3. Stella crinita, quae summis polestalibus exitium porteîidere vulgo putatur, per continuas noctes oriri coeperat — ex Balbillo astrologo didicit solere reges talia os tenta caede aligna illustri expiare, etc. (Suet., Nero, 36). Cf. regnorum eversor cometes (SU. ItaL, VIII, 637), et maint passage de Pline (II, § 23), de Lucain (I, 628 sqq.), de Tibulle (II, 5, 72 sqq.) et autres. Vcspasien ne plaisantait qu’à demi quand il disait que la comète apparue de sou temps menaçait non pas sa tête chauve, mais le roi des Parthes, qui capillatus esset (Suet., Vespas., 23). Il avait peut-être été rassuré par Balbillus. L’auteur de la Margarita pliilosophica (IX, 23), qui ne veut ni croire aux présages astrologiques, ni nier absolument les effets des comètes, risque, entre autres explications naturelles, celle-ci, qui est ingénieuse : mortem autem Principum cometa forfasse ex eo significare dicitur, quod Principes, ut magis delicati vel intemperati, ab aere corruplo cilius mficiuntur. De même, l’infection de l’air produit guerre et séditions, en excitant « l’appétit irascible et concupisciblc ».

4. Anon., p. 76. Ce qui est une façon de menacer les hommes dans leur alimentation, et, quand il s’agit de « tonneaux » (TtiOot), leurs celliers. On pouvait aussi mélanger des pronostics météorologiques aux autres, sans

PRONOSTICS TIRÉS DES COMÈTES

siiranles pour les musiciens *. Il n’était pas difficile de trouver des associations d’idées aussi frappantes pour la nature ou forme des malheurs attendus. On devine, par exemple, que les « glaives » et « trompettes » annonçaient des guerres et massacres; mais il faut entendre les finesses de l’art pour se douter que les fameuses « poutres » annoncent, entre autres pertes de bois, des naufrages, surtout par suite de batailles navales On avait songé aussi à appliquer aux comètes la géométrie des aspects, à interpréter leur correspondance avec tel signe ou partie de signe du Zodiaque ou avec une constellation marquante ou, mieux encore, avec les planètes qu’elles pouvaient rencontrer et occulter en passant. Ce dernier système est plus ingénieux que l’autre, étant donné qu’il s’agit d’astres à marche rapide. Une comète occultant Saturne — dieu des semailles — annonce la perte des récoltes ; si elle passe devant Jupiter, le Grand-Roi de l’Olympe, il y aura « troubles pour les maisons royales ». L’accolade donnée à Mars présage guerres et pestes; à Vénus, des viols, morts de reines et discordes civiles; à Mercure, diplomate et messager céleste, la rupture de conventions et des « bruits fâcheux ^ ».

La question d’échéance et de durée ne restait pas non plus sans réponse. On applique ici les règles formulées plus haut pour les éclipses. Une comète « matinale » (èwoç), se levant avant le Soleil, accélère l’échéance ; une comète vespérale (éaTtipio;) la retarde. La durée de l’effet se mesure à la durée de l’apparition

m^me rattacher ceux-ci à ceux-là. Ainsi, au dire d’Avienus (ap. Serv., Aen., X, 272), le TiaîXTcaôiaç présaf^e des brouillards à l’E., de la sécheresse au S., des inondations à l’O. et la famine au N. La famine au N. n’est pas la conséquence de la sécheresse, qui est au S. L’imagination ne travaille à l’aise que débarrassée de la logique.

1. Plin., 11, § 93 : ses libiae sont peut-être les aa>vT:’.YYe!; autrement interprétées, celles-ci, au dire de Jean de Lydie, n’étant connues que de Ptolémée.

2. Anon., p. 76. Le scoliaste tient cela, non de Ptolémée, mais de son professeur (ô fj[ji2T3poî 5'.5ï!TxaXo;). La poutre symbolise sans doute, par surcroît, l’éperon des navires de guerre.

3. Pline compile et mêle les considérations les plus diverses : Referre arbi- Iranlur in quas partes sese jaculelur aut cujus slellae (planète) vires accipial, qunsque shnilitudines reddat et quibus in locis emicet. Tibiarum specie musicae arti portendere, ohscenis autem moribus in verendis partibus signormn, inqeniis et eruditioni si triquetram figuram quadratamve paribus angulis ad aliquos perennium stellarurn situs edant (étoiles extra-zodiacales), venena fundere in capite septentrionalis austrinaeve serpentis (Plin., II, § 92-93).

4. La logique particulière des astrologues veut que Mars, quoique occulté, soit plus puissant, parce que le feu s'ajoute au feu. La yuva'.xwv »0opa, pour Vénus, est équivoque à dessein : c’est la pudeur ou la vie qui est menacée (lo. Lyd., Ostent., 10).

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