‹ L'astrologie grecqueChapitre 209 sur 360 · INTERPRÉTATION DES FOUDRES · texte numérisé non relu

INTERPRÉTATION DES FOUDRES

paraîl-il, toute espèce de foudres, des foudres atmosphériques, lancées par le dieu Bin, et des foudres planétaires, provenant de Nergal (Mars) ; les premières influant sur les récoltes, les autres produisant les tremblements de terre. Les haruspices répartissaient les foudres entre un certain nombre — incessamment accru — de divinités fulminantes, et, comme les astrologues, ils reconnaissaient l’origine de la foudre à sa couleur L D’autre part, les Stoïciens, dévots à la mythologie classique el pontifes du trigone, avaient tout ramené à leurs divisions ternaires et réclamé pour Jupiter seul le privilège de lancer les foudres, au nombre de trois {(res manuùiae). Les adaptateurs qui déversaient l’haruspicine dans l’astrologie et l’astrologie dans l'haruspicine, Campestrius, disciple de Pétosiris, el le « Romain » Vicellius travaillant sur les livres de Tagès, avaient fait du tout un véritable chaos. Les astrologues, menés par tant de collaborateurs, ne savaient à quelle théorie s’attacher el ({uelle pratique suivre. Des « princes de la doctrine » enseignaient qu’il y a trois foudres, lesquelles viennent des trois planètes supérieures, mais principalement de Jupiter, lequel, travaillé par l’humidité qui tombe de Saturne et le feu qui monte de l’orbe de Mars, projette ces espèces de charbons, tout chargés de présages, surtout quand l’atmosphère est agitée L

La foudre, projectile qui heurte, brise et brûle, n’est pas le tonnerre. On peut entendre tonner sans voir d’éclairs, ce qui est, suivant le cas, un prodige ou un phénomène plus bénin. Jean de Lydie a extrait des livres de Nigidius Figulus, de Fonteius et de Labéon, interprètes eux-mêmes des « livres de Tagès ® », des ca-

1. Voy. Haruspices (1896) dans le Dict. des Antiquités de Daremberg et Saglio.

2. Pline (H,§ 82) est étonnant. Il fait une mixture de physique et d'intention providentielle, de sphères supérieures et d’atmosphère terrestre, qui est du galimatias pur. C'est par action mécanique, suivant lui, que e sidéré caelestis ignis exspuitur praescita secum adferens, ne abdicata quidem sui parte in divinis cessante operibus. Pour ce bon stoïcien, le feu intelligent profite de l’occasion et charge de pensée le feu expulsé par le jeu des lois physiques. L'air intervient, soit comme cause efficiente {quia collectus tnnor abundantiam stimulât), quoiqu’il y ait loin de là à Jupiter, soit comme subissant faction d’en haut [quia turbatur quodam ceu gravidi sideris partu). La théorie toscane des ostenta - prodigia - portenta, etc., était plus simple et plus raisonnable. Les Toscans avaient aussi leur diagnostic par les couleurs : les foudres rouge sombre, par exemple, venaient de Mars; seulement, ils entendaient par là le dieu Mars, non la planète.

3. lo. Ljal., Ostent., 21-26 (~spl jîpovTwv), présages mensuels fondés sur la présence du Soleil dans les signes correspondant aux mois, avec retard d'un signe (commençant par en janvier -système romain). 'F.'jf.txEpoî ppov-

lendriers « brontoscopiques », très appréciés chez les Byzantins, où la signification très variée « des tonnerres » (Ppovxat) ou des foudres (xepauvoî) dépend, jour par jour, de l’âge de la Lune ‘ ou, mois par mois, de la position soit du Soleil, soit de la Lune dans le Zodiaque, ou encore de la nature de l’objet frappé par la foudre, ceci doctrine proprement toscane Les présages mensuels sont adressés en diverses régions au moyen d’une chorégraphié.

Des foudres et tonnerres aux tremblements de terre la transition est à peine sensible. On rapportait les uns et les autres à la même cause, à l’agitation de l’air, au-dessus et au-dessous de la terre Il vint un temps, au ii® siècle de notre ère, où des tremblements de terre répétés et destructeurs de cités florissantes attirèrent l’attention sur ces redoutables crises. Les astrologues se trouvèrent à court. Leurs fournisseurs d’idées habituels, les Stoïciens, n’osaient plus faire resservir le vieux trident de Poséidon ’E'.vodiYaTo;, chétif instrument pour de telles œuvres et, par surcroît, fort peu astrologique. Du reste, la colère des dieux était une explication plus simple, celle dont les théologiens de tous les temps usent le plus volontiers, et, quoique désobligeante pour les victimes, elle suffisait à tout le monde. Les devins ordinaires, surtout les haruspices, avaient là une occasion de faire valoir leurs talents, en recherchant les péchés qui avaient pu exciter le courroux des dieux ^ libres d’ailleurs de les imputer à

TouxoTcia TOTUx'ï^ Ttp6; T7JV Se)v^v7)v {Ostent., 27-38), d'après Figulus et Tagès, présages quotidiens, du l"" juin au 30 mai, tous les mois ayant 30 jours (système égyptien). BpovTOffxonla de Fonteius {Ostent., 39-41), présages mensuels fondés sur la Lune (en commençant par ) et adressés par chorographie. Ensuite, Uepl xepauvwv [Oslent., 42-52), traduit de Labéoii avec présages mensuels fondés sur la position du Soleil (en commençant par T, système chaldéen) et adressés chorographiquement. Il n'est pas question ici de la « procuration » des foudres, art relevant de la magie et donné comme toscan, mais revendiqué aussi pour Numa, à qui il avait été révélé par Faunus et Picus. La légende insinuait que cette révélation était d'origine astrologique, ayant été extorquée aux dieux susdits garrottés par diiodecim Juvenes (Arnob., V, 1), en qui on peut reconnaîti-e les douze signes du Zodiaque.

1. D'une lune fictive, qui suit la marche des mois de 30 jours.

2. On voit souvent reparaître le cas xepauvô? èrd ôsvôpou xapirlgou xaxeve/Osi-fi, présage visant l’agriculture, funeste ou favorable suivant les signes (v. g. Ostent., §§ 48, 49, 51).

3. Plin. II, § 191-192. Ilveûp.aTOî xivriat? (Proclus in Anal. Sacr., V, p. 142 Pitra). Jean de Lydie, Ilepi asiap-wv {Ostent., 54-58), fait intervenir le feu souterrain, les eaux thermales, les jets d'air ou de mer s'cngoulTrant dans des grottes, etc. On invoquait aussi les éclipses souterraines (ci-dessus, p. 356, 3).

4. On sait que la recherche des « demandes » {‘postiliones) des dieux offensés était la spécialité des haruspices.

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