‹ L'astrologie grecqueChapitre 225 sur 360 · PRONOSTICS CONCERNANT LE SEXE · texte numérisé non relu

PRONOSTICS CONCERNANT LE SEXE

les planètes qui sont en rapport avec les trois lieux principaux — c’est-à-dire avec les positions du Soleil, de la Lune et de l’Horoscope — sont masculines ou féminines, soit par nature, soit par position et tenir compte aussi du sexe des signes dans lesquels elles se trouvent L

La question des sexes est de celles sur lesquelles les astrologues avaient beau jeu, à condition de se borner à expliquer sans se risquer à prédire; parce que, leurs principes une fois admis, leur explication était beaucoup plus simple que celles des physiologistes. Dire que l’enfant prend le sexe de celui des deux générateurs qui fournit la semence la plus abondante (Alcmæon) ou de celui dont la semence arrive la première au but, c’est-à-dire, en résumé, de celui qui est le plus fort des deux à ce moment, c’est répondre à la question par la question. Les autres systèmes — ceux qui faisaient dépendre le sexe de la température, le cbaud produisant le sexe masculin, et le froid, le féminin (Enipédocle), ou inversement (Parménide), ou ceux, d’origine pythagoricienne, qui distinguaient dans les organes générateurs la droite et la gauche, le côté droit produisant les mâles, elle gauche, les femelles (Anaxagore, Léophane, etc.) — ces systèmes, dis-je, se rapprochaient de celui des astrologues et paraissaient trouver en lui leur raison dernière. Les planètes masculines étaient aussi, en principe, plus chaudes et plus sèches que les féminines, et on a vu que, dans la théorie des domiciles (ci-dessus, p. IHH), l’hémisphère droit était tout entier solaire ou masculin. Les docteurs de l’astrologie s’étaient habilement emparés des raisons « physiques » alléguées avant eux et les avaient adaptées sans ditticulté à leur dogme

1. Les planètes, on l’a dit plus haut (pp. 102 et 353, 3), se « masculinisent » à l’Orient; elles se « féminisent » à l’Occident.

2. On pouvait toujours, quand il s’agissait d’adapter un pronostic rétrospectif au tait accompli, trouver dans un signe quelconque le se.xe voulu, en se rejetant sur les degrés, ceux-ci alternativement ou irrégulièrement masculins et féminins ; ex liis enim parlibus invenilnr cujus sit qenilura masculimi, cujus feminina (Firmic., IV, 23, 1 Kroll). Suit, dans Firmicus, une répartition capricieuse, analogue à celle des parties « pleines » et « vides », de 197 degrés mas culins contre 163 féminins sur 360. C’est sans doute la proportion qu'admettaient entre les deux sexes les astrologues improvisés démographes.

3. La question de l'origine des sexes est un sujet qui avait beaucoup préoccupé les philosophes. Elle est encore pendante aujourd’hui, malgré la« découverte » récente du D'’ Schenk, qui revient tout simplement à la théorie du plus fort, la force dépendant de l'alimentation. Beau secret, à transporter d’aise les badauds. Voy., pour les philosophes, les textes réunis dans les Doxographi de Diels, pp. 191-194, résumés sommaires envers lesquels il faut garder une

CHAP. XII. LA GÉNÉTHLIALOGIE

La question des sexes se mêle encore à la suivante, celle de savoir si le part sera simple, double, triple; si les jumeaux ou trijumeaux seront de même sexe, ou dans quelle proportion dominera 1 un ou 1 autre sexe. En règle générale, si deux des trois lieux signalés plus haut ou même tous les trois se trouvent en des signes « Incorporels ^ », et surtout si les planètes « œcodespotes » de ces lieux sont en partie ou toutes dans le même cas, ou réunies à deux ou plus, on peut prédire la naissance de jumeaux. 11 n est pas malaisé de comprendre que, plus il y aura de ces causes réalisées plus l’eflet sera intense. De là les naissances multiples, de sexe uniforme ou mêlé. Ce sont là, du reste, des tours de force dont la Nature ne se lire pas toujours à l’avantage des nouveau-nés et qui ne réussissent guère que dans la légende. Aussi, Ptolémée a recours à la mythologie (c'est la première et dernière fois dans tout l’ouvrage) pour donner un tour rassurant et populaire à sa pensée. 11 assimile la naissance de trois garçons (produite par l’association en aspects de ï) % et (^] à celle des Anactores ou Cahires; celle de trois filles (produite par Ç et ^ « efféminé ») à celle des trois Charités ; celle de deux garçons et une fille (produite par ^ 9) à celle des Dioscures [et d’Hélène] ; celle de deux filles et d’un garçon, au groupe de Démêler, Coré et Dionysos

certaine défiance. Les médecins ne sont pas en reste. La plupart acceptent le chaud, et surtout la droite, pour cause du sexe masculin, et ils cherchent à deviner, à certains symptômes, si le fœtus est à droite ou à gauche dans l’utérus.

1. Cf. les conditions analogues (Ç C O $ Çoïoioiat 6i|xopcpaiToiffO posées par Manéthon (IV, 450-461) pour les jumeaux et trijumeaux et la répartition des sexes : conditions analogues, non identiques.

2. Le scoliaste (p. 104) fait encore intervenir, à défaut de l’Horoscope, le MC.

3. Ce curieux passage, unique en son genre, a fort tourmenté les commentateurs. Ptolémée ne parle pas précisément de patronages divins, mais de conditions analogues : iStwç Sè Tpsïç [xèv àiSpsva; Tr)vT|po'popoijŒiv û— ô Ti-iV xôjv ’Avaxxôpwv yévîiTtv x. x. C’est plutôt une tradition popnlaire qu’il enregistre, et il n’y regarde pas de trop près s’il considère Démâter, Coré et Dionysos comme frère et sœurs. Mais enfin, le scoliaste constate qu’il fait de la théologie, qu’il « rapporte ces sortes d’accouchements à quelqu’une des puissances divines », et qu’il ne l’aurait pas fait s’il n'y avait vu chose utile pour l’art. Quelle utilité? Suivant lui, il s’agit xwv irpè x-t^ç yev^jeioî Ètpôpwv âeûv, et on peut pronostiquer, d’après leur caractère, que les clients des Anactores seront haut classés et honorés ; ceux des Grâces, gais ; ceux des Dioscures, redoutables et sans peur ; ceux de Démâter, comblés de toute espèce de « fruits ». En somme, il ne comprend guère, et on voit bien qu'il entend par Anactores des <c princes » quelconques. Les Arabes comprennent moins encore : ils estropient les vocables mythologiques en Albelalraz, Alchalis, Diasaccora, Dimanlarcoris (Junctinus, p. 207). Cardan, qui n’hésite jamais, affirme (p. 348)

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