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PRONOSTICS CONCERNANT LES MONSTRES

Une éventualité fort redoutée, et qui a dû provoquer bien des consultations, était la naissance de monstres (-répara) U L’imagination populaire, encombrée de vieilles superstitions totémistiques et de métempsycose, n’avait pu suggérer aux philosophes uue explication raisonnable de ces mécomptes de la nature. L'astrologie, avec son énorme provision de chifl’res et de combinaisons, n’éprouvait ici aucun embarras.

Elle avait le choix entre quantité d’intluences perturbatrices qui avaient entravé et dévoyé le fonctionnement normal du mécanisme cosmique.

Ainsi, quand les deux « luminaires » se trouvent éloignés de l’Horoscope et que des planètes malfaisantes sont installées sur les « centres », il est certain que la géniture attendue sera malheureuse, peut-être même monstrueuse. Pour préciser, il faut noter la syzygie qui a précédé la naissance, avec son cortège de planètes œcodespotes, ainsi que la place du Soleil et de la Lune au moment de la naissance, dans leurs rapports avec l'Horoscope. Si les rapports entre toutes ces positions ou la plupart de ces positions sont « disjoints » (àjjvos-ûa), il naîtra un monstre. Si,

que, des trois « Anactorcs », il y en avait deux méchants (nature de ï) et ç?) et un bon (nature de ^). Le titre d”AvâxTopsî (’AvaxTs; - ''Avaxcî) ayant été porté par les Dioscures, les Cabires et les Curètes, j’ignore à quel groupe il lait allusion, et peut-être ne le savait-il pas bien lui-même.

1. Tetrab., 111, 8 (Ilspl xspâxwv), pp. 213-213 Junct. Cf. Anon., pp. 104-106. Les ou\ rages des astrologues de la Renaissance abondent en exemples de naissances monstrueuses, témoignages suspects sans doute, mais dont la tératologie scientifique pourrait peut-être tirer quelque parti, en y mettant la prudence nécessaire. CL Junctinus, op. ciC, pp. 213-224. Le thème ci-dessus est tiré de Cardan (p. 3ol). C’est celui de jumelles soudées à partir de l’ombilic, néës aux environs d Oxford en 1552. Cardan explique le cas à merveille.

CIIAP. XII. — LA GÉNÉTHLIALOGIE

de plus, les « luminaires » se trouvent en des signes « quadrupèdes » ou « animaux », le monstre n’aura pas forme humaine. Ce sera un animal sauvage, si quelque planète bienfaisante ne vient pas améliorer le pronostic; un animal domestique (chien, chat, singe), par la grâce de Jupiter ou de Vénus; un animal d’espèce utile (poule, porc, chèvre, bœuf), si c’est Mercure qui intervient. Si, au contraire, toutes choses égales d’ailleurs, les « lumimaires » se trouvent dans des signes à forme humaine, le part sera humain ou quasi-humain. Le monstre anthropomorphe sera privé de raison si les « luminaires » et les « centres » ne sont en rapport qu avec des planètes malfaisantes; mais le concours de planètes bienfaisantes peut atténuer les malformations et les réduire à des infirmités qui soient objet de curiosité ou même de vénération. Tels les hermaphrodites, les harpocratiens (sourdsmuets), les idiots. L’industrieux Mercure sait même façonner ainsi des éclopés, malins et retors, qui vivent de la charité ou de la crédulité publique L

Il est un cas que Ptolémée examine à part, celui des atpoooq des entants qui ne seront pas « nourris », soit parce qu’ils ne vivront pas, soit parce qu’ils seront expulsés de la maison paternelle. Notre docteur a perdu là une occasion d’exercer son talent de classification, car il vise les deux cas dans le même chapitre et l’iin et l’autre d’une façon vague. Il remplit sans conviction un cadre tracé par d’autres. Le cas qui l’intéresse le plus, c’est celui des enfants non viables ; il veut éviter à ses disciples les méprises ridicules des astrologues qui calculaient les étapes d’une existence destinée à ne pas dépasser le seuil de la carrière Il appelle a^pocpot les enfants qui ne vivront pas un an entier. Ce pronostic doit être porté :

1“ Si, un des « luminaires » étant sur un « centre », une planète

1. Cf. l’exposé chaotique de Firmicus {Monstrosorum foetuum genilicrae, VII, 6 Pruckner) où interviennent, outre les signes et les planètes, les « lieux », le dominus horoscopi, le dominus Forlunae, etc. On peut prévenir les nialforluations par la Iriqoni orthogoni ratio (ci-dessus, p. 383, t).

2. Tetrab., III, 9 (Ile pi àxpôtpwv), pp. 224-225 Junctinus, avec commentaire, pp. 226-244. Cf. Anon., pp. 106-109 (Ilepl àxpôîpuv xal èxOexwv); Maneth., VI, 19-111. Paul d’Alexandrie met dans la même catégorie enfants non viables, infirmes, maladifs, orphelins : È7:iv xt; xwv xaxoïtoiwv àaxÉpwv wpoaxo~f|ffTi xal x6v @ t, xI,v (Q xaxoïrxcûaTi, àxpoepa f; ôXiyoypôvta aeaivwijiéva r\ sirtTraOf, iv ôpœavia Siaxs^.oüvxa xà yevwpEva saxai (L 2).

3. ’lÎTiEiSfiTrEp xaxà xàv àpy atov yEXotôv suxi xà xaO’ sxaxxov xwv àiroxEXoupÉvwv È'pappoÇEtv X(» p-TiÔôkwî... ETii xoùç àTtoxEXEffxtxoù; aùx(Ôv ypovou; T|Eovxi [Tetrab. ^ 111, 10 [12, p. 318 .lunctinus]). Tôv àp/aïov doit désigner Pétosiris.

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