THÉORIE APHÉTIQUE DE PTOLÉMÉE
1” Le Soleil, s’il se trouve dans un lieu aphétique ;
2“ A son défaut, la Lune, en même condition;
3“ A défaut de Fun et de l’autre luminaire, la planète qui, étant en lieu aphétique, se trouve avoir le plus de droits à la maîtrise (otxQO£cT7rox£ta) soit du lieu occupé par le Soleil, soit du lieu de la dernière syzygie (N. L.), soit de l’Horoscope ;
4“ En dernier recours, l’Horoscope lui-même L
Pour les génitures nocturnes, l’àcfÉTr, ç sera :
1° La Lune, en lieu aphétique ;
2“ A son défaut, le Soleil, en même condition ^ ;
3° A défaut de l’un et de l’autre luminaire, la planète qui, étant en lieu aphétique, se trouve avoir le plus de droits à la maîtrise soit du lieu occupé par la Lune, soit du lieu de la dernière syzygie (P. L.), soit du Sort de la Fortune.
4“ En dernier recours, l’Horoscope. Mais Ptolémée, pour qui le Sort de la Fortune est un « horoscope lunaire » décide que l’on prendra cet horoscope spécial, si la dernière syzygie a été une P. L., et 1 Horoscope proprement dit, si cette syzygie a été une N. L.
D’une manière générale, s’il y a concurrence entre plusieurs aphètes possibles, choisir le mieux placé des deux luminaires et préférer même à l’un et à, l’autre la planète qui aurait des droits
1. Ainsi, par laveur spéciale, ITIoroscope peut être à la fois àïexiviôî (totto;), comme entité mathématique, et àcssxT)!;, à la condition d’être représenté [)ar une planète, présente réellement ou par aspect (t^ xaxà au p-Ttapouatav f, xavi àxTtva. Anon., p. 169). De même pour le Sort de laFortunc. Au besoin les opix (les décans planétaires, les dodécatémories ou les xT^fipot planétaires, suivant les systèmes) pouvaient suppléer les aspects. De la une confusion qui fait qu’ dîp£atî s’entend tantôt de l’aphète, tantôt du lieu, et des deux ensemble. Nous verrons plus loin (ch. xiv) un système de quintuple ctseaiç simultanée, où 1 àœévT,;; est en même temps TÔitoç àcstxixôî, où qu’il soit : système également de Ptolémée ou donné comme tel.
2. Dans une géniture nocturne, le Soleil ne peut être que sous terre et déviait être éliminé (ci-dessus, p. 386, 1). Ptolémée l’inscrit ici pour faire pendant à la Lune dans la série diurne. C’est un exemple curieux de l’obsession de la symétrie. Le scoliaste (Anon., p. 111) dit simplement: è-i tôv fi>.iov èX£-j(jô;j.c9a • sàv ôè pv) aùxàv sép-qciopEv (sous-entendu èv à-psxixû xô-w, mais comment pourrait-il y etre? Peut-être dans les 23 degrés souterrains du lieu de 1 Horoscope?), recours au n° 3. En suppléant à son silence par un texte d Omar {De nativil., p. 121 Pruckner), qui cite Ptolémée et Dorothée, on voit que le Soleil doit être ici remplacé par le degré qui est avec lui en opposition diamétrale. Manéthon simplifie : il supprime partout le second aesévr,; de Ptoléméc et conserve les trois autres dans le même ordre.
3. Cest ici que Ptolémée et le scoliaste précisent l’unique manière dont ils
entendent déterminer le x)^-r,poî TÛ/t,î, afin qu’il soit 7£À-r,vtaxô; o',poxx6.
(à la tlilférence de Néchepso et Pétosiris). Voy. ci-dessus, pp. 288, 2. 296. 2.
CH AP. Xll. — LA GÉNÉTHLIALOGIE
exceptionnels (par exemple, trois sur cinq) à la maîtrise simultanée des points utilisables dans les deux espèces de génitures (diurnes et nocturnes) — c’est-à-dire, des positions de la Lune et du Soleil — et qui, en outre, se trouverait dans un lieu plus qualifié d’après la liste susmentionnée L
L’aphète une fois trouvé, à la suite de comparaisons laborieuses, il faut déterminer le sens dans lequel il lance la vie, à partir de son lieu aphétique; sens direct, c’est-à-dire conforme au mouvement propre des planètes, quand il suit la série des signes (acpeau; elç xà STrôpeva xîôv - divectio - pvovogatio divectci]^
rétrograde (acpeutf; eîç xà irp o Tiyo u p sva xwv - difectio con-
versa) quand il suit le mouvement diurne. Nous avons dit
1. Je ne crois pas avoir altéré, en le paraphrasant, le sens du texte un peu obscur de Ptolémée. Au surplus, le voici ; eî Sè xai àp.»dx£pa xà œüxa xal 6 xf,ç oixstaî atpéaE(i)ç oixoSeaiîéxT); sv xoïî dcpextxoïî etsv xottoiî, xàv pèv xw xupiu)xspw xpdutp xüv cpûxwv -xapaXTiTixEOv, xdxs 6è povov xôv oIxoÔEa-xdxTiv àp'poxÉpwv -jtpoxpixEOv, Sxav xal xupuixEpov ÈirEyri xoteov xai -x p ô î àpœoxE'pa; xà; aipÉ- (îEi; olxoSEimoxEa; "kôyo'j ïyr[ (p. 330 Junctinus). Le scoliaste établit 1 atpEfft; des divers points visés. L’Horoscope est toujours diurne : par contre, 1 Horoscope lunaire ou xMp°î Tuy-fi? doit être nocturne (corriger f,jj.Ep-.v6; en vuxxEptv6;). Des deux syzygies, 5oxeï yàp ojcjttep f,pEptvri [xèv Eivat -fi <rûvo5o;, vuxxEptv'h ôi T, -xav(TÊX7)vo;. Voilà pourquoi, quand la dernière syzygie a été diurne, on prend l'Horoscope ; quand elle a été nocturne, le Sort de la Fortune. C’est sans doute quelque glossateur malavisé qui écrit plus lojn : 6oxst Y^P A ffévoSo; wauEp x-^v a'ipEatv pExaxiOÉvat xat vuxxsptvr, ouït a El; rip.Epuà.v pExaëàXXEiv. Celui-là a dû faire les associations d’idées suivantes : N. L. = absence de lumière = nocturne. Mais si le xXf.po; TÛ/t,; se trouvait par hasard sous terre? Le cas ne se présente pas, dit le scoliaste (p. 113), si c’est une P. L. qui a précédé la naissance; et, si c’est une N. L., il est entendu qu’on prend l’Horoscope.
2. L’à^ËXTi; eI; xà irpoT,YOÛ[j.Eva est dit àva-x o 5 taxixd; (Valens ap. Salmas., p. 432). La logomachie (cf. ci-dessus, p. 117,1) n’est pas seulement dans les mots. 11 est évident que, avec le mouvement diurne pour mesure, le terme de directio pour le sens d’Occident en Orient a l’air d'un contre-sens : on en voit encore mieux l’impropriété, si l’on songe que, F acpéxr,; étant supposé immobile, c’est 1’ àva'.psxTi; qui fait le parcours, d’Orient en Occident. Aussi, Saumaise reproche à ceux qui, comme moi, l’entendent ainsi, de ne pas plus comprendre Ptolémée que s’il avait écrit en chinois (p. 430). H veut que, quel que soit le sens de F à»E<Ji;, ce soit F àpÉxTi; qui se déplace, aussi bien dans le sens « direct « de FO. à FE. que dans le sens rétrograde de FE. à FO. H a raison et contre ceux qui veulent que direcLio indique le sens du mouvement diurne et contre ceux qui confondent la directio conversa avec la rétrogradation des planètes. Mais si, en théorie, il est fondé à soutenir que a»E<Ji; eI; xà ETxripEva ne peut pas signilier mouvement de F àva'.psxfi; eI; xà -poT.youpEva, en fait, il a complètement tort. 11 oublie que les astrologues ont été obligés d’adopter une commune mesure pour les deux sens de F àcoEut;, et que cette mesure ne pouvait être que le mouvement diurne. Autrement, dans 1 aoEui;