‹ L'astrologie grecqueChapitre 236 sur 360 · THÉORIE APOÉTIQUE DE PTOLÉMÉE · texte numérisé non relu

THÉORIE APOÉTIQUE DE PTOLÉMÉE

comment et pourquoi ces deux modes de lancement (-rpÔTtoi tôjv àcpiffetüv) ont été imaginés et ont sans doute empêché par leur concurrence l’institution d’un système unique ^ En tout cas, il y a de part et d’autre unité de mesure, le mouvement diurne. Dans le sens appelé ici direct, le mouvement diurne amène la planète avaipÉ-cT,!; OU «lieu Suivant» (érô j;.e vo; xô-oc,) à la rencontre du lieu « précédent » (t p o y o y [jle v o ç) où est logé l’aphète. Dans le sens contraire, c’est l’aphète qui est entraîné vers le lieu anærétique, lequel est toujours l’Occident. D’une façon comme de l’autre, la durée de la vie était égale au nombre de degrés d’ascension droite compris entre le lieu aphétique et le lieu anærétique, à raison d’une année par degré.

Nous savons déjà, et de reste, comljien était laborieuse la conversion des degrés du Zodiaque en degrés d’ascension droite comptés sur l’équateur, conversion indispensable toutes les fois qu’il s’agit d’évaluer le temps. C’est à propos de ce calcul que les astrologues savants accablent de leur dédain les ignorants. Ceux-ci en tout cas, à moins de pousser l’ignorance jusqu’à ne pas comprendre même l’énoncé du problème, pouvaient user des canons ou tables dressés par leurs doctes confrères ^

St; Tà éitô(xsva, chaque qu’on le conçoive comme moteur ou comme

mohile, aurait eu sa vitesse propre. La Lune aurait atteint 1’ àvatpÉrri; plus vite que le Soleil, celui-ci plus vite que Jupiter, et ainsi de suite. 11 est fort possible que ceux qui ont créé l’expression ôt-peui; si; xà siïôjjtsva l’aient entendu ainsi, et que 1’ à-psxr,; ait joué pour eux le rôle de « donneur de vie », chacun avec sa cote spéciale, comme l’oîxoSso’Tïôx'ri; xf,; ysvsasw; des méthodes visées plus haut (p. 403-410) ; mais il y a eu à la méthode une retouche qui a rendu cette expression impropre. Saumaise a beau anathématiser Cardan, il lui faudrait encore récuser les interprètes anciens de Ptolémée. Le scoliaste, visant le cas où l’ àcssxT,; serait en MC., dit: -pwxr, pèv yàp Sréat; f, xoü àssxou, si; f\v ôçjstXst sXOsïv ô àvatpsx7|;, et c’cst en .MC. que se produira la xôXX-çfft; xf.; àvaipÉTSu; (Anon., p. 127). Cf. Paul. Alex., R 3-4 (xôXXTicn; oov xai èxsivi» ssxtv t,xi; xai svxaûOaxaxà TispiTiaxov XsyoptÉvT,, amenée aussi par le mouvement diurne). Saumaise ici nie l’évidence, ce qui lui arrive de temps à autre.

1. Je me persuade que, si Ptolémée avait été libre, il aurait réservé pour les morts violentes le système de la dù'ecfio, de P àssxT,; frappé par le rayon des planètes anærétiqucs.

2. Les Arabes, dignes successeurs des « Égyptiens », n'étaient pas très convaincus de la nécessité de la conversion : ils ont fort épilogué sur ce point, les uns tenant pemr l’ascension droite, les autres pour l’ascension oblique (et. Junctinus, p. 381). Les explications et exemples fournis par Ptolémée (pp. 338-340 Junct.), résumés par Proclus {Paraphr., pp. 18.3-201), largement délayés par le .scoliaste (Anon., pp. 109-134), dont le texte est criblé de lacunes ou d interpolations, de fautes et de méprises (par exemple.

CHAP. XII. — LA GÉNÉTHLIALOGIE

Ce sei’ail bien mal connaître l’esprit de l’astrologie grecque ([lie de supposer que, une fois fixés le point de départ et le point d’arrivée, le calcul de la durée de la vie se réduisît à une simple mesure de l’arc compris entre ces deux points. S’il y avait un sujet de consultation sur lequel les astrologues dussent être circonspects, c’était bien celui-là. Aussi le résultat brut donné par l’estimation des àvacfopal était-il retravaillé, soumis à des additions et soustractions diversement motivées. On faisait état de toute espèce d’influences intercurrentes, susceptibles d accélérer ou de retarder le moment fatal : influences variables comme qualité suivant la nature des planètes interférentes, comme énergie suivant la position des dites planètes par rapport aux lieux aphétique et anærétique, au Soleil (phases orientale et occidentale), aux « centres « et particulièrement à l’Horoscope, sans oublier les combinaisons dans lesquelles ces planètes se trouvaient engagées avec les signes et les domaines planétaires inscrits dans ces signes. Au chiffre fourni par la mesure de la carrière vitale, les planètes bienfaisantes ajoutaient et les malfaisantes retranchaient un certain nombre d années, suivant des règles compliquées qui rendaient toujours la balance incertaine. Quand la carrière vitale était à l’O. du méridien, ayant son point d’arrivée fixe à l’Occident, les planètes malfaisantes rencontrées sur la route (corporellement ou par aspect) ne tuaient pas, parce qu’elles n’avaient pas leur dard ou rayon tourné du côté de l’àcpkïjç ‘ ; mais elles retranchaient des années de vie, et d’autant plus quelles étaient elles-mêmes plus rapprochées de l’Horoscope. Les planètes bienfaisantes allongeaient la course dans la

nx pour X,), ne sont intelligibles que pour des mathématiciens. Ce sont des modèles de calcul pour les lieux aphétiques à la latitude ou climat où le plus long jour solstitialest de 14 h. Le point aphétique (irpoTiyougcvo;) est placé en T 1°, et le point anærétique (e'îtôij.svoç) en n 1°. Suivant les positions occupées par ces points par rapport a 1 horizon, leur distance (60 degrés du Zodiaque), convertie en degrés d’ascension droite, varie de 46 à 70 degrés ou années. A moins que Ptolémée n’intervertisse, sans le dire, les positions respectives de r et de 1’ àvatpévTiç, il me semble que tout est ramené à 1 acssai? si;

và ÉTc6[X£va, comme l’ont compris plus tard les Arabes (cf. Junclinus, p. 380) ; aussi peut-on suspecter le dit chapitre d’avoir été remanié et interpolé. Ce qui nous importe, ce ne sont pas ces calculs empiriques qui suppléent à la trigonométrie ; c’est le principe, à savoir, que le nombre des années de vie est égal au nombre de degrés d’ascension droite compris entre le lieu aphé-

tiqne et le lieu anærétique. ^ ^

1. Oùx àvatpoufft 8ià tô gh èi^t'-pÉpEjOat vw àtpsTtxw -zotuù, iXK' èxeïvov xoTî auxwv

[Telrab., 111, 14, p. 334 Junctinus). Voy. ci-dessus (^pp. 249, 2. 251, 3. 377,2) la théorie de l’âxxîî et de l’oij/o;, souvent oubliée, utilisée ici.

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