‹ L'astrologie grecqueChapitre 239 sur 360 · Sur les climatères, voy. ci-après, ch. xv · texte numérisé non relu

Sur les climatères, voy. ci-après, ch. xv

2. Je laisse aussi de côté les mélanges et intrications de la méthode aphétique de Ptolémée avec les autres, qui font les délices des compilateurs. Saumaise (p. 368) en cite une assez originale, de Valens. Le rôle de « donneur de vie » est mis à l’encan, et adjugé au rabais. Le débat est entre 1’ àsÉTT,; (à la fois eTttxpaxTiTwp et j^povoxpxxwp) et 1’ oîxoSsaTtôxTiç xf,? ysvéffEwî. Celui des deux qui accorde le moins d’années prend le rôle de régulateur. C’est une invention de pessimiste.

3. Tetrab., IV, 8: Ilept x otô xyixoî 2ravâxo'j (chapitre transféré à 111, 13 par Junctinus, pp. 416-417, et pourvu d’un énorme commentaire, pp. 417-524). Cf. Anon., pp. 163-165. Les fabricants du système des Xll lieux avaient logé les données du problème au Vlll®. Ex hoc loco mortis qualitas invenitvv (Firmic., H, 19, 9 Kroll : ci-dessus, pp. 283-284). C’était beaucoup plus simple. De même dans Voctolopos^ où la janua Dilis est à l’Occident (pp. 276-277).

4. Est-il encore bien nécessaire, au point où nous en sommes, de signaler ici l’allusion mythologique au « maître du tonnerre »?

MOirrS NATURELLES ET MORTS VIOLENTES

'nzoïj sont l'œuvro des deux bourreaux astrologiques, Saturne et Mars S seuls ou assistés d’autres planètes. Saturne procure les morts violentes quand il domine — soit par présence réelle, soit par aspect quadrat ou diamétral — le lieu du Soleil ou celui de la Lune, ou les deux ensemble. Le genre de mort est spécifié par la nature des signes dans lesquels il se trouve. Placé dans les signes « solides » (TCEpeà) et dominant le Soleil, Saturne présage la strangulation ou lapidation par la foule; dans les signes animaux, la mort par la dent des bêtes, au cirque, si Jupiter collabore, par morsure de bêtes venimeuses, si les signes sont euxmêmes ophidiens ou terrestres {i&p<icact), surtout si Mercure intervient; par empoisonnement et embûches de femmes, avec la collaboration de Vénus. Placé dans les signes humides — parmi lesquels ligure, d’une façon bien imprévue, la Vierge ^ — et dominant la Lune, Saturne provoque la mort par submersion et naufrage ; dans les signes tropiques ou quadrupèdes, et en aspect avec le Soleil ou avec Mars, il annonce la mort par chute, la victime de l’accident étant écrasée sous des ruines, ou tombant elle-même de haut, si les planètes opérantes sont en hant du ciel

1. Le scoliaste insiste sur la distinction iôtoBdtvaxot ou Sjavaxoi xaxà oûaiv et P t a 10 6 âv a X O i ou Sravaxoi irapà cpuatv (les Latins écrivent biothanali). tirluicus sème un peu partout ses biothanati (cf. IV, 1 Kroll;VIÜ, 6-17 Pruckner) et leur consacre deux chapitres spéciaux : Damnalorum fatales r/enilwae (Vil, 26 Pr.); Mortalis exilas varias incerlusque finis (VH, 27 Pr.). Morts violentes dans Manéthon, IV, 613-616; V, 189-201, 217-221 ; VI, 605-606. II est à remarquer que les astrologues n’envisagent guère l’hypothèse du suicide, mentionnée une seule fois, et brièvement, par Ptolèmée, comme méfait de Mars (7; auxo/cipaç iauxwv ytvojxÉvouç. p. 426 Junctinus) et conséquence de l’amour Sià yuvaïxaç. Propter mulierem vel propter uxorem aut propler amoris cujusdam praeposteras capiditales semetipsos aut alios inlerficienl (Firmic., 111. Il, 9 Kroll). Cf. le suicide par pendaison, considéré comme lin ordinaire des Germains par Bardesane (ci-dessus, p. 340, 2).

2. Ci-dessus, p. 139, 5. On dirait que Bernardin de Saint-Pierre songeait à cette Vierge astrologique quand il a imaginé de faire périr sa Virginie dans le naufrage du Saint-Géran. Argo collabore aux naufrages : Ptolèmée l'admet et nous en trouvons l’application dans une consultation sur le sort d’un navire allant d’Alexandrie à Smyrne {Cod. Florent., Appendix, p. 104).

3. Chez Manéthon (<ba£vwv) aj^Ocatv \ T^asasi ôôpuv x’ opo:pf,<Tiv idXiipsv (VI, 612). Cf. les irxwasi; ôpô;puv par action de la Lune (III, 130). L’anecdote concernant Simonide rappelait ce cas aux astrologues. On peut aussi tomber d’un toit, et sans que Saturne en soit la cause, au dire de Firmicus. Tels les galants nés sous l’influence du Chevreau au couchant : puellarum concubitus caeca nocle sectantes et nimio ardore poscentes, cum per tncognila loca perrexerinl ac super tecta ascenderint, maritorum somno insidiaturi, praecipili lapsu moriuntur (Firmic., VUl, 12 Pr.).

CHAP. Xll. — LA GÉNÉTIILIALOGIE

Voici maintenant les méfaits du bourreau par excellence, de Mars, lorsqu il se trouve en opposition ou en aspect quadrat soit avec la Lune, soit, ce qui est pire comme étant à contre-secte (Tiap atpscnv), avec le Soleil. S’il occupe un signe « humain )>, il cause la mort par guerre civile ou étrangère ou par suicide; mort par les femmes ou à cause d’elles, s’il est en rapport avec Vénus; mort par le 1er des brigands et spadassins, s’il est en collaboration avec Mercure. Logé dans un signe mutilé ou qui se lève avec la Gorgone de Persée, Mars provoque la mort par décapitation ou mutilation quelconque. S’il est dans le Scorpion ou le Sagittaire, sa malfaisance amène la mort par brûlures ou opérations chirurgicales; par crucifiement, s’il se trouve en culmination supérieure ou inférieure, surtout associé à Géphée ou Andromède L S’il est au couchant ou au levant, le sujet sera brûlé vif. Dans les signes quadrupèdes. Mars, comme Saturne, fait périr par écrasement ou chute. Le concours de Jupiter indique, comme tout à 1 heure, qu’il n’y aura plus accident, mais condamnation à un supplice légal, prononcée par des rois ou potentats quelconques

Enfin, si les deux astres destructeurs opèrent ensemble, et dans des conditions particulièrement funestes, il peut y avoir des aggravations à la mort ® : par exemple, double supplice, la mort

1. L’irruption de la mythologie est ici visible. D’après Manilius (V, 620 sqq.), Andromède (Persée est à côté) en horoscope produisait des exécuteurs des hautes œuvres. Firmicus (VIII, 17, p. 222 Pruckner) distingue entre Andromède au lever, qui produit en etfet des carnifices ou carcerum custodes, et Andromède au coucher, laquelle fait mourir par la dent des bêtes ou le crucifiement. Géphée, père d’Andromède, facit ora severa, la mine des Gâtons (Manil., IV, 4S0 sqq.) : assertion répétée par Firmicus (Vlll, 15, p. 221 Pruckner). Le chapitre des mutilations est développé par d’autres avec l’aide de la mélothésie zodiacale (ci-dessus, ch. x) : amputation de la tète avec la Gorgone, des bras avec les Gémeaux, des pieds avec les Poissons, etc. (cf. Ps. PtoL, Centiloq., 73).

2. Gf. Firmic., VH, 26, p. 208 Pruckner ; Damnatorum fatales geniturae.

Firmicus expose un système tout différent, fondé sur la position du locus Necessitalis et de ses rapports avec les planètes, les lieux, les domiciles, etc., avec lequel il distingue les espèces de pénalités, les grâces et réhabilitations, les sentences justes et injustes. Manéthon (IV, 478-490) met aussi à part les gredins dont la mort violente est la conséquence de leurs crimes, mais fatale pourtant (luvipfiç ûit’ àvâyxi^). Gomme la croix ressemble à une balance,

on est aussi crucifié, imperatoris, en vertu de la présence de Mars au

18° degré (horoscope) de la Balance (Firmic., Vlll, 23 Pruckner).

3. Soit, dit Ptolémée, en qualité ou en quantité (xaxà x6 -iroïov -î) itaxà tô T. 6 aov). Il y a là une devinette que le scoliaste est tout fier de savoir expliquer. On ne meurt pas deux fois, dit-il ; mais on raconte qu’un individu jeté à l’eau par ordre du roi se sauva à la nage et fut ensuite décapité.

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