INFIRMITÉS ET MALADIES
est pleine ou nouvelle [position par rapport au Soleil), ou qu elle est sur un centre (position par rapport à l’horizon), ou qu elle est en contact (auvaovî) avec quelque « nébuleuse » comme il y en a dans le Cancer et dans le Taureau (Pléiades), avec la pointe du Sagittaire, le dard du Scorpion, la crinière du Lion et l’iirne du Verseau C si elle est attaquée par Mars ou Saturne à l’Orient ou en phase orientale (c’est-à-dire à leur maximum d’énergie) ^ il y aura perte d’un des deux yeux. La cécité sera complète, si l’attaque porte à la fois sur les deux « luminaires », la Lune et le Soleil. Que si l’action offensive vient de Mars, la perte de l’organe sera causée par coup, fer ou hràlure ; si elle vient de Saturne, par action réfrigérante produisant des cataractes et des glaucomes, sorte de congélation de l’œil On peut même aller plus loin en tenant compte de la collaboration éventuelle de Mercure, qui est parfois du côté des méchants. Ainsi, dans le cas où 1 œil serait crevé par Mars assisté de Mercure, on prévoit que le coup sera porté « dans les gymnases et palestres ou dans quelque attaque de voleur », Hermès étant le dieu de la bonne éducation et aussi de la mauvaise morale.
Pour les aider dans ces délicates analyses, les^ astrologues avaient déterminé d’avance toutes les correspondances sympathiques entre le monde céleste et le microcosme humain. Ptolémée écarte le plus qu’il peut la mélothésie zodiacale ; il la combine à doses fractionnées avec la mélothésie planétaire, qu il a sans doute acceptée toute faite, et qui, plus physiologique que l’autre, échappe plus aisément au contrôle. Elle fait comprendre comment les démêlés de Vénus avec Mars et Saturne, surtout si la Lune est malmenée avec elle ou si le Soleil aide ses adver-
1. Tel autre- ajoute le Capricorne, 6ià -rr,v àxavQav [Cod. Florent., p. 147).
2. Il y a encore un maximum dans ce maximum ; c’est quand les planètes sont à la fois êû>oi p.èv tw -tAîto, 8è aETi-^vT) écr-iEÉpiot (p. 259 Junctinus). C’est une sorte d’ « idioprosopie » (cf. ci-dessus, p. 242). L’attaque est aussi plus énergique quand la Lune est en décours, oüin;\ 8è aùx^ à'xoxpouffxtxr, a'jTol àv a X 0 A t X 0 l ôvxsç ÈTUcpépovxat, etc.
3. La cécité est une inûrmitô qui occupe beaucoup les astrologues. Dans le système zodiacal, celui de Manilius, c'est le Cancer qui la produit (Manil., IV, 530-534. Firmic., VI II, 20). La vraie raison doit être que le crabe passait pour n’avoir pas d’yeux : la nébuleuse — ou la position du Cancer parmi les signes où |37,E~ovxa (ci-dessus, p. 161) — ont été invoquées après coup. Les partisans des systèmes planétaires puisent aux mêmes sources que Ptolémée. Voy. le ffivoî o-p9a),;j.Ü)v dans Manéthon (II, 354, III, 275, V, 252 sqq.) et la cécité (VI, 548-553). Ce sont toujours les deux luminaires qui représentent les yeux (cf. Anon., p. 139), Mars et Saturne qui les attaquent. Les oculistes aussi devaient être nombreux, à eu juger par les « cachets » retrouvés jusqu’ici.
CHAP. XII. — LA GÉNÉTHLIALOGIE
saires , font naître des êtres impuissants et stériles , ou des eunuques et des hermaphrodites avec l’intervention malveillante de Mercure; comment le même Mercure collabore avec Saturne aux intirmités des bègues et des sourds-muets; comment les planètes malfaisantes, attaquant les luminaires et surprenant la Lune dans des signes infirmes et mutilés, produisent des borgnes, des aveugles, des bossus, des manchots et des boiteux h Malgré qu il en ait, Ptolémée est obligé de recourir au Zodiaque, d’admettre que les signes animaux poussent à la scrofule et à 1 élephantiasis, que le Sagittaire et les Gémeaux causent des attaques d’épilepsie ^ Enfin, comme on l’a dit tout à l’heure, chaque signe est une cible qui marque la direction des coups. Soit, par exemple, la goutte. Si les planètes intéressées sont logées dans les derniers degrés des signes, elle se jettera sur les pieds, et non sur les mains.
Bien entendu, le pronostic peut être amélioré par l’intervention de planètes bienfaisantes. Jupiter donne, pour cacher les maladies ou infirmités, la richesse et les honneurs®; Vénus, des recettes révélées pour les guérir ^ ; Mercure, des médecines naturelles.
1. Cf., dans Manéthon, les conditions qui font les eunuques de naissance (1, 121-126; VI, 270-275), les hermaphrodites (I, 127-128; VI, 276-280), les individus stériles (IV, 582-585 ; V, 326-331 ; VI, 260-304), les boiteux et amputés (I, 129-138), les hydropiques, phtisiques, spléniques (I, 139-156), les lépreux (V, 246-251), les épileptiques (VI, 609), etc.; à grand renfort d’aspects, de planètes logées dans la maison d’autrui, dîmant (Sexateuovxsç) sur la Lune, etc.
2. Le Zodiaque devient ici, pour les besoins de la cause, un véritable hôpital ou musée pathologique. On comprend la compassion de Manilius pour toutes ces infirmités (ci-dessus, p. 151). Ptolémée n’y veut jeter qu’un cou]i d’œil; mais les barèmes des astrologues consultants donnaient des listes de signes impétigineux (à^tpiiSï; -'Xei/t,vw6ti), squameux (XeTitôioxi), listuleux (auptyywSTj), lépreux (Xe-repwSTi), pédiculeux (cpOsipoTEoidé), fiévreux (Sii-upa), convulsifs {<sTZ(x<sx\'f.i), ophthalmiques (cuvwxtxà ôcp9a>,p.tr)v, liste la plus longue, ^ S lU. -fV )è «=), etc. Voy. Anecdola de Ludwich, pp. 105-110. 11 y avait aussi des signes stériles (axEtpoiS'/i-àyova) ; d’autres, ôliyôyova, ou -xoTiuyova,
TïSpp.a. Les Sttpufj, ô£p.op®a, ôt/pwp.a, àp.cpi6ta, devaient pousser à l’androgynie. Enfin, les tenants de la mœrogenèse localisaient les maladies dans les degrés des signes. Ainsi, l’Horoscope dans le venter Arielis (T 23“) strumalicum faciet, exulcerata maculariim labe possessinn, vel certe elephantiaca conla- (jione maculalum (Firmic., Vlll, 19). Les quadrants du Zodiaque avaient aussi leur iniluence, d’où les maladies « saisonnières ». L’épilepsie est aussi une « maladie de l’âme » (voy. ci-après, p. 434, 1) causée par la Lune et Mercure : le Sagittaire et les Gémeaux figurent ici comme domiciles de ces planètes et causes de la maladie corporelle (cf. ci-dessus, p. 429, 4, la théorie de Proclus).
3. De même Manéthon (V, 256-259). Les astrologues s’étaient approprié le Zs ü a w a O V populaire — àyaOôî awxTip tpot£C7£[j.6poxoi; oùpivtoî ZeÛî (iôirf., 256).
4. C’est la médecine préférée par Vénus, c’est-à-dire par le sexe pieux. On